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Aménager les rues adéquatement pour prévenir des morts évitables

Piéton qui traverse sur un passage à piétons, avec une voiture qui le frôle.

En 2020, un cycliste et 18 piétons sont mort après une collision sur les artères montréalaises.

Photo : Radio-Canada

Les décès d’un jeune piéton et d'un cycliste cette semaine dans la région métropolitaine de Montréal sont un douloureux rappel que les politiciens ont beaucoup de rattrapage à faire en matière d’aménagement urbain. État des lieux.

Lundi, un camionneur a écrasé un cycliste de 31 ans au coin de la rue du Parc et de l’avenue du Mont-Royal, dans l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, à Montréal.

Jeudi, un automobiliste a percuté un adolescent de 16 ans à Saint-Lin-Laurentides, dans Lanaudière. Ce dernier a perdu la vie.

Qu’ont en commun ces deux accidents, hormis le fait que dans les deux cas, les chauffeurs fautifs ont pris la fuite sans aider leurs victimes respectives qui sont aujourd’hui mortes? Des aménagements routiers déficients.

Dans ce coin de l’avenue du Parc, l'artère est une sorte d’autoroute à six voies et, à Saint-Lin Laurentides, la route 335 est une longue ligne droite de 10 km, sans aménagement pour ralentir les automobilistes et protéger les piétons, résume Patrick Morency, médecin et expert en prévention routière.

Pourquoi y a-t-il toujours des centaines de millions de dollars disponibles pour prolonger ou élargir les autoroutes, pour se rendre en périphérie? Par contre, quand vient le temps de réaménager les artères, les routes majeures ou refaire les intersections sécuritaires ou des pistes cyclables, là, les dizaines de millions sont manquants, a-t-il déploré en entrevue à l'émission RDI week-end.

« C'est comme ça depuis des décennies. Il y a des choix politiques importants à faire. »

— Une citation de  Patrick Morency, médecin et expert en prévention routière

Engagements électoraux

Alors que le scrutin municipal est prévu dans cinq semaines, les principaux candidats à la mairie s’affrontent notamment sur le terrain de la mobilité.

Samedi, le parti Ensemble Montréal dirigé par Denis Coderre a présenté son plan pour simplifier la vie des Montréalais en mobilité en tentant de réduire l’auto solo.

Notre stratégie se décline en deux axes : augmenter les véhicules en libre-service (VLS) et inciter les Montréalais à les utiliser. Ce n’est pas en privilégiant un mode de transport au détriment d’un autre que nous allons combattre l’auto solo, mais en trouvant de réelles alternatives, efficaces et efficientes, précise le communiqué de presse du parti.

Les voies réservées des autobus de la Société de transport de Montréal (STM) et des coûts de stationnements réduits seront offerts aux conducteurs méritants. Par ailleurs, le réseau de transport en commun sera étendu et modernisé, notamment en implantant un système de paiement par téléphone intelligent.

Projet Montréal, le parti de la mairesse Valérie Plante, n’a pas encore présenté sa vision pour les quatre prochaines années en matière de mobilité.

Plusieurs élus ont néanmoins souligné sur les réseaux sociaux que le plan de M. Coderre est un prolongement des actions entreprises par Projet Montréal et que les piétons et les cyclistes semblaient absents de l’annonce de samedi.

Des morts évitables

Or, ce sont eux les principales victimes des accidents de la route. En 2020, un cycliste et 18 piétons sont morts et 77 ont été gravement blessés à Montréal.

L’organisme Vélo fantôme, qui milite pour les aménagements plus sécuritaires, aimerait en faire un enjeu de campagne. Il avait réuni 300 personnes dimanche pour souligner le décès d’Andrea Rovere cette semaine.

Il y a huit ans, Vélo fantôme posait un premier vélo blanc à l’intersection des avenues du Parc et Saint-Viateur. Plusieurs autres piéton·ne·s et cyclistes y ont trouvé la mort depuis. Des coroners ont conclu que ces morts étaient évitables, mais rien n’a changé sur l’avenue du Parc, a déploré Séverine Le Page, porte-parole de Vélo fantôme, dans un communiqué de presse.

« Depuis lundi, toutes les équipes candidates à la mairie de Montréal parlent de réaménager cette intersection. Cela aurait dû être fait il y a plusieurs décennies. Toutes les grandes artères devraient être dotées de pistes cyclables séparées et unidirectionnelles et de trottoirs élargis, avec des intersections sécurisées. »

— Une citation de  Extrait du communiqué de Vélo fantôme

Le coût de ces aménagements ne devrait pas être un frein, pense de son côté Marie-Soleil Cloutier, professeure à l'Institut national de recherche scientifique.

Certains voient les aménagements cyclistes ou piétons comme des coûts qui n’entraînent pas de revenus, alors que de plus en plus d’études démontrent que les piétons et les cyclistes dépensent différemment d’un automobiliste, mais ne dépensent pas moins à la fin de l’année, fait-elle remarquer.

Marie-Soleil Cloutier en veut pour preuve le succès commercial des rues piétonnes.

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