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Le Manitoba se tourne vers des infirmières privées pour faire face à la pénurie

Une infirmière assise sur le sol se tient la tête.

Une infirmière de l’Hôpital Grace, à Winnipeg, explique que les infirmières du secteur privé travaillant à ses côtés sont mieux payées et bénéficient d’un horaire plus souple.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le nombre d’heures travaillées par des infirmières embauchées par des agences privées a doublé au cours des quatre dernières années au Manitoba, selon les données de Soins communs et de l’Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW).

Durant l’exercice financier de 2017-2018, les infirmières d’agences privées au Manitoba ont effectué 181 378 heures de travail. Lors de l'exercice de 2020-2021, ce nombre était de 368 775.

À Winnipeg, le nombre d’heures effectuées par les infirmières d’agences privées durant l'exercice financier de 2018-2019 était de 9463 heures. Il a bondi à 68 359 heures lors de l'exercice de 2019-2020. 

Soins communs et l’ORSW ont dévoilé ces données au Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba.

Plus de 2000 postes d’infirmières sont vacants dans la province. À Winnipeg, 1500 postes sont à pourvoir, affirme la présidente du syndicat, Darlene Jackson. 

« Avoir recours au personnel d'agences privées représente des coûts énormes. »

— Une citation de  Darlene Jackson, présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba

Pour la période s’échelonnant du 1er avril 2019 au 31 août 2021, l’ORSW a déboursé plus de 1,2 million de dollars pour 16 479 heures effectuées par des infirmières d’agences privées à l’Hôpital Saint-Boniface.

Manque d’infirmières aux urgences

Darlene Jackson mentionne qu’elle voit de plus en plus d’infirmières du secteur public quitter leur emploi pour le privé. 

Une infirmière qui travaille à l’Hôpital Grace, dont l'identité n’est pas révélée par CBC par peur de représailles de son employeur, explique que le recours accru à des infirmières d’agences privées suscite la frustration de ses collègues. 

« Nous sommes demeurées fidèles à notre travail à l’Hôpital. Plusieurs d’entre nous n’ont pas choisi d’aller travailler pour des agences privées [...] et nous sommes maltraitées.  »

— Une citation de  Une infirmière de l’Hôpital Grace

L’infirmière explique que les infirmières du secteur privé travaillant à ses côtés sont mieux payées et bénéficient d’un horaire plus souple

Elle a été retirée de son unité de soins pour aller travailler aux urgences presque tous les jours, raconte-t-elle. Et c'est une infirmière du secteur privé qui a pris sa place. 

Elle estime que les infirmières qui doivent être réaffectées ne sont pas formées ou équipées pour travailler aux urgences, ce qui ne fait qu’augmenter l'anxiété des soignantes. 

Des indications générales sont offertes à toutes les infirmières qui n'ont pas l'habitude de travailler aux urgences, indique un porte-parole de l’ORSW dans un courriel. Il explique que les tâches aux urgences nécessitant des formations complexes, comme la gestion d’une salle de réanimation, ne sont pas exigées.

Le Manitoba, tout comme le reste du pays, est aux prises avec une importante pénurie d'infirmières et éprouve des difficultés à garder le personnel soignant dans le système public. 

Au Centre des sciences de la santé de Winnipeg (HSC), 20 % des postes d’infirmières aux urgences sont vacants. Soins communs croit que ce taux devrait passer de 20 % à 14 % le mois prochain grâce à l’arrivée de nouvelles recrues.

Avec les informations de Peggy Lam

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