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Retour en force des virus respiratoires : les aînés à risque

Le système hospitalier québécois risque d’être encore une fois sous pression au cours des prochains mois. La COVID-19, le virus respiratoire syncytial et l’influenza entraînent des bronchites, des bronchiolites et des pneumonies qui peuvent causer des décès.

Deux personnes soignantes portant des vêtements protecteurs et un masque avec une aînée dans une chambre d'hôpital.

Des personnes soignantes portent assistance à une aînée dans une chambre d'hôpital (archives).

Photo : Reuters / Christian Hartmann

Pierre-Alexandre Bolduc

Alors que l’urgence pédiatrique du CHUL à Québec est débordée en raison du virus respiratoire syncytial (VRS), l’infectiologue Guy Boivin prévient que les personnes âgées pourraient être à leur tour frappées de plein fouet par ce « virus d’hiver ».

Le VRS fait les manchettes au Québec en raison du nombre d’enfants malades sans précédent dans les unités de soins de pédiatrie. Le Dr Guy Boivin répète qu’il ne veut pas être alarmiste, mais il souligne que ce virus est aussi dangereux pour les personnes âgées dans les CHSLD. Il peut même causer des pneumonies mortelles.

Il y a toujours un petit délai entre les éclosions qui surviennent chez les enfants et par la suite celles qui vont survenir chez les personnes âgées, lance le médecin.

Le Dr Boivin s’attend à ce que le VRS pénètre dans les centres de soins de longue durée d’ici quelques semaines. Il déconseille les visites des petits-enfants dans les CHSLD pour éviter la transmission.

Le virus respiratoire syncytial a déjà été rapporté comme causant des éclosions dans les centres de soins prolongés.

Une citation de :Le Dr Guy Boivin, microbiologiste et infectiologue au CHU de Québec

Avant la COVID-19, le virus respiratoire syncytial était considéré comme le pathogène numéro deux après le virus influenza comme causant des pneumonies virales chez les personnes âgées, explique le Dr Guy Boivin.

Le Dr Guy Boivin est microbiologiste, infectiologue au CHU de Québec et professeur de pédiatrie à la Faculté de médecine à l’Université Laval.

Le Dr Guy Boivin est microbiologiste, infectiologue au CHU de Québec et professeur de pédiatrie à la Faculté de médecine à l’Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

L’influenza va revenir aussi…

En 25 ans de recherches en maladies infectieuses, le Dr Boivin n’aurait jamais imaginé que l’influenza sauterait une année comme ce fut le cas en 2020. Les mesures sanitaires avaient fait en sorte que la maladie avait été rayée de la carte. Sauf que cette fois-ci, il est convaincu que la maladie sera de retour.

C'est une question de temps, mais personne ne sait quand exactement ce virus va revenir. Et à ce moment-là, malheureusement il y a lieu de penser que ce ne sera pas seulement les urgences pédiatriques qui vont être congestionnées, mais pas mal toutes les urgences.

Le Dr Boivin conseille donc aux personnes âgées et à celles qui souffrent de maladies chroniques de se faire vacciner contre l’influenza pour éviter des complications. Il recommande aussi que les mesures sanitaires mises en place dans les CHSLD demeurent pour éviter la transmission de tous les virus.

Le Dr Guy Boivin dirige une équipe de 15 chercheurs dans son laboratoire du CHUL de Québec. Il travaille entre autres à développer un vaccin contre le virus respiratoire syncytial.

Le Dr Guy Boivin dirige une équipe de 15 chercheurs dans son laboratoire du CHUL de Québec. Il travaille entre autres à développer un vaccin contre le virus respiratoire syncytial.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Un vaccin québécois contre le VRS?

Il n’existe actuellement aucun traitement contre le virus respiratoire syncytial.

Le Dr Guy Boivin, en collaboration avec des chercheurs de Lyon, en France, est en train de développer un vaccin contre le VRS. Ils y travaillent depuis trois ans.

Leur vaccin candidat serait injecté par le nez avec un vaporisateur.

On a complété une partie des études animales. On pense que d'ici 12 à 18 mois, si tout va bien, on va tomber en phase clinique. En phase clinique, ça dépend si c'est accéléré ou pas. Ça peut prendre de un an à trois ou quatre ans avant de passer les phases cliniques.

Il faudra donc encore un moment pour développer un vaccin contre le VRS, mais d’autres compagnies comme Moderna, qui a aussi développé un vaccin contre la COVID-19, travaillent également sur un vaccin contre le virus respiratoire syncytial.

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