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L’OPEP veut faire le plein, les consommateurs en pâtiront

Malgré la fin des vacances estivales, le prix à la pompe est demeuré passablement élevé. Tout indique que la tendance se maintiendra.

Un homme met de l'essence dans sa voiture.

Le prix de l'essence à la pompe risque d'augmenter dans les prochaines semaines.

Photo : iStock

Les prix mondiaux du pétrole se sont envolés, lundi, alimentés par une décision des États membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés. L'OPEP+ a annoncé qu'elle maintiendrait une hausse plutôt modeste de sa production, malgré la forte demande mondiale.

La pandémie a été dure pour les pays pétroliers, mais depuis quelques mois, la demande pour l’or noir s’accélère au rythme de la croissance économique.

Le passage de l'ouragan Ida, il y a un mois, a aussi ralenti la production de pétrole aux États-Unis. Au même moment, le transport aérien reprend de la vigueur et l’hiver s’annonce plutôt froid dans l’hémisphère nord.

Les membres de l'OPEP+ veulent en profiter pour faire le plein d'argent.

Ils hausseront ainsi leur production de seulement 400 000 barils de pétrole par jour en novembre, ce qui est marginal considérant la demande quotidienne d'environ 100 millions de barils.

Les prix élevés qui en découleront – la demande devenant plus forte que l'offre – bénéficieront au secteur pétrolier canadien. C’est une bonne nouvelle pour le marché canadien et l’économie, affirme le stratège chez BMO Nesbitt Burns Stéphane Rochon, mais aussi pour la valeur du dollar canadien.

À ce phénomène s'ajoute la flambée des prix du gaz naturel.

Des industries vont se tourner vers les produits pétroliers comme substitut au gaz naturel, selon le spécialiste en matière d'énergie de HEC Montréal, Pierre-Olivier Pineau. Ça présage une demande très robuste pour le pétrole.

« La transition énergétique est beaucoup plus dans le discours que dans la réalité, mais c’est évident que les prix élevés du pétrole vont favoriser les énergies renouvelables et amener beaucoup de consommateurs à se demander comment réduire leur consommation de pétrole et de gaz naturel. »

— Une citation de  Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie, HEC Montréal

Un sommet en sept ans

Le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI) a atteint pendant la journée de lundi un sommet depuis novembre 2014. Il a clôturé à 77,62 $ US, un bond de plus de 2 %. Dans le contexte, le WTI pourrait bien franchir la barre des 80 $ US dans un avenir rapproché.

Le Western Canadian Select, le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta, a aussi bondi de 1,78 $ US à plus de 65,47 $ US.

Le Brent de la mer du Nord s’est établi à 81,28 $ US, en hausse de 2 $ US.

Ce ne sont pas là des nouvelles encourageantes pour les consommateurs, au dire d’Andrée-Ann Déry de CAA-Québec.

Généralement, les moyennes de marges [de profits] qu’on observe chez les essenceries est d’environ 5 cents le litre, explique-t-elle. Nous ne pouvons donc pas nous attendre à des diminutions de prix, présentement, parce que le coût d’acquisition est hyper élevé.

Au Québec, le prix moyen du litre d'essence atteignait lundi 1,42 $ CA. Il a déjà atteint à Montréal près de 10 cents de plus en 2008, en 2012 et en 2014.

Les consommateurs à l’échelle de la planète vont pâtir de cette hausse des prix du pétrole.

Stéphane Rochon de BMO Nesbitt Burns souligne que c’est une taxe pour la plupart des pays.

Le prix actuel n’est pas suffisant pour nous plonger dans une nouvelle récession, mais peut enlever 0,2 ou 0,3 % à la croissance globale et ce chiffre augmentera plus on se rapprochera d’un plateau à 100 $ US le baril, avertit M. Rochon.

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