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La couleur turquoise des lacs des Rocheuses pourrait disparaître

Une vue panoramique des Rocheuses canadiennes.

Une récente recherche de l'Université de l'Alberta démontre les facteurs qui influent sur les changements subis par l'aspect laiteux et turquoise des fameux lacs alimentés par les glaciers dans les Rocheuses canadiennes.

Photo : Fournie par Clark Monson

Radio-Canada

Le dôme de chaleur qui a frappé, cet été, la Colombie-Britannique et l'Alberta aurait accéléré la fonte des glaciers, ayant ainsi un impact sur la célèbre couleur turquoise des lacs alpins des Rocheuses canadiennes, selon une nouvelle étude de l’Université de l’Alberta.

Le professeur d’écologie marine Rolf Vinebrook explique que ces lacs de couleur turquoise, attirant une foule de touristes, contiennent de la farine glaciaire, soit de minuscules sédiments, encore plus petits que du sable, qui proviennent des rochers et se font lentement un chemin vers les lacs grâce à l’érosion. 

Toutefois, le rythme plus rapide de la fonte des glaciers fait en sorte que cette eau contient une moins grande quantité de ces sédiments qui interceptent la lumière du soleil pour lui donner la couleur turquoise.

Le lac Moraine entouré de montagnes et de couleur bleu clair.

Un nombre croissant de touristes visitent les lacs des Rocheuses canadiennes dont le lac Moraine, dans le parc national Banff, en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Andréane Williams

Je pense que les gens n’y ont pas fait attention avant cet été, parce que ce n’était pas aussi frappant auparavant, mentionne Rolf Vinebrook.

Plusieurs études, même constat

En 2020, une étude effectuée par des chercheurs américains avait révélé des résultats similaires, en particulier autour du lac Zigadenus, au nord-est de Lake Louise, en Alberta. 

Tout comme ces chercheurs américains, qui ont installé des capteurs dans cinq lacs des parcs nationaux Banff et Yoho, les chercheurs de l’Université de l’Alberta constatent que le changement de structure fondamentale de ces lacs a des répercussions sur les organismes vivants. 

Un comparatif de deux photos du lac Zigadenus.

Le lac Zigadenus, près de Lake Louise, en 2015, à gauche, comparé au lac Zigadenus en 2017, à droite.

Photo : Fournie par Janet Fischer

Rolf Vinebrook précise que le phosphore provenant des cendres dues aux nombreux feux de forêt en Colombie-Britannique et l’azote, plus présent dans la pluie en raison de la pollution de l’air, ont contribué au changement de couleur de l’eau des lacs des glaciers qui sont plus vert foncé.

Ces produits chimiques plus présents dans les lacs sont aussi synonymes d’une qualité de l’eau qui se détériore et présentent des risques pour les espèces marines uniques qui y vivent, selon le chercheur de l’Université de l’Alberta.

Son laboratoire de recherche a documenté la clarification de l'eau des lacs alpins près de Banff et Jasper en puisant des échantillons au fond de ceux-ci ainsi qu’en analysant des photographies d’archives. 

Les cas les plus frappants peuvent être observés à l’ouest de la route des glaciers, dans le secteur des lacs Geraldine, au lac Curator, dans le parc national Jasper et au lac McConnell, près de Banff.

Rolf Vinebrook précise que les lacs alpins alimentés par les glaciers sont encore peu étudiés et documentés, tant sur le plan environnemental que sur le plan biologique, et ce, même si on y trouve des espèces endémiques datant de plus de 12 000 ans. 

Le chercheur ajoute que, si la population arrive à diminuer ses émissions de gaz à effet de serre dans un proche avenir, les glaciers les plus imposants pourraient être conservés. 

Mais cela demandera des efforts énormes, puisqu’il s’agit probablement des défis environnementaux les plus difficiles que les humains ont dû relever à ce jour, estime Rolf Vinebrook.  

D'après les informations de l'émission Daybreak South

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