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Cinq albums jeunesse pour semer éclats de rire et petits bonheurs

Les couvertures des livres : « La fin des poux? » d'Orbie, « Donner  » d'Andrée Poulin et Yves Dumont, « La collection de moments » de Jean-Pier Gravel et Amélie Dubois, « Bob le bobo » de Mélina Schoenborn et Sandra Dumais et « Le pélican et moi » de Dominique Demers et Janou-Ève LeGuerrier.

Il y a du drôle, du beau et du doux dans ce bouquet de cinq albums jeunesse.

Photo : Radio-Canada / Images : Éditions les 400 coups / Éditions de la Bagnole / Éditions Cardinal / Éditions La courte échelle / Éditions Auzou

La pandémie du point de vue des poux. Apprendre à donner aux autres sans rien attendre en retour. Plonger au cœur de la poésie. Et adopter un bobo pour mieux guérir. Il y a du drôle, du beau et du doux dans ce bouquet de cinq albums jeunesse.

Le livre, dont l'image sur la couverture est un gros plan sur des poux dessinés dans des cheveux, est posé sur une serviette rouge, avec des ciseaux et un peigne fin.

C'est avec beaucoup d'humour qu'Orbie aborde l'impact de la pandémie... sur les poux, dans cet album.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

La fin des poux? : libérer les poux!

La pandémie n’a pas fait qu’isoler les gens, elle a aussi confiné... les poux. Avec une suave dose d’humour, l’autrice et illustratrice Marie-Ève Tessier-Collin, alias Orbie, évoque un sujet autrement démoralisant pour tout parent ayant eu à gérer une éclosion de poux dans la classe d’un de ses enfants.

Pendant que son papa est, entre autres, occupé à gérer les micros fermés des participants à ses réunions virtuelles, Annette, elle, nourrit sans le savoir toute une famille de poux dans ses longs cheveux. Famille qui ne cesse de grandir et commence d’ailleurs à se trouver pas mal à l’étroit sur sa tête, mais qui ne peut coloniser d’autres chevelures, non seulement parce que le père d’Annette est... chauve (réalisera-t-on lorsqu’il enlèvera sa casquette), mais parce qu’elle doit se tenir à distance de ses ami.e.s quand elle joue dehors.

Orbie a pris le parti de faire sourire (et même de faire carrément éclater de rire plus d’une fois) petits et grands avec une histoire aussi réaliste qu’informative - et, surtout, décapante à souhait.

Ses illustrations grouillent de détails tantôt subtils (une samare servant d’hélicoptère lors d’une énième tentative d’un pou de quitter la tête d’Annette), tantôt s’inscrivant dans l’actualité (la manifestation des poux revendiquant leur liberté à bout de pancartes). Orbie s’adresse aux enfants, mais n’a donc pas oublié leurs parents: les adultes trouveront aussi leur compte dans ce savoureux La fin des poux?, pour peu qu’ils prêtent notamment attention à celui qui chante du Gerry Boulet au karaoké!


Le livre est debout, à gauche, sur une tablette noire, avec deux chandelles et une plante verte.

«Le pélican et moi» raconte en quelque sorte comment Dominique Demers est devenue écrivaine.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

Le pélican et moi : aimer les mots

En hommage à Alfred de Musset et, surtout, à sa propre mère trop vite partie, Dominique Demers ouvre dans cet album poignant une porte sur un moment fondateur de son parcours d’écrivaine : sa découverte du poème Le pélican par le biais de sa maman, qui a déjà enseigné la poésie et qui lui léguera le bonheur intrinsèque d’écouter la musique des phrases pour mieux les faire danser à son tour, plus tard, à sa manière.

Dans Le pélican et moi, son héroïne a 10 ans et habite [la] petite ville, [...] presque un village qu’est son Hawkesbury natal à l’époque. La fillette ne sait pas que tout en partageant avec elle les vers d’Alfred de Musset et le ciel du pélican, sa mère malade est en train de la préparer à sa mort et, plus encore, de l’initier au pouvoir évocateur des mots. À l’été de mes dix ans, j’ai compris que les mots peuvent transporter ailleurs. Qu’avec eux on ne connaît jamais l’ennui, écrit Dominique Demers.

Si cette dernière sait alors réciter par cœur la quasi-intégralité du poème, elle n’en connaît ni le titre ni l’auteur. Ce n’est à son premier cours à l’université qu’elle le découvrira et renouera ainsi avec ce texte et la voix de sa mère le déclamant pour elle, deux bases sur lesquelles Dominique Demers a depuis érigé sa propre œuvre foisonnante, allant de Marie-Lune à Mademoiselle Charlotte, en passant par Maïna ou encore Vieux Thomas et la petite fée.

