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Les salles autorisées à se remplir, mais le public sera-t-il au rendez-vous?

La crainte de ne pas parvenir à remplir les lieux culturels se fait sentir chez certaines organisations.

Des personnes masquées sont assises dans un théâtre.

Après plus d'un an et demi de pandémie, les salles de spectacle et les cinémas vont pouvoir à nouveau être pleins.

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Radio-Canada

Vendredi, les cinémas et les salles de spectacle où les places sont assignées pourront revenir à leur pleine capacité, a annoncé jeudi le gouvernement Legault. Cette décision attendue depuis longtemps constitue un pas supplémentaire vers un retour à la normalité pour une partie du milieu culturel, mais les festivals et les salles de spectacle accueillant des gens debout sont déçus.

Ça fait des mois que le milieu culturel nous démontre qu’il est capable de gérer une pandémie, de nous offrir des spectacles de qualité avec des normes sanitaires, et qu’il est capable de les faire respecter. Il n’y a pas eu non plus d’éclosion majeure dans nos salles de spectacle ou de cinéma, a expliqué Nathalie Roy, ministre de la Culture et des Communications, en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.

Cette bonne nouvelle a constitué une surprise pour Catherine Voyer-Léger, directrice du Conseil québécois du théâtre (CQT). On n’imaginait pas un retour à des jauges complètes avant l’hiver, a-t-elle dit. On s’en va vers la normalité.

On arrive proche de la fin.

Une citation de :Julie-Anne Richard, directrice générale de l’Association professionnelle des diffuseurs de spectacles - RIDEAU

Pour les cinémas, cet assouplissement arrive à point nommé, car plusieurs films d’envergure, comme le dernier James Bond, Mourir peut attendre, ou Dune, sortiront ce mois-ci.

L’annonce de jeudi laisse présager une embellie après les 18 derniers mois qui ont été longs et pénibles, a affirmé Éric Bouchard, coprésident de l’Association des propriétaires de cinémas du Québec (APCQ). La programmation est riche en octobre, on espère poursuivre sur cet élan, parce qu’on est fatigués.

Les ensembles musicaux se félicitent

Jeudi, le gouvernement a également apporté des précisions quant à la pratique musicale amateur, étant donné que les orchestres et les harmonies étaient plongés dans l’incertitude depuis le début de la pandémie.

Le chef d'orchestre Jacques Lacombe et l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) au Festival de Lanaudière, à Joliette, sur la scène de l'Amphithéâtre Fernand-Lindsay.

En raison de la pandémie de COVID-19, les musiciens ont dû mettre beaucoup plus de distance qu'à l'habitude entre eux, afin de respecter les règles sanitaires en place (archives).

Photo : Radio-Canada / Agence BigJaw/Annie Bigras

À partir de vendredi, ces ensembles musicaux pourront réunir jusqu’à 100 personnes pour des répétitions, à condition de respecter une distance minimale de 2 mètres pour les instruments à vent et de 1,5 mètre pour les cordes.

C'est une grande nouvelle et on est très heureux d'avoir réussi à franchir un pas important pour que la plupart de nos groupes puissent reprendre, a réagi Josée Crête, présidente de la Fédération des harmonies et des orchestres symphoniques du Québec. Le seul hic est, pour certains groupes, le défi de pouvoir trouver un espace assez grand pour pouvoir répéter.

Pas de changement pour les festivals

Toutefois, l’annonce faite jeudi par le gouvernement du Québec a provoqué de la déception chez les festivals, qui ne pourront pas bénéficier des allégements prévus pour les salles de spectacle où les gens sont assis à des places assignées.

Il y a des grands oubliés, dont les grands festivals et les événements présentés en extérieur, a déploré Martin Roy, PDG du Regroupement des événements majeurs internationaux (RÉMI), en entrevue avec Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin.

Des spectateurs assistent à un spectacle.

Les organisateurs des Francos ont limité l’accès à 2500 personnes sur chaque site cette année.

Photo : Francos de Montréal / Victor Diaz Lamich

Le RÉMI ne comprend pas que les règles ne soient pas assouplies pour les festivals, alors que le festival de musique Governors Ball a accueilli 50 000 personnes par jour, le week-end dernier, à New York.

