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L’armée prête à pallier la pénurie de chauffeurs de camions-citernes au Royaume-Uni

Un camion-citerne quitte une raffinerie au Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni fait face à une pénurie d'essence et à un manque de chauffeurs de camions-citernes. L'armée sera appelée en renfort en fournissant des conducteurs.

Photo : afp via getty images / PAUL ELLIS

Agence France-Presse

Le gouvernement britannique a mobilisé mercredi sa flotte de camions-citernes et prépare l'armée pour appuyer des chauffeurs routiers trop peu nombreux au Royaume-Uni et ainsi acheminer du carburant vers des stations-service prises d'assaut.

Malgré de premiers signes d'amélioration évoqués par les distributeurs et les autorités, les pompes à essence peinent à répondre à la ruée constatée depuis que des distributeurs ont évoqué, la semaine dernière, des problèmes d'approvisionnement dus au manque de conducteurs (jusqu'à 100 000 selon les professionnels).

Dans un coup de pouce au secteur, le gouvernement a approuvé formellement la mise à disposition de 150 chauffeurs de l'armée, et ceux-ci s'entraînent avant d'être déployés dans les prochains jours, a indiqué à des journalistes le ministre des Entreprises, Kwasi Kwarteng.

Il a ajouté sur Twitter que la flotte de camions-citernes du gouvernement sera sur les routes cet après-midi [mercredi] pour améliorer les livraisons d'essence aux stations-service dans tout le Royaume-Uni. Ces camions seront conduits par des civils, a-t-il précisé.

M. Kwarteng a soutenu voir des signes d'un début d'amélioration de la situation et a appelé les Britanniques au calme.

Nous voyons maintenant des signes que la situation aux pompes commence à s'améliorer, ont confirmé dans un communiqué commun Shell, BP et 12 autres entreprises ou fédérations du secteur.

Une pompe à essence dans une station-service avec l'inscription «plus d'essence».

De nombreuses stations-service britanniques sont à court d'essence.

Photo : afp via getty images / TOLGA AKMEN

Ils ont salué le déploiement des camions-citernes gouvernementaux et se sont dit confiants quant à une stabilisation de la situation dans les jours à venir.

La Petrol Retailers Association, qui représente 65 % des stations-service britanniques, a elle aussi constaté des signes encourageants que la crise aux pompes s'atténue, avec 27 % de ses stations à court de carburant mercredi, contre les deux tiers dimanche.

Mais son directeur exécutif, Gordon Balmer, a dénoncé comme totalement inacceptable le niveau élevé d'agressions verbales et physiques à l'égard de leurs employés dans les stations-service.

Les longues files d'attente actuelles, marquées par des altercations entre automobilistes à bout de nerfs, sont la dernière conséquence en date des pénuries de main-d'oeuvre causées par la pandémie et le Brexit, avec des problèmes de livraison touchant aussi les rayons des supermarchés, les chaînes de restauration rapide ou encore les pubs.

Une demande exceptionnelle

Face aux images désastreuses de stations-service prises d'assaut, le gouvernement ne cesse de répéter que le Royaume-Uni ne manque pas de carburant, mais que les pénuries sont dues à la demande exceptionnelle causée par les achats de consommateurs inquiets d'un manque, comme cela avait été le cas avec le papier de toilette ou certains produits alimentaires au début de la pandémie.

L'opposition travailliste dénonce pour sa part le manque de préparation du gouvernement quant à un problème qui couvait depuis des mois.

Ressaisissez-vous ou laissez-nous la place pour résoudre cette pagaille, a lancé à l'adresse des conservateurs le chef du Labour, Keir Starmer, lors d'un discours à la conférence annuelle de son parti, à Brighton (sud de l'Angleterre).

Après plusieurs jours de silence, le premier ministre Boris Johnson a estimé mardi soir qu'il fallait laisser la situation s'arranger de manière habituelle, semblant écarter les appels d'organisations de médecins, d'infirmiers, d'enseignants ou encore de taxis réclamant un accès prioritaire aux stations-service pour pouvoir aller travailler.

La fédération de taxis Licensed Taxi Drivers Association a ainsi estimé qu'entre 25 % et 30 % de ses membres n'avaient pu rouler mardi, faute de carburant.

Face aux étalages qui se dégarnissent, aux stations-service à court d'essence et au spectre des rayons vides à Noël, le gouvernement britannique s'est finalement résolu samedi à modifier sa politique d'immigration et à accorder jusqu'à 10 500 visas de travail de trois mois pour la période allant jusqu'à la fin de l'année.

Le secteur de la volaille a estimé que ces visas pour trois mois seulement seraient probablement insuffisants en nombre et, surtout, en durée pour inciter des chauffeurs européens à revenir travailler au Royaume-Uni.

Soucieux d'éviter tout raté au cours de la lucrative saison de Noël, le groupe d'habillement Next a demandé à Downing Street d'assouplir davantage les règles migratoires.

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