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Après une année d’accalmie, la grippe reviendra-t-elle en force?

La grippe et plusieurs virus respiratoires ont peut-être disparu de nos écrans radars l’année dernière, mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne reviennent, rappellent les experts.

Illustration montrant le virus de l'influenza.

Illustration montrant le virus de l'influenza.

Photo : CDC

L'an dernier, la grippe n’a presque pas circulé dans le monde. Les mesures sanitaires utilisées pour ralentir la transmission de la COVID-19, qui expliquent ce succès, ont aussi permis de ralentir la propagation des rhumes, du virus respiratoire syncytial (VRS) et des adénovirus.

Les mesures que l’on prend pour la COVID-19, comme le lavage des mains, la distanciation, les masques, protègent en effet autant contre elle que contre ces différentes affections.

Mais baisser la garde serait une erreur, estime la Dre Cécile Tremblay, microbiologiste et infectiologue au CHUM. Car sans pouvoir prédire ce qu'il en sera dans les prochains mois, mieux vaut se préparer comme si la grippe revenait en force.

Il ne faut pas juste penser à la COVID-19, rappelle la Dre Tremblay.

Car si le nombre de cas de COVID-19 continue d'augmenter et que les autres infections repartent à la hausse, les experts craignent une explosion des hospitalisations.

C'est pourquoi ils recommandent aux personnes – particulièrement les plus vulnérables, comme les aînés, les femmes enceintes et les travailleurs de la santé – de se faire vacciner contre la grippe.

Une tendance favorable, pour l'instant...

Le Canada a tout de même eu un aperçu de la prochaine saison de la grippe grâce à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande, où l'hiver vient tout juste de se terminer, et le pronostic a de quoi réjouir. Ainsi, pour une deuxième année d'affilée, ces pays ont connu une faible activité grippale, preuve de l'efficacité des mesures sanitaires strictes mises en place contre la COVID-19.

Ça laisse présager que ça ne sera peut-être pas une très grosse saison d'influenza, affirme Dre Tremblay, mais on ne peut pas l'exclure. On n’est pas en confinement comme l’an passé avec le couvre-feu et tout ça.

« Globalement, les mesures d'hygiène devraient aider contre les autres virus respiratoires, mais rien n’empêche d'avoir plus de circulation des virus si on relâche les mesures. »

— Une citation de  Dre Cécile Tremblay, microbiologiste et infectiologue au CHUM

La pandémie aurait-elle eu pour effet de faire disparaître à jamais l'influenza? Probablement pas.

Certains experts pensent en effet que certains variants moins communs de l’influenza ont peut-être disparu au cours des 18 derniers mois, mais qu'il ne faut pas confondre absence et disparition.

La Dre Tremblay rappelle d'ailleurs que diverses souches de l’influenza ont continué à circuler à travers le monde, surtout dans les endroits où moins de mesures sanitaires ont été instaurées.

Ainsi, le retour de la grippe est probablement inévitable. La question demeure : quand et avec quelle intensité?

Quels virus refont leur apparition?

Déjà, depuis quelques semaines, les autorités canadiennes rapportent beaucoup plus d’infections causées par divers virus.

Leur résurgence n’est pas une grande surprise. Avec le froid qui arrive, les gens passent plus de temps à l'intérieur, augmentant ainsi le potentiel de transmission virale. De plus, plusieurs endroits ont éliminé une partie des mesures sanitaires et les voyages internationaux ont graduellement repris.

En ce moment, le virus qui circule le plus est le virus respiratoire syncytial qui peut entraîner l’hospitalisation pour certains enfants. La Dre Tremblay prévient qu’un enfant avec une respiration sifflante, souffrant de léthargie, ayant une toux persistante ou des difficultés respiratoires, devrait être rapidement vu par un médecin.

C’est la cause numéro un d'hospitalisation chez les enfants en bas d’un an au Canada. C’est beaucoup plus fréquent que la COVID-19, expliquait Jesse Papenburg, spécialiste en infectiologie pédiatrique et microbiologiste médicale à l’Hôpital de Montréal pour enfants, en entrevue au Téléjournal.

