•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Mon quartier « mal aimé » d’Ascot : qu’en pensent les candidats?

Une résidente d'Ascot raconte sa vie sous l'écoute attentive de trois autres personnes du quartier.

Le quartier est très diversifié et présente un mélange culturel important.

Photo : Radio-Canada

J’habite depuis de nombreuses années le quartier d’Ascot de Sherbrooke : un endroit paisible, à proximité de la nature qui offre des panoramas magnifiques. Il y a tout près de chez moi, un grand parc avec des airs de jeu, le mont Bellevue et ses sentiers. Sa population métissée aux accents de la France, des Balkans, du Maghreb ou du Moyen-Orient nous rappelle que ma ville est une terre d’accueil. Pourtant, j’ai l’impression de vivre dans un secteur mal-aimé, voire snobé.

Qu’en pensent les candidats au poste de conseiller de ce district, Karine Godbout, Christian Bibeau et Geneviève La Roche? Je suis allé à leur rencontre et on a discuté des préjugés entretenus depuis longtemps et des espoirs qu’ils entretiennent pour l’avenir de notre quartier.

Les trois candidats sont unanimes sur le fait qu’il se fait du beau et du bon à Ascot. Ce n’est pas un quartier mal aimé, mais plutôt méconnu, tient à nuancer Christian Bibeau, qui a passé son enfance ici. Ascot, c’est l’enfant doué autour de la table, mais qui est plus discret que ses frères et sœurs. Quand on prend la peine de regarder ce qui se passe, on se rend compte que cet enfant-là est plein de ressources et de potentiel!

C’est un quartier qui a besoin d’amour, croit, pour sa part, la candidate de Sherbrooke Citoyen, Geneviève La  Roche. Ascot, pour moi, c’est le quartier le plus vivant, le plus diversifié qu’on a à Sherbrooke.

J’ai une réaction sensible quand on dit qu’Ascot est un quartier mal aimé, se désole la conseillère sortante, Karine Godbout. J’aurais plutôt tendance à dire: j’invite les gens à venir découvrir ce beau quartier sous toutes ses formes et dans toutes ses couleurs.

Un quartier à la croisée des chemins

Si Ascot est riche de sa diversité culturelle, il l’est beaucoup moins pour son offre commerciale. Avec l’ajout de plus de 2000 nouvelles adresses au carré Belvédère et l'expansion du quartier résidentiel en bordure de l’École internationale du Phare, la présence de commerces de proximité apparaît comme cruciale pour plusieurs.

Fait très rare, les trois candidats ont fait front commun avant même que la campagne ne se mette en branle. Ils s'opposent à l’implantation d’une épicerie grande surface en bordure de l’autoroute 410, plutôt qu’au cœur du quartier, comme le souhaitent les citoyens.

Ce marché d’alimentation, ils le voient sur la rue Belvédère entre Sara et Thibault où seront bientôt construits cinq bâtiments commerciaux qui pourraient, en plus d’une épicerie, accueillir une pharmacie, un restaurant et des bureaux.

Une conseillère municipale avec son vélo électrique dans un parc.

La conseillère sortante du district d'Ascot, Karine Godbout, est venue à ma rencontre au parc Belvédère en vélo électrique alors qu'une pluie froide d'automne tombait.

Photo : Radio-Canada / RÉJEAN BLAIS

Karine Godbout craint surtout la dévitalisation du secteur situé devant le parc Belvédère. C’est sur que l'alignement du développement commercial au cœur du quartier, c’est un défi qui est vraiment très important. Si dans deux semaines, on a une épicerie de 40 000 pieds carrés qui s’installe au coin de Bel-Horizon, il y aura un impact. Ce sera un générateur de déplacements. On va se retrouver avec un local d’un petit Metro vide, un local vide en avant qui était censé accueillir une épicerie.

Pour celui qui avait tenté de se faire élire sous la bannière de Québec solidaire il y a une dizaine d’années, Christian Bibeau, Ascot à toutes les qualités pour se développer dans un esprit de proximité. Des grands centres commerciaux et des Walmart, la cour est pleine. Ascot, dans sa structure et sa géographie, a tout pour développer un esprit de corps avec sa boulangerie, son comptoir de boucherie, sa petite épicerie de quartier. On a donné dans les stations-service les Tim Hortons. Ascot peut faire autre chose.

Un candidat au poste de conseiller dans un parc de Sherbrooke.

