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Stimuler le cerveau pour traiter la dépression majeure

Une chercheuse vérifie l'implant de la patiente lors d'un examen de routine.

Une chercheuse vérifie l'implant de la patiente lors d'un examen de routine.

Photo : UCSF/Mauricio Ramirez

Un implant cérébral permet de détecter et traiter les cas les plus graves de dépression, montrent les travaux de médecins de l’Université de la Californie à San Francisco dont le détail est publié dans la revue Nature Medicine (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

Le psychiatre Andrew Krystal et ses collègues ont traité avec succès une patiente de 36 ans qui souffrait de dépression majeure à l'aide de l'équivalent d'un stimulateur cardiaque pour le cerveau.

Le dispositif de la taille d'une boîte d'allumettes repère et stimule à l’aide d’impulsions électriques les circuits de son cerveau associés à ses symptômes dépressifs.

La thérapie [...] a entraîné une amélioration rapide et durable de la dépression, affirment les chercheurs dans un communiqué publié par l’université.

Tous les autres traitements, dont les médicaments antidépresseurs, avaient échoué à améliorer la qualité de vie de la patiente, devenue la première à bénéficier de cette thérapie expérimentale.

Repères

  • Au Canada, environ 11 % des hommes et 16 % des femmes font une dépression majeure au cours de leur vie.
  • Plus de 50 % des personnes ayant vécu un épisode de dépression majeure connaissent une rechute.

Une percée majeure

Jusqu’à présent, les essais cliniques consacrés au traitement de la dépression par la stimulation cérébrale profonde n’avaient pas donné de résultats probants, en partie parce que la plupart des appareils ne délivraient que des stimulations électriques constantes dans une seule zone du cerveau.

Or, la dépression peut impliquer différentes zones du cerveau d’une personne à l’autre, ce qui constituait un défi majeur.

Les présents résultats sont, selon les chercheurs, une percée historique dans les efforts déployés dans les dernières années pour mettre en pratique les progrès de la neuroscience dans le traitement des troubles psychiatriques.

L’essai clinique, toujours à l’étape de la démonstration de principe, a été couronné de succès grâce à deux percées  :

  • la découverte d'un biomarqueur neuronal qui indique l'apparition des symptômes;
  • la capacité des chercheurs à personnaliser un dispositif de stimulation cérébrale pour qu'il ne réagisse que lorsqu'il reconnaît ce biomarqueur.

Concrètement, les chercheurs ont percé de petits trous dans le crâne de la patiente placée sous anesthésie générale.

Ils ont placé l'un des fils d’une électrode dans la zone du cerveau où ils ont trouvé le biomarqueur et un autre fil dans la région associée à dépression de la patiente où la stimulation soulage le mieux ses symptômes.

Le premier fil surveille constamment l'activité; lorsqu'il détecte le biomarqueur, l'appareil signale à l'autre fil de délivrer une minuscule dose d'électricité pendant six secondes, ce qui entraîne une modification de l'activité neuronale.

Le boîtier, contenant la batterie et le générateur d'impulsions, a été inséré dans l'os, sous le cuir chevelu et les cheveux.

Ce nouveau traitement personnalisé a permis de soulager presque immédiatement les symptômes de la dépression de la patiente, contrairement au délai de quatre à huit semaines des modèles de traitement traditionnel.

Pour les patients souffrant de dépression à long terme et résistant aux traitements, ce résultat pourrait être transformateur.

Une citation de :L’Université de la Californie à San Francisco, dans un communiqué

J’étais au bout du rouleau. J'étais gravement déprimée. Je ne me voyais pas continuer si c'était tout ce que j’étais capable de faire. Ce n'était pas une vie qui valait la peine d'être vécue, affirme la patiente.

D’autres travaux doivent maintenant être réalisés afin de déterminer si les résultats et la méthode de cette étude peuvent se généraliser à la population générale.

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