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Meurtre de la Londonienne Sarah Everard : un policier condamné à la prison à vie

Deux policiers devant un tribunal.

Wayne Couzens a été condamné jeudi à la prison à vie.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Agence France-Presse

L'affaire avait déclenché un flot de témoignages de femmes au Royaume-Uni sur leur insécurité : un policier de 48 ans a été condamné jeudi à la prison à perpétuité pour le viol et le meurtre de la Londonienne Sarah Everard en mars.

La peine infligée, la plus sévère prévue par le système pénal britannique, est à l'image de l'effroi provoqué par le sort de cette femme de 33 ans : menottée en pleine rue alors qu'elle rentrait à pied d'un dîner chez des amis au prétexte d'une infraction au confinement, elle avait été retrouvée brûlée dans un bois une semaine plus tard.

En annonçant à Wayne Couzens sa peine à la Cour criminelle de l'Old Bailey à Londres, le juge Adrian Fulford a souligné que le meurtre s'était produit dans des circonstances particulièrement brutales et avait touché une victime totalement irréprochable.

Il a déclaré que l'accusé, un homme marié et père de deux enfants, était parti chasser une femme seule pour la kidnapper et la violer et qu'il avait dû se rendre compte qu'il pourrait avoir besoin de la tuer.

Une personne condamnée à la peine prononcée – appelée whole life order – ne peut déposer de demandes de liberté conditionnelle à moins qu'il n'y ait des motifs humanitaires exceptionnels pour les justifier.

La juge a déclaré que le policier avait tenté de minimiser sa véritable responsabilité lors de son audition par la police.

Après avoir assuré aux enquêteurs avoir remis Sarah Everard vivante à trois hommes d'Europe de l'Est, Wayne Couzens avait reconnu sa responsabilité et plaidé coupable de l'enlèvement, du viol et du meurtre de la jeune responsable en marketing.

Le tueur rempli de haine de soi et de honte

L'avocat de M. Couzens, Jim Sturman, a expliqué jeudi que son client ne cherchait pas à trouver des excuses pour ce qu'il a fait et qu'il est rempli de haine de soi et de honte.

Mercredi, le procureur, Tom Little, a expliqué que M. Couzens avait montré sa carte professionnelle puis menotté la jeune femme, qui rentrait chez elle à pied après avoir quitté le domicile d'amis à Clapham, dans le sud de la capitale.

Après cette fausse arrestation, il l'avait violée et étranglée à l'aide de sa ceinture. Son corps avait été retrouvé brûlé sept jours après sa disparition dans un bois du Kent (sud-est de l'Angleterre), à quelques mètres d'un terrain appartenant à Wayne Couzens.

Des images de vidéo surveillance avaient permis aux enquêteurs d'identifier et d'arrêter le 9 mars le policier à son domicile de Deal, dans le Kent.

Je suis outrée qu'il ait joué sur le fait d'être un policier pour obtenir ce qu'il voulait, s'est indignée mercredi à l'audience la mère de la victime, Susan Everard, hantée par l'horreur.

Mon seul espoir est qu'elle était en état de choc et n'avait pas conscience des choses dégoûtantes que lui faisait subir un monstre, a déclaré sa sœur Katie avant de fondre en larmes.

Après ce meurtre, des milliers de femmes avaient confié sur les réseaux sociaux leur sentiment d'insécurité, appelant les responsables politiques à agir contre les violences faites aux femmes.

L'affaire est aussi embarrassante pour la Metropolitan Police, qui avait dispersé un rassemblement d'hommage et surtout qui est accusée d'avoir fermé les yeux sur les antécédents de son agent.

Ce dernier avait été impliqué dans des incidents d'exhibitionnisme, dont un quelques jours avant le meurtre de Sarah Everard, sur lesquels l'IOPC, la police des polices, enquête pour savoir si la police de Londres a répondu de manière appropriée.

Keir Starmer, chef du Parti travailliste et ancien directeur du parquet d'Angleterre et du Pays de Galles, s'est demandé dans une interview à la radio LBC comment M. Couzens avait pu passer entre les mailles du filet.

Je pense que beaucoup de femmes ressentent beaucoup de chagrin et de colère a dit à l'AFP Roxanne Tiffany, une étudiante de 20 ans qui se trouvait à l'extérieur de la Cour de l'Old Bailey jeudi, tenant une pancarte accusant la police de Londres d'avoir du sang sur les mains.

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