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Discours du Trône en Ontario : pas de hausses d’impôts ni coupes dans les dépenses

Une photo prise par drone de l'édifice de l'Assemblée législative de l'Ontario.

Queen's Park

Photo : CBC/Jon Castell

Le gouvernement de l'Ontario signale que les huit prochains mois menant aux élections provinciales seront consacrés à renforcer le système de santé et de soins de longue durée et à stimuler la reprise économique tout en sortant de la pandémie.

Dans un discours du Trône sans grandes surprises ni nouveautés, le gouvernement a promis que des hausses d'impôts n'attendaient pas les Ontariens. Le discours n'a duré qu'une vingtaine de minutes et a surtout mis de l'avant les accomplissements passés des progressistes-conservateurs, plutôt que leurs priorités à l'approche des élections.

Le discours a permis de faire le point sur les efforts déployés par le gouvernement au cours des 18 derniers mois pour lutter contre la pandémie, une période parmi les plus difficiles des temps modernes.

La lieutenante-gouverneure a souligné l'approche prudente du gouvernement pour rouvrir l'économie, avec notamment la mise en place d'un système de passeport vaccinal.

« Trouver le juste équilibre entre la protection des droits et des libertés bien établis et la nécessité de faire tout en notre devoir pour protéger des vies a été l'un des défis les plus importants à relever pour ce gouvernement. »

— Une citation de  Extrait du discours du Trône

Le gouvernement a profité du discours pour vanter la situation sanitaire favorable dans laquelle se trouve actuellement l'Ontario, ce qui n'est pas le cas partout au pays.

Le gouvernement prévient cependant que la pandémie n'est pas terminée et qu'une recrudescence des cas de COVID-19 n'est pas impossible. On précise « qu'il n'y aura pas lieu de paniquer » si les cas augmentent, puisque les personnes vaccinées courent beaucoup moins de risque d'être hospitalisées et de souffrir de problèmes graves.

Doug Ford montre une fiole du vaccin de Moderna.

Doug Ford montre une fiole du vaccin de Moderna.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Miser sur les infrastructures

Il a aussi été question des importants défis budgétaires auxquels fait face la province en raison de volumes de dépenses inégalées depuis l'apparition de la COVID-19.

Or, le gouvernement se fait rassurant dans le discours et promet d'éviter les hausses d'impôts et les réductions de dépenses pour remettre de l'ordre dans les finances publiques.

Votre gouvernement demeure fermement engagé à relancer l'économie et les finances de la province par le biais de la croissance économique, sans avoir recours à de douloureuses hausses d'impôts ou à des coupures dans les dépenses, a indiqué la lieutenante-gouverneure.

Le gouvernement Ford misera plutôt sur ses investissements en infrastructures déjà annoncés pour stimuler l'économie provinciale. Le discours fait entre autres mention de projets en transports en commun.

Rien pour les francophones

La francophonie ontarienne n'a pas été mentionnée lors du discours. La ministre responsable des Affaires francophones, Caroline Mulroney, planche pourtant sur la modernisation de la Loi sur les services en français.

Il n'a pas non plus été question de la situation difficile à l'Université Laurentienne, qui s'est retrouvée cet hiver devant les tribunaux en raison de problèmes d'insolvabilité.

La ministre des Transports de l'Ontario, Caroline Mulroney, en conférence de presse.

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement a aussi passé sous silence les négociations rompues avec Ottawa sur le financement des services de garde. L’Ontario est l'une des seules provinces qui n’a toujours pas conclu d’entente avec Justin Trudeau pour l’implantation d’un programme fédéral de garderies.

Critiques de l'opposition

La chef de l'opposition officielle, la néo-démocrate Andrea Horwarth, dit que le discours du Trône est décevant pour les familles ordinaires et les travailleurs.

« Il n'y a rien de neuf [dans le discours du Trône] pour aider les patients, les étudiants, les travailleurs et les petites entreprises. Il est clair encore une fois que Doug Ford ne vous appuie pas et refuse de dépenser de l'argent pour vous aider. »

— Une citation de  Andrea Horwath, chef du NPD

Mme Horwath accuse le premier ministre de prendre parti pour les grands détaillants plutôt que les petits commerçants et de protéger ses amis entrepreneurs à la place des travailleurs.

La députée libérale Lucille Collard dit que les Ontariens ont besoin de façon urgente de services de garde plus abordables.

« Nous avons besoin de services de garde d'enfants à 10 $ par jour ici en Ontario. Sept provinces et les trois territoires ont réussi à travailler avec le fédéral sur des ententes pour les garderies. »

— Une citation de  Lucille Collard, députée d'Ottawa-Vanier

Les familles sont obligées d'attendre que Doug Ford se rende compte qu'il a besoin d’une entente sur les garderies pour marquer des points politiques avant les prochaines élections, proteste-t-elle.

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, affirme que le discours du Trône ne contient pas de vision ou de chemin pour que l'Ontario aille de l'avant. Le premier ministre s'autofélicite alors que les cas de COVID-19 augmentent dans les écoles, que la pénurie d'infirmières s'aggrave et que les petites entreprises ont de la difficulté avec le passeport vaccinal qui a mal été implanté, dit-il.

M. Schreiner ajoute que le discours du Trône ne contient pas de plan pour répondre à l'urgence climatique à laquelle font face les Ontariens, sans parler de la crise du logement abordable.

La section ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) affirme aussi que le discours du Trône ne contient rien de neuf. Pour le leader syndical Fred Hahn, il n'est pas réaliste de croire qu'il pourra y avoir une relance économique et des investissements dans les services sans hausse d'impôt. Nous avons besoin de mécanismes pour accroître les revenus, dit-il, en augmentant le taux d'imposition des Ontariens les plus riches et des compagnies qui font les plus gros profits.

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