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Plus de 3500 Afghans acceptés par le Canada restent coincés à Kaboul

Plus de 3500 Afghans ayant travaillé pour le Canada et dotés d'un visa spécial demeurent toujours coincés à Kaboul, la capitale étant contrôlée par les talibans. Ils attendent toujours l'aide d'Ottawa pour fuir le pays.

Un soldat taliban vérifie les papiers d'un automobiliste.

Les talibans surveillent de près les papiers d'accréditation des automobilistes qui se déplacent en Afghanistan.

Photo : afp via getty images / JAVED TANVEER

En un mois, le Canada a réussi à évacuer 75 % des 1250 citoyens et résidents permanents canadiens et 15 % des Afghans vulnérables restés à Kaboul, la capitale afghane, après la fin des opérations américaines d’évacuation.

Affaires mondiales Canada indique que 950 personnes, soit environ 440 citoyens canadiens, 150 résidents permanents et 350 membres de leurs familles, ont pu quitter l’Afghanistan depuis le 31 août dernier.

Le ministère ne précise pas de quelles façons toutes ces personnes ont pu sortir du pays, même si on sait, en raison de plusieurs gazouillis du ministre des Affaires étrangères Marc Garneau, que plusieurs ont pris place à bord de vols nolisés spéciaux vers le Qatar, entre autres.

Seules les personnes ayant un passeport étranger peuvent prendre place à bord de ces vols.

Ce n’est donc pas une voie de sortie pour les quelque 4300 Afghans vulnérables acceptés au total par le Canada en vertu d’un programme de visa spécial. Hormis ceux qui ont réussi à s'enfuir, ils restent coincés à Kaboul, contrôlée par les talibans.

Il s’agit d’Afghans qui ont travaillé pour les Forces armées canadiennes ou le gouvernement du Canada et des membres de leurs familles.

Le Canada a entrepris de les évacuer par la route vers des pays voisins, d’où leurs dossiers finiront d’être traités avant qu’ils viennent au Canada.

À écouter

Manon Globensky fait le point sur la situation en Afghanistan à l'émission Désautels le dimanche, diffusée sur ICI Première.

La porte de sortie du Pakistan

Pour le moment, cela ne fonctionne qu’avec le Pakistan. Parmi les 4300 Afghans sélectionnés par Ottawa, un groupe de 650 personnes munies d’un visa de sortie canadien a pu franchir la frontière, affirme Alexander Cohen, attaché de presse de Marco Mendicino, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Il reste donc au gouvernement fédéral autour de 3650 Afghans à évacuer.

Marco Mendicino fixe au loin devant des drapeaux du Canada.

Marco Mendicino

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le visa de sortie a été reconnu non seulement aux postes de contrôle talibans, mais aussi par les gardes-frontières pakistanais.

À Kaboul, Ahmad, qui a travaillé dans le domaine des télécommunications ainsi que pour des journalistes du Toronto Star, n'a pas entendu parler de ces efforts. Il se cache avec sa famille depuis la mi-août et il sait que les talibans le cherchent. Ils l’ont même joint au téléphone.

Et même s’il est toujours en contact avec le ministère canadien de l’Immigration, Ahmad dit que les réponses prennent de plus en plus de temps et il est découragé.

« Parfois, je me dis que je ne sortirai jamais d’Afghanistan. Et quand je vois ma famille, je suis tellement désolé, nous avions une si bonne vie avant [...] Je suis complètement perdu, je ne sais plus quoi dire. Notre seule planche de salut est une évacuation par le gouvernement canadien. Si on nous laisse ici, ce sera la fin pour nous. »

— Une citation de  Ahmad, demandeur d'asile afghan

De son propre chef, Ahmad tente d’obtenir un visa pakistanais, comme des centaines d’autres Afghans. Mais, réussir à s'envoler pour Islamabad n’est pas évident. Il dit que le prix des billets pour le seul vol de qui relie Kaboul et la capitale pakistanaise a décuplé et que les vols sont pleins jusqu’à la fin novembre.

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