Le pélican et moi est une très émouvante ode à toute la vie qui vibre entre et dans les mots, et les images qu’ils provoquent. La vie dans tout ce qu’elle a de beau et de tendre, mais aussi de cruel et de sombre. Les effets de la plume lumineuse de la Franco-Ontarienne de naissance sont rehaussés par ceux des illustrations de Janou-Ève LeGuerrier, tout aussi lyriques et porteuses de sens - et qui a aussi pris soin de représenter l'écrivaine, enfant, et sa maman telles qu'elles étaient.


L'album présente une couverture sur laquelle une baleine portant un imper jaune dépose une perle dans un coquillage.

«Donner» est l'un des quatre albums jeunesse publiés par Andrée Poulin au cours de la dernière année.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

Donner : semer le bonheur

En quelques pages, la prolifique Andrée Poulin et l’illustrateur Yves Dumont témoignent des mérites - mais aussi des difficultés - liés au geste de donner pour le simple plaisir de faire du bien aux autres.

En quelques occasions, laisser pleinement parler les illustrations évocatrices de l’artiste visuel permet à l’auteure d’éviter de souligner son but à trop gros traits, soit de semer en nous l’envie de donner comme antidote aux drames et à la misère, comme énumère la Gatinoise dans son introduction…

Le tandem y va ici et là de touches d’humour qui feront d'ailleurs sourire petits et grands, notamment en rappelant qu’offrir sa mauvaise humeur ou la chair de poule à sa sœur, par exemple, ce n’est pas nécessairement un cadeau pour les autres.

En abordant également les notions de partage, de pardon et d’ouverture à l’autre, que ce soit par le texte ou dans certains détails dans les images, Andrée Poulin et Yves Dumont réussissent à donner une dimension élargie à leur propos.

Donner s’avère assurément pétri de bonnes intentions. Comme elles sont totalement assumées, on accepte dès lors plus facilement de plonger dans la recette du bonheur proposée.

Andrée Poulin est aussi polyvalente que prolifique : depuis la sortie de Donner, l'automne dernier, elle a publié l'album à saveur documentaire Pollution plastique, en plus du ludique Que faire avec un invité qui ronfle et qui pète? et de Ma girafe fait des gaffes!, son plus récent titre.


Le livre est posé sur l'épaule d'un gros ours en peluche et un coussin turquoise.

L'album de Jean-Pier Gravel se veut une invitation à créer des moments de joie, pour les autres autant que pour soi.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

La collection de moments : cultiver l’art de la joie

Petit garçon très sensible, Boubou laisse parfois, voire souvent, sa peur des méchants malheurs l’empêcher de savourer ce qui lui arrive de beau, de bon et de doux. Il a lebonneurredifissile, comme il a entendu ses parents décrire ses états d’âme.

Or, voilà qu’un matin, sa mère, habituellement à la course, décide de ne pas le mener à la maternelle et de passer la journée avec lui. Devant son air anxieux, elle entreprend de lui apprendre à cultiver l’art de la joie, un geste et un moment à la fois. En compagnie de sa maman, Boubou découvrira qu’à défaut d’avoir le bonheur facile, il peut mettre un peu de couleurs dans la vie des autres et, par ricochet, dans la sienne.

Jean-Pier Gravel signe un texte à cheval entre rimes et mission pédagogique. S’il fait sourire en jouant ici et là avec certains mots et images, il laisse toutefois très peu de place à l’interprétation de ses intentions. De plus, bien que jolies, les illustrations d’Amélie Dubois collent trop au texte, empêchant du coup enfants et parents de laisser aller leur imagination afin d’y lire autre chose entre les lignes. Cela n’empêchera cependant pas jeunes et adultes de potentiellement puiser dans l’album des idées de moments à personnaliser et à collectionner.


Le livre est déposé sur la roue d'un vélo, déposé sur l'asphalte.

Bob est un bobo qui ne dit jamais tout à fait adieu, quand il s'en va, puisqu'il y a fort à parier qu'il reviendra faire un petit tour... sur un coude ou sur un genou.

Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard

Bob le bobo : aider à guérir

Il est difficile, voire impossible, de ne pas se mettre à fredonner Le p’tit bonheur de Félix Leclerc, en parcourant cet album du tandem Mélina Schoenborn (texte) et Sandra Dumais (illustrations).

Bob est un sympathique petit bobo, rouge comme il se doit. Il cherche désespérément un coude (ou une joue, un orteil, une main, etc.) où s’installer. Après une chute à vélo, un garçon accepte de le ramener avec lui à la maison et de l’héberger sur son genou écorché. Là, il est nettoyé, pansé, dorloté sous des pansements plus colorés les uns que les autres, au point de rapetisser puis de s’en aller.

Bob repart donc avec son baluchon après quelques jours. Il ne dit pas adieu à son hôte pour autant: c’est plutôt un au revoir qu’il lui fait... car un bobo est si vite arrivé quand on court, saute, joue!

Il s’agit d’un chouette album rappelant aux enfants qu’il ne faut pas avoir peur de se blesser et qu’un bobo guérit toujours plus vite quand on prend le temps de le soigner.

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