J'ai rencontré le candidat, Christian Bibeau, au parc Belvédère, situé dans le secteur où il a passé son enfance.

Photo : Radio-Canada / RÉJEAN BLAIS

Geneviève La  Roche est du même avis que son rival et souhaite aussi qu’il y ait plus de commerces de proximité dans Ascot. Au-delà de l’épicerie, c’est ce genre de commerces-là qu’on veut attirer. Qu’on ne soit pas obligé de quitter le quartier à chaque fois qu’on veut s’acheter quelques vêtements, prendre un petit café. Avec la diversité culturelle du quartier, avoir un restaurant qui représente cette diversité-là, il me semble que ça donnerait de la vie.

Un milieu naturel à préserver

L’avenir du boisé Ascot-Lennox, une forêt d’environ 300 hectares qui est dans la mire de promoteurs immobiliers, apparaît comme un autre dossier majeur. Visiblement, les trois conseillers souhaitent préserver ce secteur utilisé par bon nombre de citoyens.

Je le fréquente beaucoup ce bois-là depuis 10 ans avec les enfants, l’été, l’hiver, souligne Karine Godbout. On y voit toutes sortes d’affaires: des chevreuils albinos, des chouettes.

Ce secteur, convoité comme bien d’autres, est sous la loupe des experts en environnement de la Ville de Sherbrooke. La conseillère sortante croit qu’une partie importante de la forêt Ascot-Lennox sera préservée, mais estime qu’il est illusoire de croire que la Ville pourra acquérir tous ces terrains. On est en train de faire le plan nature à la Ville de Sherbrooke et d’identifier nos milieux humides, hydriques et nos forêts à forte valeur écologique.

Le développement de cette forêt doit se faire autour du projet d’une nouvelle école primaire qui sera construite dans le quartier dans les prochaines années, croit Christian Bibeau. On peut faire d’une pierre deux coups. D’abord, la proximité [pour l’école] et ensuite, on protège un milieu naturel en utilisant les leviers que nous procure l’école.

La candidate Geneviève La Roche devant le Café Nordik.

La candidate Geneviève La Roche, rencontrée au Café Nordik de la rue Belvédère. C'est un commerce de proximité qui s'inscrit dans la vision qu'elle a du quartier d'Ascot.

Photo : Radio-Canada / RÉJEAN BLAIS

Sa rivale, Geneviève La Roche, est du même avis quant à l’importance d’implanter l’école à cet endroit. Même que si elle a fait le saut en politique, c’est à cause de l’avenir menacé de ce boisé. Elle est au nombre des résidents qui ont fondé l’Association citoyenne pour la protection et la valorisation du Boisé Ascot-Lennox. Celle qui emprunte les sentiers improvisés développés au fil des ans, croit qu’il y a urgence d’agir et qu’il faut en faire un parc régional. Ce boisé-là, il y a de grandes parties qui sont loties. C’est du développement qui s’en vient là dans les dix prochaines années. Pour moi, c’est un dossier prioritaire dont il faut s’occuper maintenant.

Les trois candidats sont d’accord sur un même point : des sentiers pour la marche et le vélo et un lien vers Lennoxville doivent y être aménagés.

Les trois candidats sont visiblement amoureux de leur secteur de vie. Karine Godbout, originaire de Stoke, a appris à apprécier sa richesse en côtoyant les gens de son voisinage en promenant ses jumeaux. Christian Bibeau se rappelle des légendes urbaines autour du boisé Ascot, le terrain de jeux de son enfance et de la présence du repaire des Hells Angels au pied de la forêt à Lennoxville qui alimentait toutes sortes d’histoires dans l’imaginaire des enfants. Geneviève La Roche, qui y vit depuis six ans avec sa famille, se souvient de son adolescence sur la rue Craig et du temps passé au centre Multi-loisirs, autrefois appelé le centre communautaire Sainte-Jeanne-d’Arc.

Chacun des candidats a 1001 idées pour faire de ce district un milieu de vie en harmonie avec les valeurs du 21ie siècle. Les défis sont grands et les orientations qui seront prises façonneront la vie du secteur pour de longues années. Ascot est plus que jamais face à son avenir.

Les élections municipales auront lieu le 7 novembre prochain.

Affiche invitant les lecteurs à écrire à Réjean Blais.

Écrivez vos préoccupations sur l'avenir de votre quartier à Réjean Blais.

Photo : Radio-Canada

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !