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Un parti politique municipal de Québec compare l’islam à un cancer

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Cinq candidats et trois candidates convoitent la mairie de Québec aux prochaines élections.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

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Un citoyen de Québec a porté plainte auprès du président d’élection pour des propos « haineux » dans le programme d’un parti politique municipal. L'Alliance citoyenne de Québec compare l’islam à « un cancer qui grandit lentement à l’intérieur de la société québécoise ».

L’islam est une idéologie et un programme politique, social et culturel qui veut déterminer tous les aspects de la vie. L’islam est contraire aux valeurs québécoises fondamentales, peut-on lire sur le site Internet du parti.

Dans un courriel acheminé au président d’élection de la Ville de Québec et dont Radio-Canada a obtenu copie, le plaignant parle de propos à connotation haineuse à l'égard de la communauté islamique de Québec.

« Nous voyons une nature haineuse évidente en ces propos dans l'optique où ils tendent à inférioriser, à déshumaniser les individus ciblés : la communauté islamique de Québec. »

— Une citation de  Extrait de la plainte

Le parti compare l’islam à un cancer, et nous pouvons rapidement comprendre le propos sous-jacent relatif à une non-désirabilité de cette communauté au sein de la ville de Québec, ajoute le plaignant.

Il qualifie les propos du parti de problématiques et demande au président d’élection de prendre les mesures adéquates à l'égard du parti municipal diffusant de tels propos dans l'espace public.

L’Alliance citoyenne de Québec précise, dans son programme, qu’elle ne présentera personne comme candidat qui favorise l’islamisation de la ville de Québec et s’engage à mettre en place une administration municipale qui fera de son mieux pour contrer l’islamisation de la ville de Québec.

Ajoutée récemment au programme

Joint au téléphone, Alain Giasson, le chef de l'Alliance citoyenne de Québec, qui se présente au poste de maire, mentionne que la section islamisation a été ajoutée au programme il y a quelques semaines.

Le candidat à la mairie explique que l’élément déclencheur de cette initiative a été l’annonce de la candidature du cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, comme conseiller municipal.

« Le programme et la section sur l’islamisation, je l’assume à 100 %. Je ne suis pas surpris que ça fasse réagir, je m’y attendais. »

— Une citation de  Alain Giasson, chef de l'Alliance citoyenne de Québec et candidat à la mairie

Boufeldja Benabdallah ne s’en cache pas : il veut faire l’islamisation de la ville de Québec, affirme M. Giasson.

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Boufeldja Benabdallah, cofondateur du Centre culturel islamique de Québec et candidat dans le district du Cap-aux-Diamants

Photo : Radio-Canada

Le chef de l'Alliance citoyenne de Québec tient toutefois à préciser qu’il n’est pas question d’immigration, de criminalité, de terrorisme et d’islam radical dans sa dénonciation, mais plutôt d’islamisation subtile et profonde de la société.

« La ville de Québec vit présentement une lente, graduelle et insidieuse islamisation. »

— Une citation de  Alain Giasson, chef de l'Alliance citoyenne de Québec et candidat à la mairie

À la mosquée, il y a une porte pour les hommes et une porte pour les femmes; c’est standard pour eux. Imaginez si on avait une porte pour les Noirs et une porte pour les Blancs, illustre Alain Giasson.

Benabdallah réclame des excuses

Le principal intéressé, Boufeldja Benabdallah, parle d'une analogie qui montre une distorsion. Il invite le chef du parti à faire des vérifications.

Il explique que cette séparation des salles de prières est acceptée chez les musulmans. Ils ne sont pas offusqués, dit-il, ce n'est pas une diminution d'un groupe par rapport à un autre. N'allons pas sur ce chemin, je pense que c'est inutile.

Par ailleurs, Boufeldja Benabdallah se demande sur quoi se base l'Alliance citoyenne de Québec pour affirmer qu'on assiste à une islamisation insidieuse à Québec, estimant que les gens du parti sont dans l'erreur et ne savent pas ce qu'ils disent.

« Je n'ai jamais fait de prosélytisme et je ne ferai jamais de prosélytisme. »

— Une citation de  Boufeldja Benabdallah, cofondateur du Centre culturel islamique de Québec et candidat dans le district du Cap-aux-Diamants

Je suis là depuis 52 ans. Quand est-ce que j'ai fait une démarche ou utiliser un vocabulaire qui inciterait les gens à la violence ou [...] pour convertir tout le monde à la religion musulmane comme il le prétend?

Boufeldja Benabdallah n'a pas l'intention de tourner le dos à sa religion, mais assure qu'il n'a pas le droit, que ce soit dans le cadre de cette campagne ou non, d'imposer son point de vue musulman pour convertir qui que ce soit.

Il tend la main au chef de l'Alliance citoyenne de Québec, Alain Giasson. Qu'il vienne, qu'il me rencontre, on va prendre un café, on va discuter, je vais lui expliquer, lance M. Benabdallah. Mais avant tout, il lui demande de s'excuser publiquement parce qu'il a dit des choses ignobles publiquement.

Le pouvoir limité d’Élections Québec

Interrogé à ce sujet, Élections Québec affirme ne pas pouvoir intervenir même si une telle situation lui est rapportée.

Le contenu des programmes des partis ou les propos tenus par ces derniers ne sont pas encadrés par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités et c’est au regard de cette loi qu’Élections Québec a compétence pour intervenir, au palier municipal, en tant que poursuivant public, précise un porte-parole par courriel.

De 13 à 5 candidats

Aux dernières élections municipales, en 2017, 13 candidats portaient les couleurs de l'Alliance citoyenne de Québec, alors que cette année, ils seront 5.

Daniel Brisson s’était présenté à la mairie en 2017 et avait obtenu 0,61 % des votes. Même s’il est toujours impliqué auprès du parti, M. Brisson ne se présente pas cette année. Plus récemment, il a porté les couleurs du Parti populaire du Canada (PPC) dans la circonscription de Québec.

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Daniel Brisson, ex-candidat à la mairie de Québec pour l’Alliance citoyenne de Québec

Photo : Radio-Canada / Guillaume Piedboeuf

Le chef de l’Alliance citoyenne de Québec, Alain Giasson, avait obtenu 1,25 % des suffrages il y a quatre ans lorsqu’il s’était présenté comme conseiller dans Limoilou.

Cette année, il se présente comme maire de Québec et son parti propose des candidats dans quatre districts : Saint-Roch–Saint-Sauveur, Maizerets-Lairet, Saint-Louis–Sillery et Val-Bélair.

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