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La pièce québécoise Les filles du Saint-Laurent présentée à Paris et à Montréal

Montage de photos en noir et blanc

La distribution de la pièce «Les filles du Saint-Laurent»

Photo : Centre du Théâtre d’Aujourd’hui

Radio-Canada

Écrite, mise en scène et jouée par une équipe québécoise et féminine (à une exception près), cette nouvelle pièce de théâtre sera jouée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui en janvier. Avant cela, le public parisien pourra la découvrir en novembre au Théâtre national La Colline, qui est dirigé par Wajdi Mouawad.

L’homme de théâtre a donné carte blanche à la dramaturge Annick Lefebvre pour qu’elle écrive une pièce destinée à être présentée au Théâtre national La Colline, pour lequel elle avait créé Les barbelés en 2017. 

La dramaturge a alors décidé de faire appel à l’autrice Rébecca Déraspe pour qu’elles imaginent ensemble le texte des Filles du Saint-Laurent

Mise en scène par Alexia Bürger, cette pièce chorale est interprétée par neuf comédiennes, dont Catherine Trudeau, Marie-Thérèse Fortin, Elkahna Talbi, Tatiana Zinga Botao, Louise Laprade ou encore Gabrielle Lessard, et un homme, Ariel Ifergan. 

Le fleuve Saint-Laurent au cœur de la pièce

Elkahna Talbi, aussi connue sous le nom de Queen Ka, incarne le fleuve Saint-Laurent dans cette œuvre qui met en scène des personnages découvrant, un soir de tempête, sept cadavres sur les berges du Saint-Laurent. 

C’est une ode à la vie, a expliqué Rébecca Déraspe en entrevue avec Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18. La parole du fleuve fait acte de liant entre les neuf histoires que l’on suit.

On essaie de présenter le territoire québécois aux Français, et ce qui est intéressant avec le fleuve Saint-Laurent est qu’il traverse le Québec, a -t-elle ajouté. 

Ce choix de centrer la pièce autour du Saint-Laurent a aussi été motivé par la mémoire que porte le fleuve. 

Le fleuve voit beaucoup plus de choses que nous. [...] Il est le témoin silencieux de nos vies qui passent, a précisé Rébecca Déraspe. On a voulu témoigner de ce rapport au fleuve qui nous accompagne en tant que Québécois.

Le fleuve est rempli de vies qu’on ne voit pas. Il y a eu énormément de morts dans le Saint-Laurent. Suicides, naufrages… Le fleuve a avalé beaucoup de corps.   

Solidarité internationale en temps de pandémie

Monté au Québec, le spectacle est en cours de répétition à Montréal. L’équipe s’envolera pour Paris une semaine avant la première, prévue le 4 novembre. 

Normalement, la pièce aurait d’abord dû être jouée au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui avant de l’être à Paris, mais la pandémie est venue inverser le cours des choses. 

Cette collaboration entre ce théâtre montréalais et le Théâtre national La Colline a débuté avant la pandémie, mais cette dernière est venue renforcer la volonté de concrétiser ce projet. 

Ça nous rend plus forts de rester ensemble, a souligné Sylvain Bélanger, directeur artistique du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. L’aventure de la francophonie, on veut la faire avec les autres. » 

Rappelons que ce théâtre avait un autre projet international : la pièce québéco-burkinabè Nassara. Sophie Cadieux a adapté sa mise en scène afin de conserver au sein de la distribution le comédien malien Moussa Sidibé, malgré le fait que les demandes de visa de ce dernier pour le Canada ont été refusées. Sa présence physique sur scène a été remplacée par un enregistrement audio de son texte.

Rester ensemble, ça dit quelque chose. On l’a vu avec Nassara. L’acteur [Moussa Sidibé] n’a pas pu être avec nous, mais il était quand même avec nous.

Le courage de Wajdi Mouawad

Mettre Les filles du Saint-Laurent à l’affiche du Théâtre national La Colline vient aussi renforcer les liens existant entre le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et Wajdi Mouawad, qui a mis en scène plusieurs pièces pour l’établissement montréalais avant de quitter le Québec pour la France. 

Il faut quand même souligner le courage et la main tendue de Wajdi Mouawad. Une création avec 100 % d’artistes québécois, quel autre directeur artistique à l’étranger va nous offrir ça?, a dit Sylvain Bélanger. Je suis vraiment heureux.

L’œuvre Les filles du Saint-Laurent sera montrée au public québécois du 18 janvier au 12 février. Les billets seront mis en vente le 12 octobre.

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