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COVID-19 : stabilité en Ontario et au Québec, semaine difficile dans l’Ouest

Une infirmière mets des gants.

Les hôpitaux de l'Alberta débordent presque, en raison de personnes infectées par la COVID-19.

Photo : (AHS)

Les cas de COVID-19 semblent se stabiliser en Ontario et au Québec, alors que l’Alberta et la Saskatchewan ont connu une autre semaine difficile. Les deux provinces ont fracassé des records d’hospitalisations, mettant leurs systèmes de santé au bord du gouffre.

Plus de 30 000 Canadiens ont été infectés au cours de la dernière semaine, dont plus de 11 000 Albertains, 5100 Britanno-Colombiens, 4300 Québécois, 4100 Ontariens et 3400 Saskatchewanais.

En ce moment, 45 % des cas actifs sont en Alberta, 15 % en Colombie-Britannique, 13 % au Québec, 11 % en Ontario et 11 % en Saskatchewan.

Lorsqu’on compare en fonction de la population de chaque province et territoire, l’Alberta, la Saskatchewan et les Territoires-du-Nord-Ouest ont des taux de cas actifs environ 10 fois plus élevés que l’Ontario et six fois plus élevés que le Québec.

Si le Québec a longtemps été la province comptant le plus de cas cumulatifs pour 100 000 habitants, l’Alberta et la Saskatchewan sont désormais au sommet de ce triste palmarès.

Alberta

Avec plus de 1500 cas en moyenne par jour depuis la mi-septembre, l’Alberta n’a pas encore battu de record pour ce qui est des infections, mais a établi un record d'hospitalisations cette semaine. Mercredi, 1100 Albertains étaient hospitalisés (la plupart non vaccinés), soit près de 200 de plus qu’au sommet des autres vagues dans la province.

Cette semaine, en moyenne, il y avait plus de 250 Albertains aux soins intensifs en raison de la COVID-19. Rappelons que l’Alberta compte 173 lits de soins intensifs et 197 lits d'appoint ajoutés pour endiguer cette nouvelle vague. La situation est si critique que l'Association médicale canadienne demande des confinements ciblés en Alberta et en Saskatchewan pour protéger leurs systèmes de santé qui s’écroulent.

Du 20 au 27 septembre, le taux de décès en Alberta (2,3 décès pour 100 000) était trois fois plus élevé que la moyenne nationale (0,7 décès pour 100 000). Celui de la Saskatchewan est de 2,6 pour 100 000 habitants.

Depuis le début du mois de septembre, parmi les 993 Canadiens morts de la COVID-19, 356 sont Albertains.

Malgré la croissance fulgurante des infections, le gouvernement albertain a affirmé cette semaine ne pas avoir besoin d’aide « immédiate » des Forces armées canadiennes (FAC), bien qu’Ottawa ait accepté d’envoyer des renforts.

Le Syndicat des infirmières unies de l’Alberta a répliqué que son personnel a besoin de toute l’aide disponible. Le premier ministre de la province a par ailleurs rejeté l'appel à l’imposition de mesures de restrictions sévères, affirmant que ces interventions puniraient les personnes vaccinées.

Saskatchewan

Cette semaine, la province rapportait en moyenne 470 infections par jour, dont le cinquième concerne des enfants de moins de 12 ans. En comparaison, elle n’avait jamais connu plus de 357 infections en une seule journée. Jeudi, elle a battu un nouveau record avec 601 cas.

Le nombre d’hospitalisations a dépassé 300, dont près de 70 personnes aux soins intensifs (au plus fort de la pandémie, il y avait 224 hospitalisations et 52 personnes aux soins intensifs).

Selon la Saskatchewan Health Authority (SHA), le nombre total d'hospitalisations et d'admissions aux soins intensifs en raison de la COVID-19 a presque triplé au cours du dernier mois. L’agence précise que les adultes non vaccinés atteints de la maladie qui sont admis dans les unités de soins intensifs reçoivent des soins en moyenne deux fois et demie plus longtemps que les patients vaccinés.

Avec plus de 4770 Saskatchewanais présentement malades, la province arrive au troisième rang au pays quant au taux d’infections actives, après l’Alberta et les Territoires-du-Nord-Ouest.

