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L’itinérance se répand dans des petites communautés de la Colombie-Britannique

Une tente construite à l'aide de bâches, de bâtons et de pierres.

Une tente qui a servi d'abri à des personnes en situation d'itinérance dans la vallée de l'Okanagan, en Colombie-Britannique.

Photo : Turning Points Collaborative Society

En Colombie-Britannique, l’itinérance touche non seulement les grands centres urbains, mais aussi les plus petites communautés. En 2020 et 2021, lors du dernier recensement provincial des personnes en situation d’itinérance, 16 municipalités ont rapporté être touchées par le phénomène et la plupart ont vu leur nombre de sans-abri augmenter.

Selon les données de BC Housing, la communauté de Vernon, dans la vallée de l’Okanagan, comptait 224 personnes en situation d’itinérance les 6 et 7 mai 2021, lors du dernier recensement, comparativement à 151 en 2019.

La directrice de l’organisme Turning Points Collaborative Society qui aide les sans-abri de Vernon et Kelowna, Randene Wejr, précise toutefois que les trois quarts de ce nombre n’avaient pas de domicile fixe, mais vivaient dans un refuge.

La pandémie de COVID-19 a évidemment eu un impact sur la perte d'emplois et sur le fait que les gens n'ont plus les moyens de payer leur loyer, explique Randene Wejr.

« Le prix d'un appartement d'une chambre à Vernon, qui est une petite communauté, est en moyenne de 1200 à 1400 $ par mois. Vous ne pouvez tout simplement pas vous le permettre. »

— Une citation de  Randene Wejr, directrice de l’organisme Turning Points Collaborative Society à Vernon

Randene Wejr s’inquiète du nombre de familles qui font appel aux services de son organisme depuis l’an dernier. C’est un élément alarmant, déplore-t-elle.

Deux personnes dans une ruelle se dirigent vers une personne assise sur une marche.

Une équipe parcourt les rues dans la vallée de l'Okanagan.

Photo : Turning Points Collaborative Society

À Prince Rupert, dans le nord-ouest de la province, le recensement effectué les 12 et 13 avril 2021 faisait état de 118 personnes en situation d’itinérance, alors qu'elles étaient 71 en 2018, selon les données de BC Housing.

C'est le nombre d'aînés sans domicile fixe qui surprend April Link, responsable du logement à la North Coast Transition Society de Prince Rupert.

« Cela ne semble pas vraiment juste que ce soit des personnes âgées qui soient sans-abri. »

— Une citation de  April Link, responsable du logement à la North Coast Transition Society de Prince Rupert
Des matelas et des sacs de couchage installés par terre dans une grande salle.

Un refuge pour sans-abri en installation à Prince Rupert.

Photo : North Coast Transition Society

Toujours plus de besoins en logement

Randene Wejr et April Link estiment toutes les deux que leur communauté a besoin de plus de logements abordables de tous types pour répondre aux différents besoins des personnes en situation d’itinérance, que ce soit des familles, des personnes âgées, des jeunes ou des Autochtones.

Le ministre du Logement de la Colombie-Britannique, David Eby, affirme que la province était sur la bonne voie depuis 2017 : Nous avions beaucoup de développements de logements modulaires dans des centres qui en avaient besoin et puis la pandémie a frappé et ça nous a vraiment fait reculer de manière assez dramatique.

Le gouvernement provincial peut financer les places de logement, indique-t-il, mais nous comptons vraiment sur nos partenaires municipaux pour faire approuver ces logements et les faire construire le plus rapidement possible.

La présidente de l’Union des municipalités de la Colombie-Britannique, Laurey-Anne Roodenburg, répond que les communautés travaillent au rythme que leur permettent leurs capacités. Elle aimerait voir une stratégie provinciale en matière d’itinérance qui permettrait de prévenir que des personnes se retrouvent dans cette situation.

Un problème à l’échelle du pays

Selon la professeure à la faculté de planification communautaire et régionale de l'Université de la Colombie-Britannique, Penny Gurstein, l'itinérance est en hausse dans toutes les collectivités du Canada.

Le Canada a l'un des taux de construction les plus faibles, explique-t-elle. Nous avons besoin d'une offre [de logements] plus importante, mais d'une offre adéquate qui répondrait vraiment aux besoins de notre population.

« [L'itinérance] une question très importante. Nous n'en avons pas vraiment la maîtrise. Il n'est pas si facile de recueillir des données. »

— Une citation de  Penny Gurstein, professeure à la faculté de planification communautaire et régionale de l'Université de la Colombie-Britannique

Selon elle, il faut bien comprendre qui sont les personnes sans-abri, par les recensements notamment, comprendre leurs besoins et trouver la meilleure solution pour chaque personne, parce qu’il n’y a pas un remède universel.

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