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Des débordements à Ottawa après le match Panda : le maire Watson « dégoûté »

Des jeunes s'amusent sur le toit d'un véhicule.

Des milliers de personnes ont célébré la victoire des Gee-Gees dans les rues d'Ottawa.

Photo : S.B.

Radio-Canada
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Des festivités ont dégénéré dans la nuit de samedi à dimanche, à Ottawa, dans les heures qui ont suivi la présentation du match de football universitaire Panda, lequel a regroupé 15 000 personnes dans les gradins de la Place TD. Le maire d'Ottawa, Jim Watson, se dit « dégoûté » du comportement des fêtards.

Ce dernier a réagi en fin d'avant-midi, dimanche, dans une publication Twitter. Des individus, incluant des policiers, ont été blessés et des biens privés et publics ont été endommagés, a-t-il écrit. J'ai parlé au chef de police et le [Service de police d'Ottawa] a lancé plusieurs enquêtes pour s’assurer que ceux responsables sont traités dans le système judiciaire.

Le maire Watson a, du même coup, qualifié les comportements observés d'inacceptables et immatures, ajoutant que la lutte contre la COVID-19 se poursuit toujours.

Dans un communiqué publié en après-midi, le Service de police d'Ottawa (SPO) a confirmé qu'il enquêtait sur plusieurs incidents survenus dans différentes rues du quartier Côte-de-Sable, dont l'avenue Russell.

Des accusations pourraient être portées contre des individus impliqués, précise-t-on en ajoutant que les enquêteurs passent en revue des éléments d'information tels que des enregistrements vidéos. Des enquêteurs ont été affectés au dossier pour identifier quiconque ayant commis des crimes. Le Service de police d'Ottawa travaillera aussi avec le personnel de l'Université d'Ottawa et celui de l'Université Carleton, peut-on lire dans la déclaration rédigée en anglais.

Dans certains cas, les rassemblements sont devenus très perturbateurs. Dans le cas d'un incident, une voiture a été renversée et une personne a été assaillie. [...] Ces comportements sont inacceptables, a-t-on ajouté.

Dimanche après-midi, aucune accusation n'avait été portée.

Inquiétudes et déceptions

L'Université d'Ottawa a aussi dénoncé les débordements. « À toutes les personnes qui se sont comportées de manière irréfléchie et dangereuse hier soir : cela est honteux et inacceptable. Nous appuyons toute mesure judiciaire qui pourrait être prise à votre endroit », ont déclaré par communiqué le recteur, Jacques Frémont, et la doyenne et vice-rectrice aux affaires académiques, Jill Scott.

« Nous nous attendons à ce que les membres de la population étudiante, de notre université et d’ailleurs adhèrent aux principes de respect et de civisme. »

— Une citation de  Extrait d'un communiqué de l'Université d'Ottawa

Mathieu Fleury, conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, où se sont produit les événements, s'est aussi dit déçu et inquiet de la tournure des événements, soulignant que le match Panda est avant tout un jeu de football.

Cet effet de foule, quand on voit [des milliers] de personnes [...] et des voitures renversées, c’est inacceptable. Il faut qu'il y ait des conséquences à tout ça, a-t-il lancé en entrevue.

À son avis, le Service de police d'Ottawa devra justifier son approche. Les policiers n'étaient pas organisés [en soirée] comme [dimanche] matin. Le matin, il y avait une cinquantaine de policiers dans la zone, a soutenu l'élu. Il a noté qu'aucun incident n'a été rapporté avant la partie, contrairement aux années précédentes.

M. Fleury est photographié en marge d'une réunion du conseil municipal d'Ottawa.

Mathieu Fleury, conseiller du quartier Rideau-Vanier (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

On n'a jamais vu ce genre d'incident après le Panda. On a toujours estimé que les établissements licenciés au parc Lansdowne, que les fêtes dans les bâtiments, et la proximité avec le marché By étaient des effets absorbants, a-t-il ajouté.

On a abordé une solution qui marche [pour le] pré-match. Si les universités décident d'aller encore de l'avant avec un match Panda, il va falloir mettre des mesures plus adéquates en fin de journée, a conclu M. Fleury.

Le président du Syndicat étudiant de l'Université d'Ottawa, Tim Gulliver, estime qu'il serait déplorable que l'événement sportif annuel doive être annulé, à l'avenir, en raison « d'une minorité d’étudiants qui ont fait quelque chose de complètement inacceptable ».

Ce qui s’est passé hier n’avait rien à voir avec du football. C’était une excuse pour détruire des choses et il ne faut pas que ça arrive. Il faut qu’on enquête davantage pour voir ce qui s’est passé, a-t-il dit.

Une version précédente de ce texte faisait état d’une émeute. Après vérification avec la police d’Ottawa, il a plutôt été question d’un débordement. Par ailleurs, le Service de police d'Ottawa a d'abord mentionné le présence de 5000 personnes rassemblées pour ensuite préciser qu'elles étaient 2000.

Une voiture renversée

Des policiers se sont rendus dans le quartier, dans la journée de samedi, alors qu'ils s'attendaient à plusieurs grands rassemblements, a expliqué, de son côté, Martin Groulx du Service de police d'Ottawa. Aucun incident ne s'est produit au cours de la journée et les policiers ont, par la suite, réduit leur présence sur les lieux.

En soirée, de grands rassemblements ont commencé dans le quartier Côte-de-Sable, a-t-il indiqué en mentionnant 2000 personnes réunies sur l'avenue Russell, vers 19 h. Dans sa déclaration écrite publiée dimanche après-midi, le Service de police d'Ottawa fait état de grosses foules qui ont commencé à se rassembler peu après 20 h.

La foule a coopéré avec la police et s'est dispersée calmement et aucune arrestation n'a été faite, a affirmé M. Groulx.

Quant aux ambulanciers, ils ont confirmé que sept personnes ont été transportées à l’hôpital en raison de blessures mineures et d'intoxication à l'alcool.

Un homme habitant sur l'avenue Russell, Stephen Higham, a raconté avoir été surpris par l'ampleur des événements, bien qu'il s'attendait à ce qu'il y ait des festivités.

Une voiture renversée entourée de débris.

Un habitant de l'avenue Russell a photographié une voiture qui a été renversée lors de l'émeute.

Photo : Gracieuseté : Stephen Higham

Tout le monde à qui j'ai parlé était [...] respectueux, mais évidemment, les choses ont dégénéré quelques maisons plus loin. Quelques personnes ont décidé que c'était une bonne idée de renverser une voiture, a-t-il témoigné.

Je me sens mal pour les autres propriétaires qui, j'imagine, ont subi des dommages, a poursuivi celui qui a précisé avoir emménagé dans le quartier il y a un peu plus d'une semaine.

Avec les informations de Jérôme Bergeron, Emmanuelle Poisson, Charles Lalande, Joseph Tunney, Ismaël Sy, Rosalie Sinclair et Fiona Collienne

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