•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Adolescent de 15 ans poignardé : l’accusé dit avoir été « piégé »

Une ambulance derrière des cordons de sécurité dans une rue lavalloise, le soir

Un adolescent a été tué dans un parc de Laval, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Photo : Radio-Canada

Le jeune homme qui subit un procès pour le meurtre prémédité de son ami aurait agi par légitime défense pour éviter une raclée. C’est ce qu’il a expliqué dans sa déclaration à la police enregistrée au lendemain de son arrestation, en janvier 2020, et présentée devant le tribunal, mardi, au palais de justice de Laval.

On m’a piégé, soutient l’adolescent alors âgé de 16 ans, en réponse aux nombreuses questions de la sergente-détective Jacinthe Gaumont de la police de Laval, qui tente de faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles la victime de 15 ans, le meilleur ami de l'accusé, a été poignardée à mort, le soir du 1er janvier 2020.

Comme il s’agit de mineurs, une ordonnance de non-publication empêche de révéler l’identité de plusieurs personnes impliquées dans ce drame.

Dès le début de son interrogatoire, le suspect a l’air hagard. Il a des plaies au visage, tremble de froid et semble exténué après avoir passé une nuit blanche. Son père, présent à ses côtés, s’inquiète de son état et lui prête sa veste.

Tu le sais, papa, que je ne suis pas quelqu’un comme ça, hein, demande le jeune. Je suis trop con. Mais je ne pensais pas que mon meilleur ami allait me faire ça, papa.

Une « prémonition »

Le suspect dit être un élève de cinquième secondaire sans histoire, sportif, qui suit des cours de maths forts et ne se bat jamais.

Il formait un trio inséparable avec la victime et son frère, qu’il connaissait depuis sept ans.

Quelques jours avant le drame, un conflit aurait éclaté au sein de leur groupe d’amis pour une raison étrangement inconnue du jeune homme. Jacinthe Gaumont suggère à plusieurs reprises qu’une certaine jeune fille est la cause de la chicane, mais l’adolescent nie la connaître.

Il affirme que ses meilleurs amis l’ont insulté à profusion sur Internet et qu’il a décidé de couper les ponts.

Le soir du 1er janvier 2020, ses amis l’auraient invité au parc Marc-Aurèle Fortin, à Laval. Le suspect aurait cru que c’était pour se réconcilier.

Je suis parti là-bas parce qu’ils voulaient parler. Puis, c’étaient mes meilleurs amis.

Sauf qu’avant de partir de chez lui, l’adolescent dit avoir eu une prémonition et s’empare d’un couteau dans la cuisine de ses parents au cas où ça allait déraper.

En arrivant au parc, il est pris dans un guet-apens avec quatre ou cinq de ses amis. Il affirme avoir reçu une avalanche de coups.

C’est dégueulasse. Moi, je les pensais de bonne foi [...] Après ça, on m’étrangle, on me jette à terre comme si j’étais un jouet, on me frappe, raconte-t-il.

Terrifié, il aurait brandi son couteau comme un écran de fumée pour leur faire peur.

L’adolescent dit ne pas avoir eu conscience que son meilleur ami avait été poignardé. Il s’est sauvé et a appelé son père avant d’être arrêté par la police quelques minutes plus tard.

Des questions sans réponse

D’où vient le couteau qui a été retrouvé par les policiers dans la poche intérieure de son manteau? Je ne sais pas, affirme l’adolescent, mais ce n’est pas celui qu’il avait apporté, dit-il. Il soutient que son manteau est tombé au sol pendant la bagarre et qu’il l’a ramassé avant de se sauver.

Or, d’autres couteaux ont été trouvés sur la scène de crime, affirme la sergente-détective.

Il manque un morceau de puzzle là-dedans [...] c’est quand tu as sorti le couteau, lui dit-elle. Je ne sais pas, répète encore le jeune homme, qui se plaint plusieurs fois d’avoir la tête qui tourne pendant l’interrogatoire.

La policière lui rapporte les versions de ses amis. Ils disent que tu as sorti un couteau et que tu t’es mis à donner des coups de couteau partout dans le vide, lui dit-elle.

L’enquêtrice semble aussi sceptique face à son histoire de prémonition. Il est particulier que le jeune homme ait apporté un couteau, selon elle.

Moi, je dis que je ne suis pas quelqu’un comme ça, puis je ne vais pas tuer un de mes meilleurs amis pour une histoire comme ça, puis jamais l’idée de tuer m’est passée par la tête, affirme le jeune Lavallois.

Les parents du jeune homme, aujourd'hui âgé de 18 ans, sont présents dans la salle d’audience alors que la juge Catherine Perreault de la Cour supérieure visionne la vidéo de son interrogatoire. Sa mère s’est essuyé les yeux dès les premières images de son fils en état d’arrestation.

La défense, représentée par Mes Guy Poupart et Sarah Tricoche, tente de la faire déclarer inadmissible, puisque les policiers n’auraient pas respecté ses droits.

La Cour supérieure tranchera cette question dans les prochains jours, et le procès se poursuivra jusqu’en novembre.

Les procureures aux poursuites criminelles et pénales sont Mes Marie-Ève Vautier et Marie-Ève Dubeau.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.