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Surdoses en hausse : le mouvement de décriminalisation des drogues prend de l’élan

Une seringue et un maillet de juge pour illustrer le débat au Canada sur la décriminalisation des drogues qui s'est amorcé depuis qu'Ottawa a annoncé son intention de légaliser le cannabis à usage récréatif.

La décriminalisation signifie que ceux qui sont arrêtés avec de petites quantités de drogue ne feraient plus face à des accusations criminelles, ce qui, selon les personnes qui militent dans ce sens, réduirait le nombre de morts lié à la crise des opioïdes.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le mouvement de décriminalisation des drogues prend de l'ampleur au pays alors que les morts par surdose d'opioïdes sont à la hausse.

Les appels vers la décriminalisation de la possession simple de drogues se sont multipliés ces derniers mois. Le Bureau de santé publique de Toronto en fait notamment la demande, mais aussi des maires de plusieurs villes ontariennes, des élus d’autres villes canadiennes et même des chefs de police.

L'un des plus grands établissements de santé mentale du pays se joint, à son tour, à ceux qui militent en faveur de la décriminalisation et à plusieurs grandes villes pour faire pression sur le gouvernement fédéral.

CBC News a appris que le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH) à Toronto fait officiellement pression en faveur de la décriminalisation des drogues à l'échelle du pays, pour la première fois.

« La criminalisation de la consommation de substances est inefficace et contre-productive. Comme le montre la crise actuelle des intoxications aux opioïdes, elle cause également de graves problèmes de santé. »

— Une citation de  Extrait de la déclaration de CAHM publié le 29 septembre 2021

Dans une déclaration publiée mercredi, l'établissement hospitalier appelle Ottawa à décriminaliser toutes les drogues à l'échelle du pays, tout en travaillant avec les provinces pour intensifier les services de traitement et de réduction des méfaits et remplacer l'approvisionnement en médicaments toxiques non réglementés.

Le facteur déterminant derrière [cette prise de position] a été les méfaits que nous constatons, explique la cheffe de la division des toxicomanies au CAMH, la Dre Leslie Buckley.

Les données fédérales montrent qu'il y a eu près de 7000 morts apparemment liées à une intoxication aux opioïdes signalées au Canada entre avril 2020 et mars 2021.

Entre janvier et mars 2021, 90 % de toutes les morts liées à une intoxication aux opioïdes sont survenues en Colombie-Britannique, en Alberta ou en Ontario.

À Toronto, les ambulanciers ont répondu à 689 appels pour de présumées surdoses d'opioïdes non mortelles au mois d’août, un sommet.

En juillet, la Ville a recensé un record de 27 morts liées à de présumées surdoses d'opioïdes.

Angela Robertson à l'extérieur.

Angela Robertson est la directrice générale du centre de santé communautaire Parkdale Queen West, à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Lauren Pelley

Nous n'avons pas vu de réponse proportionnelle en matière de prévention, souligne la directrice générale du centre de santé communautaire Parkdale Queen West, Angela Robertson.

La crise des surdoses d'opioïdes nécessite une réponse de santé publique, croit-elle.

Le centre qu'elle gère est l'une des organisations torontoises qui obtiennent du financement fédéral pour lancer des programmes d'approvisionnement de drogues plus sécuritaires.

Cet approvisionnement consiste à fournir des médicaments prescrits comme solution de rechange sécuritaire à l'offre de drogues illégales toxiques aux personnes présentant un risque élevé de surdose, selon le gouvernement fédéral.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau devant un micro à l'extérieur s'adresse aux médias.

Le premier ministre Justin Trudeau a indiqué que son gouvernement pourrait être ouvert à l'idée d'explorer de nouvelles voies pour lutter contre la hausse du nombre de morts liées aux surdoses, lors d'une visite à Ottawa, mardi.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Toronto s'apprête d'ailleurs à demander à Santé Canada une exemption en vertu de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances qui décriminaliserait la possession de petites quantités de drogues pour usage personnel.

La Ville a recueilli les commentaires de Torontois au cours des derniers mois. Elle finalisera sa demande et la soumettra ensuite à Ottawa.

Avec les informations de Lauren Pelley, de CBC News

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