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Hauteur de gratte-ciel : il faut « trouver des compromis », selon Denis Coderre

La question a été remise de l'avant jeudi soir lors d'un événement organisé par Les amis de la montagne.

Le centre-ville de Montréal vu du mont Royal.

Le centre-ville de Montréal vu du mont Royal.

Photo : Getty Images / Marc Bruxelle

Denis Coderre a peut-être abandonné l'idée de permettre l'édification d'immeubles plus hauts que le mont Royal, il n'en continue pas moins à plaider en faveur d'une densification « douce et intelligente » au centre-ville de Montréal. Il faut, selon lui, trouver un « équilibre » entre « le développement économique et environnemental ».

Même si le chef d'Ensemble Montréal a rangé au placard le 12 septembre dernier sa proposition de modifier la règle sacro-sainte voulant qu'aucun bâtiment montréalais ne puisse dépasser l'altitude du mont Royal, l'idée continue de coller à sa campagne.

C'est ainsi que Les amis de la montagne, qui organisaient jeudi soir des « échanges » avec les trois principaux candidats à la mairie de Montréal, ont voulu lui demander quelle était réellement sa position à long terme.

On s'entend, ça ne sera pas plus haut que le mont Royal, a répété le principal intéressé. Cela étant dit, je pense qu'on peut faire des [immeubles] signatures, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il serait souhaitable de trouver des compromis.

« On ne doit pas faire de développement économique au détriment du développement environnemental, mais on ne doit pas faire de développement environnemental [sans faire de développement économique]. Il faut aussi être pragmatique et s'assurer d'avoir un juste milieu entre les deux. »

— Une citation de  Denis Coderre, chef d'Ensemble Montréal

Invité par Radio-Canada à préciser sa pensée lors de la période des questions qui a suivi, Denis Coderre a certifié qu'il n'entendait pas par là que, sans changer le plan d'urbanisme de la Ville de Montréal, certains projets en hauteur pourraient sous son règne profiter de dérogations pour dépasser le mont Royal. Au contraire.

Le centre-ville est devenu une véritable terre de dérogations, a-t-il déploré, évoquant au passage le fait que l'école et les logements sociaux qui devaient voir le jour dans le cadre du projet immobilier développé sur le site de l'ancien Hôpital de Montréal pour enfants ne figurent plus dans les plans.

Je ne veux plus avoir un arrondissement où l'on gère par les dérogations, a-t-il dit. Ça n'a pas d'allure. On est capables de travailler avec des solutions gagnant-gagnant pour assurer la mixité.

À qui est-ce qu'on fait confiance?

Les adversaires de M. Coderre, eux, doutent visiblement de sa sincérité dans ce dossier.

La cheffe de Projet Montréal, Valérie Plante, qui avait convié la presse la semaine dernière en compagnie de l'architecte émérite Phyllis Lambert pour souligner « l'ambivalence » de son adversaire sur cette question, en a remis une couche jeudi soir.

Il n'est pas question de permettre à certains de pouvoir admirer des vues parce qu'eux ont les moyens ou qu'ils se retrouvent en haut d'une tour, a-t-elle affirmé.

Quant à son homologue de Mouvement Montréal Balarama Holness, qui bénéficie maintenant du soutien de Marc-Antoine Desjardins et de ses troupes, il a qualifié la volte-face de Denis Coderre sur la hauteur maximale des gratte-ciel de recul historique.

Maintenant, la question qu'on doit se poser, c'est : "À qui est-ce qu'on fait confiance?", a-t-il lancé. Sur cette question, le choix est clair, selon lui. C'est moi ou c'est la mairesse Plante, a déclaré M. Holness.

Le mont Royal reconnu par l'UNESCO?

Les trois candidats invités jeudi soir se sont par ailleurs engagés à relancer les démarches pour faire reconnaître le mont Royal au patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture.

Cette idée avait été lancée Denis Coderre vers la fin de son mandat, en 2017, et figure aujourd'hui dans la plateforme électorale d'Ensemble Montréal, qui a été présentée lundi.

De gauche à droite : Denis Coderre, Valérie Plante et Balarama Holness.

Les trois principaux candidats à la mairie de Montréal réunis sur une même scène : Denis Coderre, Valérie Plante et Balarama Holness.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Valérie Plante, Denis Coderre et Balarama Holness avaient été invités par Les amis de la montagne au pavillon du Lac-aux-Castors pour présenter leur vision des sujets touchant le mont Royal, jeudi soir. Il ne s'agissait toutefois pas d'un débat à proprement parler, puisque la formule ne prévoyait pas d'échanges entre les candidats.

Les trois chefs de parti avaient auparavant signifié leur appui aux Cinq priorités pour la montagne (Nouvelle fenêtre) déterminées par l'organisme de bienfaisance, qui souhaiterait notamment préserver les vues sur le mont Royal, restaurer le site de l'ancien hôpital Royal Victoria et assurer une cohabitation harmonieuse des usages.

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