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Meurtre chez Maxi : Randy Tshilumba devant la Cour d’appel

Dessin de cour représentant Randy Tshilumba répondant aux questions de son avocat devant le jury, à son procès au palais de justice de Montréal.

Randy Tshilumba lors de son procès au palais de justice de Montréal en 2017.

Photo : Radio-Canada / Courtoisie

Quatre ans après avoir été reconnu coupable du meurtre prémédité de Clémence Beaulieu-Patry, employée d'une épicerie Maxi à Montréal, Randy Tshilumba demande à la Cour d'appel d'être déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

L'homme qui était âgé de 19 ans au moment du crime croyait que ce qu'il faisait était bon lorsqu'il a poignardé à 14 reprises une ancienne connaissance de son école secondaire, a plaidé son avocate Julie Giroux, jeudi.

Le 10 avril 2016, cela faisait déjà plusieurs années que Randy Tshilumba se sentait persécuté par Clémence Beaulieu-Patry et ses amies, selon sa défense. Il était persuadé qu'elles voulaient le tuer. Il a affirmé s'être rendu chez Maxi pour faire la paix avec la victime de 20 ans, mais avoir soudainement craint qu'elle sorte un gun. Il l'aurait tuée pour se protéger et sauver les autres clients.

À ce moment, Randy Tshilumba ne distinguait pas le bien du mal, ont conclu deux psychiatres qui ont témoigné au procès.

Le Dr Louis Morissette estimait qu'il souffrait d'un trouble délirant, alors que la Dre France Proulx penchait vers une schizophrénie paranoïde.

La poursuite n'a pas fait entendre d'expert pour contredire ces diagnostics.

Or, les jurés ont quand même reconnu l'accusé coupable de meurtre prémédité, ce qui signifie qu'ils ont rejeté les témoignages des deux psychiatres.

C'est peu probable que la version de [Randy Tshilumba] ait été complètement écartée, alors qu'on a deux experts en matière psychiatrique non contredits, a estimé Me Giroux, qui a affirmé qu'il faut un motif raisonnable pour écarter les témoignages.

La défense de M. Tshilumba a soutenu que le verdict était déraisonnable et demandé à ce qu'il soit déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux ou qu'il ait droit à un nouveau procès.

Parmi les motifs d'appel, elle a aussi soulevé des erreurs dans les directives aux jurés.

Un verdict basé sur la preuve, selon la Couronne

C'est au jury à déterminer s'il veut suivre l'opinion des experts, a répliqué le procureur aux poursuites criminelles et pénales Robert Benoît.

Selon lui, les jurés avaient une base factuelle pour conclure que l'accusé distinguait le bien du mal lors du crime.

On a la fuite, le changement de vêtements, on se cache à un endroit, des recherches sur Internet pour savoir notamment comment se débarrasser de l'arme du crime, a souligné Me Benoît. Tous ces comportements, il pouvait y avoir une signification : ne pas se faire prendre par les autorités.

Le juge de la Cour d'appel Guy Cournoyer a aussi soulevé des doutes face aux arguments de l'avocate de M. Tshilumba. Un jury peut avoir rejeté entièrement les témoignages d'experts, ce qui n'en fait pas un verdict déraisonnable en soi, a-t-il mentionné.

Le fardeau est extrêmement exigeant pour en arriver à cette conclusion, selon lui.

Randy Tshilumba, 25 ans, purge une peine d'emprisonnement à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

La Cour d'appel a mis l'affaire en délibéré.

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