Différence entre les types de virus

  • Rhinovirus : les infections à rhinovirus humain sont à l'origine de plus de 80 % des cas de rhume.
  • Virus respiratoire syncytial (VRS): ce virus est répandu et fortement contagieux. La plupart des enfants le contractent au moins une fois avant d’avoir deux ans.
  • Influenza : il existe trois types de grippe saisonnière – A, B et C. Parmi les nombreux sous-types de virus grippaux A, on compte le A (H1N1) et A (H3N2). Le virus grippal de type C n’est que très rarement détecté et ne cause généralement que des infections bénignes.
  • Coronavirus : quatre coronavirus (HCoV-OC43, HCoV-229E, HCoV-NL63 et HCoV-HKU 1) sont responsables d’infections respiratoires fréquentes et souvent bénignes. Les coronavirus sont à l'origine de 10 à 15 % des cas de rhume. Trois nouveaux coronavirus d’origine zoonotique ont émergé au cours des vingt dernières années et sont responsables d’un syndrome respiratoire sévère : Sars-CoV-1, Mers-CoV, et Sars-CoV-2. 
  • Adénovirus : une famille de virus qui sont responsables de diverses infections, comme les pharyngites, pneumonies, conjonctivites, gastroentérites et bronchites.

Selon la Dre Tremblay, les symptômes de ces virus se ressemblent énormément et il n’y a malheureusement qu’une façon de savoir si l’on a été infecté par la COVID-19 ou par un autre virus : le dépistage.

Peut-on attraper la COVID-19 et l’influenza en même temps?

Absolument, dit la Dre Cécile Tremblay. Le virus de la COVID-19 et les autres virus n’utilisent pas les mêmes récepteurs, explique-t-elle. Un n’empêche pas l’autre. Les co-infections sont très possibles.

Elle ajoute qu’il est important de tester une personne pour la COVID-19 même si elle a déjà reçu un test positif pour l’influenza.

Notre système immunitaire a-t-il oublié l’influenza?

Si la majorité des gens ont été exposés à l'un de ces nombreux types de virus au cours de leur vie et ont développé une mémoire immunitaire, être infecté par un virus une année ne garantit pas qu'on sera à 100 % protégé la suivante. Le virus de l'influenza tend à muter suffisamment pour que l’immunité de l’année précédente ne soit pas bonne pour la souche qui circule pendant l’année actuelle, précise la Dre Tremblay.

Si de nombreuses personnes risquent d’être infectées par un virus commun cet hiver, ce sera surtout parce que les gens se soucieront moins des mesures sanitaires et auront plus de contacts entre eux qu'au début de la pandémie.

Et comme chaque année, la grippe et les autres virus respiratoires trouveront et infecteront les personnes les plus vulnérables. Les experts surveillent notamment les nourrissons et les jeunes enfants puisque bon nombre d’entre eux n’ont pas encore connu la grippe ou certains virus respiratoires à cause des confinements liés à la pandémie.

Il n'y avait presque pas de virus respiratoire syncytial dans les 12 à 18 derniers mois, la population est beaucoup plus susceptible de contracter cette infection, ajoute Jesse Papenburg.

Le vaccin contre la grippe sera-t-il efficace?

Chaque année, les vaccins contre la grippe sont modifiés en fonction des souches qui circulent. Ayant à notre disposition beaucoup moins de données sur la grippe en raison d’une saison presque inexistante, il sera un peu plus difficile, mais pas impossible, de prédire quelle souche sera prédominante.

La Dre Tremblay rappelle que pandémie ou pas, le vaccin contre la grippe est parfois moins efficace certaines années parce qu’une souche a réussi à circuler davantage que ce qui était prévu.

On sait que ça varie de saison en saison. Il y a des années où c’est moins bon, 70 %, des années aussi peu que 40 %. On ne peut pas prédire, dit Dre Tremblay.

De manière générale, l'efficacité du vaccin antigrippal est d’environ 60 %. Mais comme la plupart des autres vaccins, y compris celui contre la COVID-19, le vaccin antigrippal est excellent pour réduire les symptômes sévères et empêcher les gens d'aller à l'hôpital.

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