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Les signatures biologiques de différents types de douleur identifiées

Un homme se tient le dos.

Pas moins de 8 millions de Canadiens souffrent de douleurs chroniques.

Photo : iStock

Les biomarqueurs de différents types de douleur ont été cartographiés par des scientifiques suisses qui espèrent que leur percée permettra de mieux soulager les personnes qui souffrent de douleurs chroniques.

Maintenant que ces signatures épigénétiques sont clairement définies, une simple prise de sang permettra d’effectuer une recherche sur ces biomarqueurs, afin de définir de quel type de douleur souffre la personne, et prescrire le traitement approprié, explique le Dr Bertrand Léger de la Clinique romande de réadaptation.

Ainsi, le traitement ne sera plus consacré aux symptômes, mais bien à la racine du mal, ajoute le scientifique dont le détail des travaux est publié dans la revue Pain (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable qui se vit différemment d’une personne à l’autre. Bien la définir est souvent une tâche ardue pour les médecins qui doivent baser leurs diagnostics sur des critères subjectifs comme le degré d’intensité ressenti par les patients.

Au Canada, près de 8 millions de personnes vivent avec des douleurs chroniques. Santé Canada estime que le coût économique total de la douleur chronique sur l’économie du pays serait d‘environ 40 milliards de dollars annuellement.

Des critères plus objectifs

Le Dr Léger et ses collègues se sont associés à des chercheurs de l’Université de Genève (UNIGE) pour mettre au point leur moyen rapide et fiable de catégoriser la douleur d’un patient.

Pour y arriver, les scientifiques des deux institutions suisses ont mené une analyse épigénomique complète de 57 patients afin de trouver les signatures épigénétiques propres à chaque forme de douleur.

Il faut savoir qu’il existe deux grandes catégories de douleurs chroniques :

  • Les douleurs nociceptives. Il s’agit d’un signal envoyé au cerveau à la suite à une lésion ou une inflammation des tissus ou un traumatisme (muscles, articulations). Cette douleur est habituellement provoquée par une coupure, une brûlure, ou un traumatisme.
  • Les douleurs neuropathiques. Elles sont causées par une atteinte du système nerveux (central ou périphérique), c’est-à-dire touchant le cerveau, la moelle épinière ou les nerfs. Des exemples : zona, disque fracturé dans la colonne vertébrale ou pression sur un nerf du poignet.

Dans le groupe de participants à l’étude, 20 ne ressentaient aucune douleur, 18 souffraient de douleurs nociceptives et 19 de douleurs neuropathiques.

L’objectif était de partir sans hypothèse préalable, afin de sonder le génome dans son ensemble et d’identifier tous les biomarqueurs impliqués dans la douleur, explique dans un communiqué la Pre Ariane Giacobino, de la Faculté de médecine de l’UNIGE.

Des signatures claires

Les scientifiques ont réussi à identifier très clairement les signatures épigénétiques qui signalent la douleur. Encore mieux, les signatures des douleurs nociceptives et neuropathiques ne présentent aucun chevauchement.

Cette absence totale de similitudes entre les deux catégories de douleur est très étonnante, car intuitivement, nous pourrions penser que la difficulté à définir sa douleur provient d’une similarité dans la signature épigénétique, ce qui n’est en réalité absolument pas le cas, ajoute Ariane Giacobino.

  • Les biomarqueurs associés aux douleurs nociceptives sont les gènes du système opioïde et de l’inflammation impliqués dans l’émotion, la récompense et la douleur.
  • Les biomarqueurs des douleurs neuropathiques sont liés uniquement aux gènes du système GABA, soit les neurotransmetteurs du système nerveux central.

Les chercheurs pensent qu’il pourrait même être possible de suivre la réversion de la douleur en observant, du point de vue épigénétique, si les biomarqueurs reviennent à la normale après le traitement et l’adapter en conséquence, conclut la Dre Giacobino.

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