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La quatrième vague de la COVID-19 au N.-B. est « la pire de toutes », dit un médecin

Une infirmière s'occupe d'un patient suspecté d'avoir le COVID-19 dans une unité de soins intensifs de Toronto.

L’administration de l’hôpital d'Edmundston se prépare en ce moment même à éventuellement transférer des patients vers d’autres zones de la province (archives).

Photo : CBC / Evan Mitsui

Radio-Canada

Le système de santé au Nouveau-Brunswick est sous tension, notamment en raison de la hausse majeure du nombre de cas de COVID-19. Les hôpitaux régionaux francophones débordent. À Edmundston, la situation est particulièrement inquiétante.

Selon le Dr John Tobin, chef de l’unité de médecine familiale de l’hôpital d’Edmundston, parmi toutes les vagues de cas que la région a connues, celle-ci est la pire.

Les données compilées par Santé Canada le confirment. La région d'Edmundston a un taux de décès de 8,3 par 100 000 habitants, soit le pire taux au pays, à égalité avec le sud de la Saskatchewan.

Une carte qui montre les taux de décès liés à la COVID-19 au Canada par zone de santé.

Le taux de décès des 7 derniers jours liés à la COVID-19 dans la région d'Edmundston était de 8,3 par 100 000 habitants en date du 04 octobre. Il s'agit du taux le plus élevé au pays.

Photo : Gracieuseté/Santé Canada

Treize personnes ont été admises à l’hôpital au courant de la semaine dernière et, durant la fin de semaine, plusieurs ont dû être transférées à l'unité des soins intensifs, qui est maintenant réservée qu’aux patients atteints de la COVID-19.

Les autres patients ont donc dû être déplacés ailleurs dans l’hôpital.

« À l’unité COVID, la très très grande majorité des patients ne sont pas vaccinés. […] Le vaccin nous protège. C’est aussi simple que ça. »

— Une citation de  John Tobin, chef de l’unité de médecine familiale de l’hôpital d’Edmundston

Le Dr Tobin explique que ces chamboulements ont des conséquences sur le personnel. Plusieurs employés sont épuisés. Il y a aussi une pénurie de personnel.

Quand on parle de personnel, ce n’est pas le personnel infirmier seulement, souligne le Dr Tobin. On essaie de jongler tout cela pour arriver à soigner tout le monde.

L’administration de l’hôpital se prépare à devoir transférer des patients vers d’autres zones de la province, comme cela a déjà été fait au printemps dernier.

Situation inquiétante à l’hôpital d’Edmundston

Il souligne toutefois que ces autres zones vivent également des défis.

Ce qui m’inquiète le plus là-dedans, c’est que les autres zones ne sont pas nécessairement en bonne shape eux autres non plus. À un moment donné ces zones-là vont-elles se rendre en débordement aussi? se demande le Dr Tobin.

Il ajoute que le service ambulancier répond à des appels à longueur de journée. Si on les assigne à faire des transferts dans une autre zone, mettons à 400 km de chez nous […] On est en train de stresser beaucoup de systèmes tout d’un coup, dit-il.

La crainte de devoir choisir des patients

La radio-oncologue de Moncton Linda LeBlanc est inquiète. Elle se demande si elle et ses collègues auront bientôt à faire des choix déchirants.

La Dre Linda LeBlanc, radio-oncologue au Centre d'oncologie Dr-Léon Richard de Moncton.

La Dre Linda LeBlanc, radio-oncologue au Centre d'oncologie Dr-Léon Richard de Moncton (archives)

Photo : Radio-Canada

Notre accès aux soins pour toutes les maladies va souffrir, croit-elle.

« Essentiellement, c’est un cauchemar. Comme médecin on est là pour aider nos patients [...] on veut leur offrir les meilleurs soins possibles. »

— Une citation de  La Dre Linda LeBlanc, radio-oncologue

La Dre LeBlanc rappelle que d’autres malades que ceux qui souffrent de la COVID-19 ont autant besoin de soins, alors qu'un vaccin efficace et sécuritaire existe pour le coronavirus.

Les patients admis dans nos lits, que ce soit aux soins aigus ou aux soins intensifs, la plupart sont partiellement ou non vaccinés, déplore-t-elle dans une entrevue à l'émission La matinale.

Elle espère que la province n'atteindra pas les niveaux d’hospitalisations de l’Alberta. Elle rappelle que les hôpitaux du Nouveau-Brunswick n’ont pas des ressources illimitées.

Il faut faire des choix comme société. Est-ce qu’on accepte que les gens qui sont atteints de la COVID-19 passent en premier avant ceux qui souffrent d’autres maladies nécessitant des soins critiques? se questionne-t-elle.

La Dre LeBlanc demande à la population d’agir et de se responsabiliser en participant à l’effort de vaccination.

Nous avons perdu 18 personnes en 10 jours

Selon le chef de l'opposition, Roger Melanson, la situation sanitaire est actuellement hors de contrôle dans la province.

L’opposition demande à ce que la santé publique resserre les mesures sanitaires.

Roger Melanson croit que des mesures coupe-circuits durant quelques jours sont nécessaires, comme cela a déjà été le cas dans le passé, notamment à Edmundston.

Nous devons écouter les experts en modélisation. La situation est devenue incontrôlable. Nous avons perdu 18 personnes en 10 jours, a-t-il écrit sur sa page Facebook, dimanche soir.

Roger Melanson porte un masque et participe à une mêlée de presse.

Roger Melanson, chef de l’opposition officielle à Fredericton

Photo : Radio-Canada

À cinq jours du congé de l’Action de grâce, Roger Melanson estime qu’une mise à jour du gouvernement provincial s’impose.

Selon lui, la transmission du variant Delta est minimisée par Blaine Higgs.

C’est un manque de leadership total du premier ministre, déclare-t-il.

« Je pense qu’on a besoin d’avoir plus que des statistiques, on a besoin d’avoir un plan réel, des mesures sérieuses. »

— Une citation de  Roger Melanson, député libéral de Dieppe et chef intérimaire de l'opposition

Soixante-quatre pour cent des nouvelles personnes atteintes de la COVID-19 signalée dans la province lundi n’étaient pas pleinement vaccinés.

À ce jour, 80,6 % des Néo-Brunswickois ont reçu leurs deux doses de vaccin, et 89,5 % en ont au moins une.

Avec les informations de Sarah Déry et de l'émission La matinale, d'ICI Acadie

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