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Rendre la réconciliation irréversible, le défi de Marc Miller

Des milliers de Canadiens ont pris part, jeudi dernier, à la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. Un moment d’introspection pour mieux comprendre la réalité autochtone et avancer ensemble.

 Un homme en veston regarde son interlocuteur.

Le ministre Marc Miller devant le parlement à Ottawa

Photo : Radio-Canada / David Richard

Micheline Laflamme

La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation marque un jalon vers une cohabitation plus harmonieuse avec les peuples autochtones. Mais l’absence du premier ministre Trudeau des événements publics, alors qu’il était en vacances à Tofino, a choqué bien des membres des communautés et sapé leurs espoirs.

Le ministre des Services aux Autochtones Marc Miller se porte toutefois à la défense de Justin Trudeau. Moi, je sais très bien ce que le premier ministre a dans son cœur. Il a montré beaucoup de capital moral, politique et financier dans la réconciliation, avec des milliards à l'appui.

Le processus doit avancer de façon inéluctable, dit le ministre Miller dans une entrevue aux Coulisses du pouvoir. Et il est bien déterminé à mettre en place des mécanismes si solides que les prochains gouvernements, peu importe leur allégeance, ne pourront faire marche arrière et auront les conditions pour réussir. L’objectif, c’est que le ministère des Services aux Autochtones disparaisse.

« C'est voué évidemment à l'extinction, parce qu'on veut que par l'autodétermination, les peuples autochtones eux-mêmes puissent avoir toutes les ressources nécessaires. Donc, c'est tout un défi. »

— Une citation de  Marc Miller

M. Miller rappelle que l’État canadien doit réparer des torts qui, dans certains, cas remontent à des centaines d’années. Donc, croire que la réconciliation peut survenir du jour au lendemain, c’est mal comprendre l'ampleur du problème, ajoute-t-il. Il faut combler des lacunes immenses dans une multitude de secteurs, comme la santé, l’éducation et les infrastructures de base.

Deux hommes se font face à une distance de deux mètres.

Le ministre Marc Miller et l'animateur Daniel Thibeault devant la flamme du centenaire au parlement

Photo : Radio-Canada / David Richard

Justin Trudeau s’était d’ailleurs engagé à éliminer tous les avis à long terme quant à la qualité de l’eau potable dans les réserves avant le 31 mars 2021. Incapable de tenir cette promesse, il a ajouté 8 milliards de dollars pour en venir à bout. À ce jour, 32 communautés sont toujours privées d’eau potable.

Cela dit, des progrès ont été réalisés. Il y a eu, entre autres, la construction et la réfection de 200 écoles au pays. Et les relations entre les communautés et la Couronne se sont améliorées, ajoute le ministre.

Les deux dernières années, malgré la pandémie du siècle, [...] il y a beaucoup de confiance qui s'est bâtie. Les communautés autochtones ont des taux records de vaccination, et ça s'est fait grâce à ce partenariat très important. Il y a des leçons à tirer de tout ça.

Regardez l'entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir dimanche sur ICI Télé à 11 h.

Cet esprit de collaboration est nécessaire pour avancer et pour mettre en œuvre les 94 appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. Selon un relevé de la Canadian Broadcasting Corporation, environ 15 % d'entre eux ont été réalisés à ce jour. Le relevé du gouvernement fédéral indique plutôt que 80 % des appels relevant de sa seule juridiction ont été réalisés.

Dédommagement aux enfants des Premières Nations

Le ministre Miller refuse toujours de dire si Ottawa va se plier à la décision de la Cour fédérale rendue la semaine dernière sur l’indemnisation des enfants autochtones ayant été retirés injustement de la garde de leurs parents ou n’ayant pas eu accès aux mêmes services que les autres enfants canadiens.

Ottawa contestait la juridiction du Tribunal canadien des droits de la personne (TCDP), mais la cour a rejeté ses arguments. Il y avait des discussions sur le niveau de compensation, le tort et le dommage qui étaient reliés à ce temps-là. Ça, c'est clair. Maintenant, avec cette clarté, on va pouvoir prendre une décision, a précisé Marc Miller.

Si Ottawa respecte les ordonnances du Tribunal canadien des droits de la personne, il devra verser des milliards de dollars aux enfants qui ont été pris en charge par le système de protection de l’enfance.

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