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La pénurie de main-d’oeuvre a coûté 3,5 G$ au secteur manufacturier de la région

Un homme utilise de la machinerie dans une usine.

La pénurie de main-d'oeuvre se fait sentir dans plusieurs secteurs de l'économie québécoise.

Photo : getty images/istockphoto / Omar Osman

La pénurie de main-d'œuvre a coûté cher au secteur manufacturier de la grande région de Québec. En deux ans, le manque de personnel a entraîné des pertes de 3,5 G$. Les entreprises pressent le gouvernement d’ouvrir les frontières à la force de travail étrangère avant que des usines doivent délocaliser leur production.

On a consulté et sondé les manufacturiers partout au Québec, explique la PDG de Manufacturiers & Exportateurs du Québec (MEQ), Véronique Proulx. Dans la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, c’est 3 milliards et demi de dollars qu’on a laissés sur la table.

Le manque criant de main-d’oeuvre touche une majorité d’entreprises manufacturières. Après avoir sondé plus de 400 compagnies réparties dans 10 régions au Québec, MEQ a constaté que 98,5 % d’entre elles manquaient de travailleurs. En raison de la pénurie de personnel, 74 % des entreprises ont dû refuser des contrats, payer des pénalités de retard, voire ralentir la cadence de production au cours des deux dernières années.

« Certaines entreprises décident de fermer un quart de travail. À long terme, ça mènera à des pertes d’emplois. »

— Une citation de  Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers & Exportateurs du Québec

La région de la Capitale-Nationale a un des taux de chômage les plus enviables au Canada. Revers de cette médaille, toutefois : la région se hisse parmi celles où le manque de main-d'œuvre est le plus important.

Chaudière-Appalaches encaisse durement la pénurie de personnel. Son secteur manufacturier accuse des pertes évaluées à 1,88 G$ par MEQ. La région éponge ainsi les troisièmes pertes financières en importance parmi les 10 régions consultées par l’organisation.

Une pénurie qui s'aggrave avec la pandémie

  • En 2019, avant l'avènement de la pandémie de COVID-19, il y avait 16 000 postes vacants dans le secteur manufacturier au Québec.
  • À l'automne 2021, MEQ évalue qu'il manque 25 330 travailleurs à l'industrie manufacturière québécoise pour combler l'ensemble de ses besoins de main-d'oeuvre.
  • Sur les 400 entreprises sondées, le quart dit devoir combler 20 % de ses postes.

La Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches sont des régions industrielles fortes, où on trouve beaucoup de manufacturiers qui exportent, souligne Véronique Proulx. C’est ce qui explique que les pertes soient aussi importantes.

Dans le coup de sonde mené par MEQ, 36 % des manufacturiers interrogés affirment avoir pensé délocaliser leurs opérations. Certains, aussi, pensent devoir décroître, c’est-à-dire restreindre leur production pour s’adapter à la force de travail disponible.

La solution, selon la PDG Véronique Proulx, c’est le recrutement à l’étranger.

« Il y a plus de gens qui quittent le marché du travail que de nouvelles personnes qui y arrivent. Seulement dans le secteur manufacturier, on a 25 000 postes vacants au Québec. C’est énorme. »

— Une citation de  Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers & Exportateurs du Québec

Il faut, selon 13 recommandations formulées par MEQ, augmenter les seuils d’immigration et réduire le délai de traitement des dossiers des travailleurs étrangers à neuf mois, en moyenne.

Véronique Proulx interpelle directement le gouvernement Legault. La mise en place de ces mesures est urgente, selon elle, ne serait-ce que par souci de cohérence.

La situation actuelle ne peut pas durer plus longtemps, croit la PDG. Les chefs d'entreprise sont fatigués, ils sont stressés, il n'y a pas de solutions qui se pointent à l'horizon. Et c'est la même chose pour les travailleurs : on met beaucoup de pression sur eux, il y a beaucoup d'heures supplémentaires.

Depuis plus d’un an, le premier ministre nous dit qu’il souhaite qu’on augmente notre production de produits fabriqués au Québec. Pour faire ça, on doit tenir compte de la pénurie de main-d’oeuvre et de son impact sur nos secteurs, conclut-elle­.

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