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À quel point les tests rapides sont-ils efficaces?

Des tests sur une table.

Les tests rapides sont moins sensibles que d'autres, mais pourraient être utiles dans certains contextes.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

Alors que la quatrième vague fait toujours des ravages au Canada, certains voudraient voir s’élargir l’utilisation de tests rapides pour lutter contre la pandémie de COVID-19, mais à certaines conditions.

C’est le cas de la Dre Fatima Kakkar, spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques au CHU Sainte-Justine.

La Dre Kakkar explique que les tests de détection des acides nucléiques (souvent appelés PCR, d'après leur nom anglais polymerase chain reaction), peuvent détecter même des traces du virus. Mais les résultats ne sont souvent accessibles que dans un délai allant jusqu’à 48 heures.

Les tests rapides de détection des antigènes, eux, peuvent produire des résultats en 15 minutes, mais ne sont pas aussi sensibles que les tests de détection des acides nucléiques.

Selon la Dre Kakkar, les tests rapides peuvent avoir un taux de détection élevé – des résultats exacts plus de 80 % du temps – lorsqu’ils sont utilisés par des patients qui présentent des symptômes de la COVID-19 dans un milieu où il y a beaucoup de transmission communautaire.

Mais chez les personnes qui ne présentent pas de symptômes ou qui ont été infectées depuis peu, le taux de détection baisse de façon draconienne – à moins de 50 % –, ce qui peut donner lieu à beaucoup de faux négatifs.

Les tests rapides pourraient donc être utiles dans certains contextes, comme à l’école auprès d'élèves symptomatiques, en particulier lorsque d’autres virus circulent. Un résultat négatif à un test rapide pourrait alors éviter de renvoyer un enfant à la maison inutilement.

Ces tests seraient également utiles dans certains milieux de travail, lors de grands événements comme des mariages ou des joutes sportives, ou dans des communautés isolées, selon la Dre Kakkar. Mais pas dans le système de santé, par contre, où le risque de faux négatifs en présence de patients vulnérables serait trop élevé.

La Dre Kakkar prévient par ailleurs que ces tests ne peuvent se substituer à la vaccination, mais qu’ils représentent une mesure supplémentaire à considérer.

Accès difficile aux tests rapides

Or, se procurer des tests rapides au Canada peut être complexe à l’heure actuelle.

Certaines écoles en ont, certains lieux de travail en ont, énumère la Dre Kakkar. Mais dans les faits, ce n’est pas si simple pour quelqu'un d’aller en pharmacie pour obtenir un test rapide.

D’autres pays, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont rendu ces tests plus accessibles et parfois gratuits.

Ici, Santé Canada a approuvé peu de marques de tests, explique la Dre Kakkar, et ils coûtent entre 40 $ et 75 $. Des montants qui peuvent être prohibitifs, surtout pour des familles qui comptent plusieurs enfants.

David Juncker, professeur d’ingénierie biomédicale à l’Université McGill, note qu’en dehors de la Nouvelle-Écosse, les provinces se sont montrées réticentes à utiliser leurs stocks de tests rapides. Des réticences pour lesquelles il n’existe pas de raison scientifique valide, selon lui.

Bien que le Canada ait distribué ces tests en grandes quantités aux provinces depuis septembre 2020, le gouvernement fédéral n’a toujours pas de stratégie efficace en la matière, selon le professeur Juncker.

Les barrières réglementaires pour les manufacturiers sont élevées et mal avisées, soutient-il.

Ottawa a distribué plus de 40 millions de tests rapides (Nouvelle fenêtre) aux provinces en date du 2 septembre 2021. Celles-ci disent n’en avoir utilisé qu’un peu plus de 9 millions.

Santé Canada dit avoir autorisé plus de 50 types de tests et indique continuer d’évaluer d’autres options.

Avec les informations de Rachel Sanders, CBC

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