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Débats houleux et enjeux autochtones : Legault dit avoir manqué de compassion

François Legault parle debout à l'Assemblée nationale.

François Legault est critiqué pour avoir alimenté la partisanerie lors d'un échange à l'Assemblée nationale qui concernait les enjeux autochtones, dans la foulée du premier anniversaire du décès de Joyce Echaquan.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

Le premier ministre québécois a fait un mea culpa lundi pour les échanges musclés et partisans qui ont quelque peu éclipsé les débats sur le fond concernant les enjeux autochtones, la semaine dernière à l'Assemblée nationale, à l'occasion de la commémoration du décès de Joyce Echaquan.

Je suis bien conscient qu’à l’Assemblée nationale, la semaine dernière, on n’a pas envoyé le message de compassion et de solidarité que la situation exige de nous. Je m’inclus là-dedans et je prends la responsabilité qui me revient, a écrit François Legault lundi matin sur son compte Facebook.

Il a fait cette publication dans le cadre de la journée de commémoration pour les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, qui se déroule aujourd'hui même. Cette journée de réflexion survient tout juste après la première Journée de la vérité et de la réconciliation jeudi dernier.

La semaine dernière avait aussi lieu le premier anniversaire du décès de Joyce Echaquan, cette femme atikamekw morte sous les insultes à l'hôpital de Joliette en septembre 2020.

Ce que la situation exige de nous, c’est de laisser la partisanerie de côté pour mettre en lumière ce que vivent les peuples autochtones, a souligné François Legault lundi, reconnaissant les dérapages de la semaine précédente, lorsque la commémoration du décès de Mme Echaquan à l'Assemblée nationale a tourné à la querelle partisane.

« Comme premier ministre, j’ai le devoir de donner l’exemple. J’essaie sincèrement de le faire à chaque fois que je m’adresse aux Québécois. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Rien pour calmer le jeu, la coroner Géhane Kamel a déposé vendredi son rapport d'enquête sur le décès de Joyce Echaquan. Elle y recommande, entre autres choses, que le gouvernement reconnaisse l'existence du racisme systémique au Québec, qu'elle estime être l'une des causes de la mort de la mère de famille de 37 ans.

Me Géhane Kamel doit donner une conférence de presse mardi concernant les recommandations contenues dans son rapport, auquel le gouvernement n'a pas encore officiellement réagi. Il doit le faire mardi également.

Les partis d'opposition et divers membres des Premières Nations ont profité du dépôt du rapport pour appeler de nouveau le gouvernement de François Legault à reconnaître l'existence du phénomène. Quelques ministres ont offert des commentaires vendredi, lors de différentes conférences de presse sans lien avec ce sujet, réitérant surtout la position de leur gouvernement sur le racisme et prenant soin d'éviter le mot « systémique ».

François Legault est aussi critiqué pour avoir invoqué la productivité pour justifier le fait de ne pas faire du 30 septembre un jour férié au Québec. Au niveau fédéral, il s'agit désormais de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, mais les provinces ont le choix d'emboîter le pas ou non. Encore là, les partis d'opposition comme des membres des Premières Nations l'ont accusé de manquer d'empathie.

Les enjeux autochtones, une priorité, assure Legault

Dans sa publication lundi, M. Legault assure qu'il fait des dossiers autochtones une priorité du gouvernement. On doit se promettre d’en faire plus pour combattre la violence faite aux femmes autochtones. Et de manière plus large, on doit en faire plus pour s’attaquer au racisme que continuent de subir les membres des Premières Nations et les Inuits, a-t-il écrit.

Selon lui, le ministre des Affaires autochtones Ian Lafrenière travaille sans relâche pour mettre en œuvre les recommandations de la Commission Viens et de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.

Le premier ministre évoque également différents projets pour créer de la prospérité de manière durable et un dialogue de nation à nation. Mais le travail doit aussi se faire à l’échelle individuelle, dans l’ensemble de la société québécoise, évoque-t-il.

Je suis convaincu que l’immense majorité des Québécois est prête à se battre contre le racisme. On doit en faire une mission collective.

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