•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

F.-A.-Gauthier en cale sèche : encore une facture salée

Le F.-A.-Gauthier au quai de Matane.

Le F.-A.-Gauthier au quai de Matane

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Le montant de la cale sèche du F.-A.-Gauthier dépassera vraisemblablement les 2 millions de dollars cet automne. À cela s'ajouteront le coût des travaux et des pièces qui devront être remplacées.

L'usure prématurée de certains équipements clés du navire force même la Société des Traversiers (STQ) à imposer une limitation de puissance des moteurs du navire.

Depuis plus d'un an, le système de propulsion du F.-A.-Gauthier laisse s'écouler de l'huile en mer. Il s'agit de petites quantités, mais les joints d'étanchéité du système - qui ont pourtant été remplacés l'hiver dernier - devront encore être changés.

Pour ce faire, la cale sèche est inévitable. C'est ce qu'a confirmé plus tôt cette semaine la Société des traversiers du Québec, qui veut aussi tenter de comprendre pourquoi le problème est réapparu quelques jours seulement après la première réparation.

Des travailleurs sous la coque d'un navire en cale sèche.

Des travailleurs du Groupe maritime verreault

Photo : Radio-Canada

La seule soumission reçue est celle du chantier Verreault Navigation des Méchins et elle s'élève à 2 251 812 $, en plus des taxes. Par contre, il semble que la Société des traversiers du Québec soit toujours en train de négocier avec le chantier, puisque le contrat n'est pas encore conclu.

Dès dimanche, le F.-A.-Gauthier sera remplacé par le Saaremaa 1, qui n'a d'ailleurs jamais quitté le port de Matane depuis le retour en service du navire amiral de la STQ en avril dernier.

Dans un premier temps, le F.-A.-Gauthier se rendra au port de Québec pour son entretien annuel, procédure qui n'a aucun lien avec le problème de fuite d'huile. C'est le 27 octobre que le traversier entrera en cale sèche aux Méchins.

Si tout se déroule comme prévu, le navire sera de retour en décembre.

La Société des traversiers veut à tout prix éviter d'utiliser le Saaremaa 1 lorsque les glaces feront leur apparition dans le Saint-Laurent, comme ce fût le cas l'an dernier. Il avait fallu louer un brise-glace pour assister le Saaremaa 1, ce qui avait entraîné une facture de 740 000 $.

Limitation de puissance

Le F.-A.-Gauthier s'use prématurément. Le manque de surveillance au chantier naval Fincantieri, en Italie, lors de sa construction a eu des impacts sur la qualité du navire mentionnait d'ailleurs la Vérificatrice générale du Québec dans un rapport choc l'automne dernier.

Une hélice sous un bateau.

Le système de propulsion du F.-A.-Gauthier est l’un des défauts de conception.

Photo : Radio-Canada

Dans ce contexte, Radio-Canada a appris que la Société des traversiers a transmis récemment une directive visant à limiter la puissance des moteurs. L'objectif : préserver les pièces le plus longtemps possible. Cette information a été ensuite confirmée par la Société des traversiers du Québec.

Ça démontre qu'il y a un manque de confiance dans les réparations faites sur le navire, croit l'architecte naval John Stubbs qui avait prédit, sur nos ondes, une explosion des coûts pour le navire F.-A.-Gauthier.

John Stubbs.

L’architecte naval John Stubbs a fait construire une cinquantaine de navires dans sa carrière.

Photo : Radio-Canada

Le nombre de tours maximum par minute des hélices ne doit donc plus dépasser les 160, au lieu des 190 comme la conception du navire le permettait pourtant.

John Stubbs évalue la perte de puissance de 25 à 40 % en raison de cette limitation.

« Le navire on l'achète avec une certaine puissance, on paie pour ça, si on la réduit on est en train de dire que la cote de glace ne vaut rien. »

— Une citation de  John Stubbs, architecte naval

La Société a cependant précisé que le capitaine dispose de la possibilité d'atteindre les 190 tous par minute, en cas de besoin.

La Société des traversiers du Québec ajoute que des directives semblables seront émises pour d'autres navires de la flotte, mais n'a pas été en mesure de nous dire lesquels, ni quand.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !