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La pandémie interfère avec la lutte contre le VPH

Une infirmière vaccine une jeune fille dans le bras.

La pandémie de COVID-19 chamboule les campagnes de vaccination dans les écoles.

Photo : Getty Images

La Presse canadienne

La pandémie de COVID-19 interfère avec la lutte contre le virus du papillome humain (VPH), notamment en chamboulant les campagnes de vaccination dans les écoles et en compliquant encore davantage l'accès des femmes au dépistage des cancers qui peuvent en résulter.

C'est le cri d'alarme que lancent des experts à l'occasion de la cinquième Semaine annuelle de prévention du virus du papillome humain, qui se déroulera du 3 au 8 octobre.

Le virus du papillome humain est la cause de la plupart des verrues génitales et de la majorité des cas de cancer du col de l'utérus. Il peut aussi mener au cancer de l'anus, aux cancers de la vulve et du vagin, au cancer du pénis ainsi qu'aux cancers de la bouche et de la gorge. On estime que trois Canadiens sexuellement actifs sur quatre contracteront une infection par le virus du papillome humain au cours de leur vie.

Si les responsables de la santé publique du Québec semblent avoir été en mesure de retomber sur leurs pattes assez rapidement pour assurer la poursuite de la campagne de vaccination dans les écoles, la pandémie a rendu encore plus complexe l'accès des femmes à un médecin de famille, et donc aux tests de dépistage nécessaires, déplore la gynécologue Céline Bouchard.

On a un retard dans les taux de dépistage, dans les cytologies faites en laboratoire, énorme depuis un an, a-t-elle dit.

« On ne reprend pas notre retard. Donc, c'est certain qu'il y a des lésions précancéreuses qui ne sont pas détectées et probablement des cancers aussi. »

— Une citation de  La Dre Céline Bouchard, gynécologue

Donc, c'est sûr que la pandémie va avoir un effet sur la santé à long terme de la femme,

Si le lien entre le virus du papillome humain et différents cancers chez la femme commence à être bien connu de la population, on sait moins que le virus peut aussi causer divers cancers chez l'homme, comme ceux du pénis, de l'anus et de la gorge.

Le cancer de la gorge chez l'homme est rendu à des taux quasiment épidémiques aux États-Unis et ça s'en vient chez nous, a dit la Dre Bouchard. Le cancer de la gorge chez les hommes, secondaire au VPH, est au même niveau que le cancer du col chez la femme.

D'où l'importance, poursuit-elle, d'assurer la vaccination des enfants, puisque le vaccin réduit de 90 % le risque de souffrir d'un cancer.

Ce n'est pas juste une question de femmes, c'est une question des deux sexes, a-t-elle souligné.

Et contrairement aux cancers qui touchent les femmes, on ne dispose pour le moment d'aucun test pour dépister le cancer de la gorge chez l'homme.

« C'est le virus dominant, maintenant, dans le cancer de la gorge. Autrefois on disait : "C'est l'alcool et la cigarette." Et maintenant, c'est le VPH. »

— Une citation de  La Dre Céline Bouchard, gynécologue

La vaccination contre le virus du papillome humain aura donc pour effet de protéger tout le couple. Mais le contexte actuel, dans lequel le mouvement anti-vaccination est extrêmement visible, ne facilite en rien la tâche de ceux qui doivent convaincre les récalcitrants, admet-elle.

Pour le moment, même si les tests de dépistage existent, de nombreuses femmes peinent à y avoir accès, en raison de la pénurie chronique et bien connue de médecins de famille au Québec.

Au départ des médecins vieillissants s'ajoute maintenant celui des médecins épuisés par la pandémie, dit la Dre Bouchard, qui réclame l'ouverture de cliniques de dépistage auxquelles la population pourrait avoir accès facilement.

Il va falloir faire quelque chose, a-t-elle prévenu.

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