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Analyse

Un discours du Trône sur fond de pandémie et de réélection

Le gouvernement de Doug Ford entreprend une nouvelle session parlementaire à Queen’s Park en présentant ses priorités à l’approche du scrutin de 2022.

Doug Ford vu à travers la vitre d'une porte.

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

À huit mois du scrutin provincial, Doug Ford sort de sa tanière et relance les travaux à Queen's Park avec une nouvelle session parlementaire. Le tout commence par un discours du Trône, une occasion pour les progressistes-conservateurs de faire le point sur la pandémie et les efforts déployés pour la traverser.

Au début septembre, le gouvernement Ford annonçait la prorogation de la législature ontarienne, qu’il justifiait par l’incertitude engendrée par la campagne électorale fédérale. Ne sachant pas qui remporterait les élections, les progressistes-conservateurs décidaient de prolonger leur pause estivale.

Les partis d’opposition avaient tous dénoncé ce report des travaux parlementaires, le qualifiant de « stratégique » et « partisan ». Doug Ford voulait surtout éviter de s'immiscer dans la campagne électorale fédérale et de nuire aux chances des troupes d’Erin O’Toole.

Doug Ford a dévoilé les plans de revitalisation de la Place de l'Ontario lors d'un point de presse le 30 juin. Il parle devant un lutrin, à côté du maire de Toronto.

Doug Ford n'a fait que de très rares apparitions au cours de l'été pour répondre aux questions des journalistes.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Ce hiatus maintenant terminé, le gouvernement est prêt à présenter ses priorités pour le reste du calendrier législatif. Le discours du Trône devrait aussi préparer le terrain à l’approche des élections provinciales de 2022.

Inévitablement, la pandémie sera un des thèmes centraux du discours prononcé lundi, indique la politologue à l’Université Western Cristine de Clercy. Je crois que M. Ford va utiliser le discours du Trône pour communiquer aux Ontariens le portrait de la situation sanitaire actuelle et de la démarche pour laisser la COVID-19 derrière nous, explique la politologue. Mme de Clercy s’attend aussi à ce qu’il soit question de relance et de prospérité économique, un thème cher aux progressistes-conservateurs.

M. Ford en profitera pour jeter les bases politiques et stratégiques afin de préparer son parti pour la victoire en juin prochain, lorsqu’il devra se rendre aux urnes.

Une citation de :Cristine de Clercy, politologue, Université Western

Le discours du Trône pourrait aussi contenir des engagements plus profonds en matière de soins de longue durée, puisqu’il s’agit d’un des points faibles du gouvernement Ford, selon Mme de Clercy. D'ailleurs, il ne serait pas étonnant que les partis d’opposition exploitent cette faille à l’approche des élections en soulignant à gros traits les erreurs commises dans les foyers, particulièrement au début de la pandémie.

Dans l'opposition, les partis espèrent que la nouvelle session sera accompagnée de dépenses substantielles.

J’espère que le discours du Trône sera un virage à 180 degrés pour Doug Ford.

Une citation de :Andrea Horwath, chef de l’opposition officielle

La chef néo-démocrate Andrea Horwath aimerait notamment que le premier ministre bonifie son soutien aux petites entreprises, encore affaiblies en raison de la pandémie. Chez les libéraux, on souhaite que le discours fasse mention des négociations avec Ottawa sur le financement des services de garde. L’Ontario est l'une des seules provinces qui n’a toujours pas conclu d’entente avec Justin Trudeau pour l’implantation d’un programme fédéral de garderies.

Andrea Horwath en conférence de presse à l'Assemblée législative de l'Ontario.

Andrea Horwath pense que le gouvernement Ford aurait dû dépenser davantage en amont de la troisième vague de la pandémie.

Photo : Assemblée législative de l'Ontario

Jusqu'ici, le gouvernement est demeuré très secret quant à ses priorités. Vendredi, le ministre des Soins de longue durée est resté avare de commentaires sur le contenu du discours. Rod Phillips est demeuré très vague, affirmant qu’il ne voulait pas vendre la mèche avant que la lieutenante-gouverneure prononce le discours, lundi.

C’est l’occasion pour le gouvernement d’être clair sur ce qui est fait et de présenter notre programme législatif pour l’automne , a simplement indiqué le ministre.

Davantage de détails en novembre

Une source haut placée au sein du parti progressiste-conservateur prévient qu'il faudra attendre la mise à jour fiscale, le 15 novembre, avant de connaître les grandes orientations du gouvernement en prévision de l'élection de 2022. Le discours du Trône s'attardera surtout à la situation sanitaire actuelle.

Deux hommes portant un masque noir rentrent dans une salle.

Le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, accompagne le premier ministre Doug Ford pour dévoiler le budget de l’Ontario, le 24 mars à Queen's Park.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

L’énoncé économique de l’automne sera une bonne indication de la direction que nous prendrons, a affirmé la source. C’est là que vous verrez se dégager notre vision plus large, au-delà de la pandémie.

À ce chapitre, le premier ministre Ford tarde à réaliser certaines de ces promesses phares qui lui avaient permis de séduire l’électorat en 2018. Doug Ford avait notamment fait miroiter une réduction des tarifs d’électricité de 12 %, une promesse qui ne s’est toujours pas concrétisée. Même chose pour les baisses d’impôt pour la classe moyenne promises lors de la dernière campagne électorale.

Le discours du Trône ne devrait pas en faire mention, mais rien n’indique encore que Doug Ford a déjà abandonné ces promesses qui ne se sont pas encore matérialisées.

Assistance réduite

Encore cet automne, le gouvernement ne permettra pas à tous ses députés de siéger simultanément à l’Assemblée législative. Ils ont plutôt été divisés en cohortes, ce qui permet une meilleure distanciation physique et réduit le risque de transmission.

Doug Ford annonce un plan de déconfinement en trois étapes lors d'un point de presse à Queen's Park le 20 mai dernier. Il passe sa main sur ses cheveux et porte un masque.

Doug Ford a annoncé un plan de déconfinement en trois étapes lors d'un point de presse à Queen's Park, le 20 mai dernier.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Les mêmes règles qu’au printemps dernier demeureront, notamment avec les votes dans les aires communes de l'édifice de l’Assemblée plutôt qu’en Chambre.

Une nouveauté sera cependant en vigueur : les députés et le personnel devront présenter une preuve de vaccination ou un résultat négatif à un test de dépistage afin d’accéder à Queen’s Park.

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