Au printemps, on misait sur la vaccination, ensuite on a misé sur le passeport vaccinal, mais là, on n’a plus d’horizon. Je te dirais qu’on a plus d’espoir, on ne sait pas quand on va s’occuper de nous, a déclaré Martin Roy.

Cette absence de changement de règles pour les festivals est vraiment une recommandation, une exigence de la santé publique, s’est justifiée Nathalie Roy. Je comprends qu’il y ait des frustrations à l’égard des grands festivals [...] Des mesures viendront en temps et lieu.

De leur côté, les salles de spectacle de type cabaret, où les membres du public n’arrivent pas avec des billets pour des places assignées, attendent de recevoir des précisions de la part du ministère de la Culture et des Communications.

Il ne semble pas que les annonces de jeudi vont s’appliquer aux salles de type cabaret, et on est très déçus, a réagi Michel Sabourin, porte-parole de l’Association des salles de spectacles indépendantes du Québec (ASSIQ) et président du Club Soda.

Pourtant, ces lieux culturels privés souffrent de l’impossibilité d'organiser des concerts devant des salles bien remplies. Les locations [de salles à des producteurs ou à des productrices de spectacles] se font rares, car tout le monde perd de l’argent en faisant des spectacles en ce moment, a-t-il ajouté.

Le port du masque obligatoire en tout temps

Le passeport vaccinal reste en vigueur. L’autorisation des salles à retrouver leur pleine capacité s’accompagnera de l’obligation, pour les spectateurs et les spectatrices, de porter un masque pendant tout le spectacle ou le film, sauf au moment de boire ou de manger du pop-corn, par exemple.

Les gens se sont habitués à porter un masque, alors on espère que ce ne sera pas un frein.

Une citation de :Éric Bouchard, coprésident de l’APCQ

Du côté des théâtres, certains appréhendent de recevoir des demandes de remboursement de billets émanant de personnes ne voulant pas porter un masque pendant plus d’une heure, alors que d’autres pensent que le port du masque en tout temps rassurera une clientèle inquiète pour sa sécurité sanitaire.

Le défi d'avoir des salles combles

Autre incertitude : le public remplira-t-il les salles de spectacle et les cinémas? Été qui s’est prolongé, perte d’habitude d’aller voir un spectacle ou un film, réservation de billets à la dernière minute… Les amateurs et amatrices de culture sont loin de s’être rués dans les salles de spectacle et les cinémas à la rentrée.

Des tables et des chaises d'une salle de spectacle ont été installées à deux mètres les unes des autres.

La façon de profiter d'événements culturels a changé à cause de la pandémie, ce qui pourrait faire que les salles ne seront pas nécessairement pleines (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les trois dernières semaines n’ont pas été bonnes, mais on pense qu’elles l’ont surtout été à cause de la température, a expliqué Éric Bouchard.

Les ventes ne sont pas tout à fait autant au rendez-vous qu’à pareille date au cours des années antérieures, a souligné Julie-Anne Richard. On lance un grand appel aujourd’hui aux gens du public : revenez nous voir, nos salles sont sécuritaires!

Selon le CQT, la moitié des théâtres estiment que les ventes de billets sont plutôt décevantes. Même ceux qui ont de meilleurs résultats, ce sont toujours des ventes à la dernière minute, la veille ou le jour même, a précisé Catherine Voyer-Léger. Cet automne, la très grande majorité des salles ne peuvent pas compter sur les abonnements, alors que c’est une base de sécurité pour elles normalement.

De plus, les budgets des productions théâtrales ont été calculés en fonction des jauges de 65 %, les mesures d’aide à la billetterie compensant le manque à gagner. Si cette différence n’est pas comblée par le public, car ce dernier n’est pas prêt à revenir, cela va être un problème, a déclaré Catherine Voyer-Léger, qui précise que le soutien gouvernemental s'achèvera à la mi-novembre.

On aurait aimé avoir un peu plus de prévisibilité et apprendre, jeudi, le retour de la jauge complète pour le mois de janvier.

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