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Le prétendu guérisseur de North Hatley, Jean-François Labrie, débouté en appel

Jean-François Labrie, prétendu guérisseur de North Hatley.

Jean-François Labrie a été débouté en appel (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Cour supérieure rejette la demande d'appel de Jean-François Labrie, déclaré coupable en 2019 d'accusations liées à l’exercice illégal de la médecine à North Hatley.

Le prétendu guérisseur avait été déclaré coupable d’avoir diagnostiqué des maladies chez une personne et déterminé un traitement médical, des chefs d'accusation qui se rapportaient à trois plaignantes qui l’avaient consulté. Deux d’entre elles sont depuis décédées des suites d’un cancer.

Il portait en appel quatre grands points qui, selon le juge Gaétan Dumas, n'étaient pas des points qui donnaient ouverture à l'appel, souligne Me Joanie Poirier, avocate du Collègue des médecins du Québec.

Jean-François Labrie estimait notamment que le juge de première instance n'avait pas fait preuve d'impartialité lorsqu'il avait rendu son jugement et que le juge aurait dû lui imposer la peine minimale sur chacun des neuf chefs d'accusation pour lesquels il a été condamné. Il plaidait également que les témoins avaient commis des erreurs lors de leur passage devant le tribunal, sans pouvoir expliquer lesquelles.

Jean-François Labrie, prétendu guérisseur de North Hatley. On aperçoit derrière lui l'église où il pratiquait.

Jean-François Labrie plaidait notamment que les témoins avaient commis des erreurs lors de leur passage devant le tribunal et que le juge n'avait pas été impartial.

Photo : Radio-Canada

Le juge Dumas a mentionné qu'il n'était pas suffisant d'être simplement en désaccord avec eux. Encore faut-il pointer les erreurs des témoins lors de leur appréciation du témoignage, a-t-il souligné.

Quant aux allégations que le juge Vanchestein aurait été partial, le juge Dumas a estimé que cela était non fondé. Il a rappelé que l'intégralité du témoignage du prétendu guérisseur n'avait pas été retenue, car il avait été jugé non crédible.

Le reportage de La facture a notamment servi de preuve lors du procès. Dans une vidéo, il était possible de voir Jean-François Labrie faire mine d'ouvrir une paroi abdominale et en retirer un bout d'organe. Il avait avoué qu'il s'agissait bel et bien de lui dans la vidéo et reconnaissait avoir commis ces actes, mais affirmait qu'il ne s'agissait pas de sa voix.

Jean-François Labrie soutenait qu'il s'agissait de rituels religieux, et non d'actes médicaux.

« L'accusé n'a pas soulevé de doutes raisonnables qu'il ne s'agissait pas d'un traitement médical. Il s'agit d'une appréciation de la preuve. »

— Une citation de  Le juge Gaétan Dumas

Dans sa décision, le juge Gaétan Dumas a ainsi expliqué qu'il n'avait pas été en mesure de trouver des erreurs de droit dans le jugement du juge Erick Vanchestein.

Pour ces raisons, il n'y avait pas lieu d'intervenir et de renverser les déclarations de culpabilité rendue contre M. Labrie à l'époque, explique Me Poirier.

Quant à la peine imposée, le juge Gaétan Dumas a rappelé qu'il y avait des facteurs aggravants justifiant sa sévérité, notamment le facteur lucratif de sa pratique, l'abus de confiance envers des personnes vulnérables et la pratique illégale de la médecine. Cela ne fait pas en sorte que la peine n'est pas justifiée, explique-t-il.

Le juge Dumas a souligné que des peines plus sévères pourraient être imposées à ces charlatans qui abusent de la crédibilité des personnes les plus vulnérables, d'autant plus qu'ils ont un impact non seulement sur leurs victimes, mais aussi sur les proches qui doivent vivre avec ces personnes qui s'accrochent à tout, lorsqu'elles sont en fin de vie.

Jean-François Labrie a été condamné à verser 29 000 $ au Collège des médecins.

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