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L’économie canadienne s’est contractée de 0,1 % en juillet avant de rebondir en août

Une image de l'enseigne des bureaux de Statistique Canada, avec un soleil éblouissant.

Selon Statistique Canada, le PIB a reculé au pays en juillet, après une hausse en juin. Le PIB reste toutefois inférieur à celui enregistré avant la pandémie de COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Les consommateurs semblent avoir aidé l'économie canadienne à traverser les difficultés du mois de juillet, Statistique Canada ayant indiqué vendredi que le produit intérieur brut (PIB) avait diminué de 0,1 % au cours de ce mois, avant de rebondir en août.

La variation de juillet était meilleure que l'estimation initiale de l'agence fédérale, qui avait d'abord évoqué une contraction de 0,4 %, alors que le temps chaud, l'assouplissement des restrictions de santé publique et la baisse du nombre de cas de COVID-19 ont rempli les terrasses et permis aux Canadiens de voyager.

Le secteur des services d'hébergement et de restauration, qui a subi de plein fouet les mesures de santé publique restreignant les services en personne et les voyages, a bondi de 12,5 % en juillet, enregistrant ainsi un deuxième mois consécutif de croissance supérieure à 10 %.

Le transport aérien a pour sa part augmenté de 67,7 % en juillet, puisque les voyageurs entièrement vaccinés n'étaient plus tenus de se mettre en quarantaine à compter du 5 juillet.

L'augmentation des dépenses dans le secteur des services semble s'être poursuivie en août et en septembre d'après certains indicateurs précurseurs pour le mois qui vient de s'achever, a souligné l'économiste Sri Thanabalasingam, de la Banque TD.

Malgré tout, chaque secteur est encore bien en deçà d'où il se trouvait avant que la pandémie ne frappe. Le secteur des services d'hébergement et de restauration affichait en juillet un recul de 21,3 % par rapport à février 2020, tandis que le transport aérien était inférieur de près de 83 % à ses niveaux d'avant la pandémie.

C'est lorsque la croissance commencera à réduire l'écart avec son niveau prépandémique que nous pourrons commencer à la voir ralentir, a estimé M. Thanabalasingam lors d'une entrevue. Et puis en passant à l'automne et à l'hiver, nous allons probablement voir des risques, en particulier sous la forme de la quatrième vague et de températures plus fraîches, ce qui aura un impact sur les dépenses dans ces secteurs.

Rétrécissement attendu de l'écart avec février 2020

Statistique Canada a indiqué que l'activité économique totale en juillet était inférieure d'environ 2 % à ses niveaux de février 2020, un écart qui devrait avoir rétréci à 1 % en août en tenant compte de l'estimation initiale de l'agence, qui observe une augmentation préliminaire de 0,7 % du PIB pour le mois. Les données finales pour le PIB d'août seront dévoilées à la fin du mois d'octobre.

L'économiste Claire Fan, de la Banque Royale, a écrit que de nouvelles augmentations du PIB seraient plus difficiles à obtenir, en particulier au cours de l'année prochaine, car les inquiétudes liées à l'inflation remplaceront les inquiétudes au sujet de la croissance et que les banques centrales, dont la Banque du Canada, envisageront de relever leurs taux d'intérêt, qui sont actuellement à un très bas niveau.

Au Canada, la décision serait prise dans un contexte de nouvelles dépenses fédérales promises par les libéraux de Justin Trudeau pendant la campagne électorale.

Une analyse postélectorale de Rebekah Young, directrice des études économiques fiscales et provinciales de la Banque Scotia, a estimé que les 13 milliards de dollars en nouvelles dépenses promis par les libéraux pour l'exercice en cours et le suivant pourraient ajouter environ 0,2 point de pourcentage à la production, mais pourraient également forcer la banque centrale à relever ses taux plus tôt que prévu.

Selon Mme Young, une augmentation d'un demi-point de pourcentage du taux de financement à un jour freinerait temporairement l'activité économique d'environ 0,2 point de pourcentage du PIB, ce qui contrebalancerait le coup de pouce budgétaire.

La banque centrale a prévu une annonce de taux plus tard en octobre. L'économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, a noté que les indicateurs économiques publiés vendredi contribuaient à renforcer l'opinion voulant que la Banque du Canada amoindrisse davantage son programme d'achat d'obligations conçu pour faire diminuer les taux d'intérêt sur les prêts hypothécaires et les prêts aux entreprises.

Alors que la majorité des secteurs suivis par Statistique Canada ont augmenté en juillet, des baisses dans des secteurs comme ceux de l'agriculture, des services publics et de la fabrication ont plus que contrebalancé les gains.

La chaleur et la sécheresse dans l'Ouest ont réduit la production agricole, à l'exception de celle du cannabis, pour lui faire atteindre son plus bas niveau depuis novembre 2007. En outre, les températures plus fraîches dans le centre du Canada ont contribué à réduire les dépenses des services publics de 4,9 %. Dans le même temps, les difficultés persistantes de la chaîne d'approvisionnement ont fait reculer le secteur manufacturier de 1,1 % en juillet.

Le secteur de la construction a chuté de 0,9 %, ce qui, selon Statistique Canada, était attribuable à un troisième mois consécutif de baisse de l'activité de construction résidentielle, qui a atteint un niveau record en avril.

Cela dit, les marchés de l'habitation semblent reprendre du poil de la bête et ces secteurs pourraient accélérer de nouveau, surtout si les consommateurs finissent par passer plus de temps à la maison cet hiver, a observé l'économiste Royce Mendes, de la Banque CIBC.

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