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Bootlegger, l’émancipation autochtone sous l’angle de la prohibition

Une femme assise devant un dépanneur fume une cigarette.

Pascale Bussières interprète le rôle d'une contrebandière tenace qui profite de la vente d'alcool dans une communauté autochtone.

Photo : Microclimat Films

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2021 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L’artiste d'origine anichinabée et française Caroline Monnet présentera mercredi son premier long métrage, Bootlegger, qui sera diffusé lors de la soirée d’ouverture du 50e Festival du nouveau cinéma (FNC). À travers le thème de la prohibition de l’alcool, elle y dresse un portrait d’une communauté autochtone qui tente d’assumer son indépendance.

L’idée de Bootlegger (littéralement, trafiquant d’alcool) a germé dans la tête de l’artiste multidisciplinaire il y a quelques années, alors qu’elle a constaté la multiplication de référendums sur la prohibition de l’alcool à l’intérieur de communautés autochtones au Canada.

L'idée est venue d’un concept tout simple de raconter l’histoire d’une trafiquante d’alcool dans une réserve, dans une communauté qu’on appelle "sèche". C’est un sujet et un débat de société hyper intéressant parce que ça polarise complètement les communautés, a expliqué la cinéaste en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle au 15-18.

Le film suit Mani, interprétée par Devery Jacobs (Reservation Dogs), une jeune étudiante à la maîtrise qui revient dans la communauté autochtone où elle a grandi pour renouer des liens. Elle plaide en faveur d’un référendum pour annuler la prohibition dans sa communauté, s’opposant à Laura, interprétée par Pascale Bussières, une contrebandière tenace qui profite de la vente d’alcool.

Une jeune femme épluche des pommes de terre entre deux personnes plus âgées.

Une scène de « Bootlegger »

Photo : Microclimat Films

Un prétexte pour parler de la Loi sur les Indiens

La prohibition était juste un prétexte pour parler de la Loi sur les Indiens et démystifier un peu tout ça, affirme d’emblée Caroline Monnet. [Je voulais] surtout parler des politiques agressives d’assimilation, du fait qu’on est encore sous la tutelle du gouvernement. Quelles sont les conséquences à travers les générations de tout ça?, se demande l’artiste.

C'est d'ailleurs pour tenter de répondre à cette question qu'elle a choisi une protagoniste jeune : Je voulais que ce personnage-là porte les brisures de ce qui s’est passé au fil des générations.

Une femme sourit dans un studio.

Caroline Monnet

Photo : Radio-Canada

Joséphine Bacon au Conseil des aînés

Un autre personnage important de Bootlegger est celui de la grand-mère de Mani, interprétée par la poétesse innue Joséphine Bacon. Elle incarne la tradition, la sagesse et, surtout, l’autorité conférée aux personnes âgées dans les communautés autochtones.

Les anciens sont les piliers de la culture. J’avais envie de montrer que ceux qui prennent les vraies décisions, ce sont les anciens, ce n’est pas nécessairement le conseil de bande, explique Caroline Monnet, qui affirme que la rencontre des anciens avec le personnage de Mani représente un peu le choc des générations qu’elle observe autour d’elle.

Une femme est assise devant cinq personnes assises en demi-cercle et vues de dos.

Mani, interprétée par Devery Jacobs, face aux anciens et anciennes de sa communauté.

Photo : Microclimat Films

C’est une réalité qu’on voit aujourd’hui dans les communautés. On a envie que ça change, que ça bouge, mais peut-être qu’on va au rythme qui nous a été enseigné dans les villes. Quand on est confronté à la tradition, il faut savoir se taire, écouter et respecter surtout.

Après sa première, le 6 octobre à l’Impérial à Montréal, Bootlegger sera présenté au Cinéma du Musée le vendredi 8 octobre à 16 h 30, toujours à Montréal. Le film sortira en salle le 8 octobre au Québec et le 15 octobre dans le reste du Canada.

Avec les informations de Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l'émission Le 15-18.

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