Selon le médecin hygiéniste en chef, la situation pourrait bientôt devenir intenable et il craint un automne et un hiver de misère en Saskatchewan. Il a averti que les rassemblements pour Noël pourraient être interdits si la situation ne s’améliore pas.

Comme l'Alberta, la Saskatchewan n'a pas encore demandé l’aide d’Ottawa pour faire face au nombre croissant d’infections, mais impose depuis vendredi un système de preuve de vaccination.

Qu'est-ce qui explique cette vague dans ces deux provinces? Un assouplissement trop précoce des mesures et des taux de vaccination peu élevés ont permis au variant Delta de s'installer. Rappelons que les Albertains et les Saskatchewanais sont beaucoup moins vaccinés que les habitants du reste du pays.

En conférence de presse mardi, Jason Kenney a d'ailleurs affirmé que la COVID-19 se propageait plus rapidement dans les zones rurales de l'Alberta, où le taux de vaccination est faible.

Atlantique

Ailleurs au pays, le Nouveau-Brunswick bat aussi des records, avec 99 nouvelles infections jeudi. Lors des précédentes vagues, la province n’avait jamais recensé plus de 36 nouvelles infections quotidiennes. Plus de 670 personnes au Nouveau-Brunswick sont actuellement infectées et environ 40 sont hospitalisées, dont une quinzaine aux soins intensifs.

Stabilité fragile en Ontario et au Québec

En Ontario et au Québec, près de 11 000 personnes sont présentement infectées, soit la moitié des cas actifs de l'Alberta. Après avoir connu une hausse des cas depuis le mois d’août, le Québec et l’Ontario semblent avoir atteint un plateau. Les hauts taux de vaccination, combinés avec un relâchement prudent des mesures sanitaires, auraient contribué à stabiliser le nombre de nouvelles infections.

Par contre, au Québec, le nombre d’hospitalisations est deux fois plus élevé qu’au début du mois de septembre (138), mais c’est encore bien loin des sommets atteints lors des vagues précédentes.

Les experts avertissent que la situation est encore fragile et que de nouvelles hausses peuvent survenir puisque les gens commencent à faire plus d'activités intérieures au fur et à mesure que les températures baissent.

D’ailleurs, le Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec, a affirmé : Il est trop tôt pour crier victoire. On a vu ailleurs que, lorsqu’on se réjouissait trop vite, il pouvait y avoir des dérapages importants.

Et pourtant, le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé a annoncé jeudi que les salles de spectacle où les places sont assignées pourront être remplies au maximum de leur capacité à compter du 8 octobre. Les spectateurs devront porter le masque en tout temps et avoir une preuve vaccinale.

Ailleurs dans le monde

La suspension des vols directs commerciaux et privés de passagers en provenance du Maroc, en vigueur depuis le 29 août dernier, a été prolongée jusqu'au 29 octobre. Rappelons que le Maroc a connu une forte vague d’infections en juillet et en août, avec près de 10 000 cas par jour. Au moment où le Canada a suspendu les vols directs, le nombre de cas avait déjà commencé à diminuer dans ce pays. On compte désormais moins de 5000 nouveaux cas par jour au Maroc.

Selon Santé Canada, sur 1 180 986 cas analysés, 11 239 (1 %) étaient des personnes ayant voyagé à l’extérieur du pays et 9291 (0,8 %) étaient des personnes ayant eu un contact avec un voyageur. Plus de la moitié des infections ont eu lieu au Canada et le tiers d'entre elles ont une source inconnue.

Depuis la dernière semaine, on a recensé 3,2 millions d’infections dans le monde et plus de 52 000 décès, une baisse d’environ 10 % comparativement à la semaine précédente. Toutes les régions du monde connaissent une baisse, à l’exception de l’Europe, où les cas augmentent, notamment au Royaume-Uni (+30 000 cas par jour), en Ukraine (+10 000 cas par jour) et en Russie (+20 000 cas par jour).

Dans son rapport hebdomadaire, l’Organisation mondiale de la santé a noté que, malgré une tendance à la baisse des nouveaux cas et des décès, la situation épidémiologique globale ne s'est pas améliorée de manière significative depuis la hausse survenue à la mi-juillet 2021.

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