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La 3e dose de vaccin pour les aînés reçoit un accueil favorable en Estrie

Des proches d'un résident en CHSLD lui rendent visite.

Des proches d'un résident en CHSLD lui rendent visite.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Radio-Canada

Les aînés vivant en milieu d'hébergement en Estrie pourront bientôt recevoir une troisième dose de vaccin contre la COVID-19. Québec affirme avoir reçu un avis favorable du Comité d'immunisation du Québec à ce sujet avant d'annoncer mardi le lancement de cette campagne de vaccination.

Le microbiologiste-infectiologue au CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Alex Carignan explique que l'immunité semble décroitre plus rapidement chez les aînés, ce qui justifie l'inoculation d'une nouvelle dose de vaccin parmi cette population.

À partir de cinq mois suivant l'administration de la deuxième dose, des études démontrent que l'immunité commence à diminuer chez les aînés, explique Alex Carignan. On a des données qui nous montrent qu'une troisième dose va venir restaurer l'immunité chez les gens qui commençaient à la perdre.

C'est une excellente nouvelle. Dans les dernières semaines, on voit une légère hausse des cas dans les CHSLD et les RPA, on veut éviter des éclosions.

Une citation de :Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue au CIUSSS de l'Estrie-CHUS

Alex Carignan croit donc que Québec a pris la bonne décision compte tenu des preuves scientifiques qui sont maintenant disponibles. Les données de l'Israël ont démontré que dès 60 ans, l'ajout d'une troisième dose peut augmenter l'efficacité, souligne-t-il.

Pour l'instant, la campagne déclenchée par Québec ne ciblera que les aînés vivant en résidence. Alex Carignan indique que les personnes âgées vivant à domicile sont généralement moins à risque de contracter le virus lorsqu'elles ont obtenu leurs deux doses de vaccin.

Une campagne coordonnée avec la vaccination contre la grippe

Cette campagne débutera au même moment que la vaccination contre l'influenza. Les vaccins seront offerts aux aînés à l'intérieur de leur résidence, ils n'auront pas à prendre de rendez-vous. Je pense que du point de vue logistique, c'est la bonne chose à faire, ça va permettre de rejoindre beaucoup de personnes en peu de temps, souligne Alex Carignan.

Il assure, d'ailleurs, qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir quant à une possible interaction entre les deux vaccins.

Les aînés rencontrés par Radio-Canada semblent généralement bien accueillir l'ajout d'une troisième dose de vaccin pour les aînés en milieu d'hébergement.

Aux abords du CHSLD Argyll de Sherbrooke, Diane Beauregard est en route pour visiter sa tante de 102 ans. C'est elle qui l'aidera à prendre son repas. Elle croit que l'administration d'une troisième dose constitue une bonne nouvelle.

Je pense que c'est bien pour les gens qui sont plus à risque. Je ne voudrais pas que ma tante finisse avec la maladie de la COVID.

Une citation de :Diane Beauregard, proche aidante

Diane Beauregard affirme être bien consciente de la menace que représente toujours la COVID-19. L'unité dans laquelle séjourne sa tante est maintenant en zone rouge, puisqu'un cas positif a été déclaré. Les gens ne peuvent pas aller manger à la salle à dîner. Ils font manger chaque patient dans leur chambre, décrit Mme Beauregard. Elle espère que l'arrivée d'une nouvelle dose de vaccin permettra d'endiguer les futures éclosions qui pourraient être déclarées dans l'établissement.

Sur le terrain du CHSLD, des membres du personnel d'entretien prennent une pause. Ces employées ne s'opposent pas à l'arrivée d'une troisième dose de vaccin.

J'ai mes deux doses et s'il en faut une troisième, je vais en prendre une troisième et je suis à l'aise avec tous les choix que les autres prennent aussi, explique Sonia Lapointe.

Sa collègue, Karine Lecours, exprime toutefois quelques réserves.

La troisième, est-ce que ça va être une quatrième après ? Trois, quatre, cinq, ça va s'arrêter où ? Mais on est en CHSLD alors on n'a pas le choix, on va protéger nos résidents et on va essayer de se protéger aussi.

Une citation de :Karine Lecours, entretien ménager au CHSLD Argyll

Alex Carignan, pour sa part, estime qu'il est trop tôt pour parler d'un rappel du vaccin tous les ans. Il estime qu'il faudra suivre l'évolution des données scientifiques à ce sujet.

Vers une 3e dose dans l'ensemble de la population ?

Le microbiologiste-infectiologue Alex Carignan croit qu'il n'y a pas lieu de planifier l'inoculation d'une troisième dose dans l'ensemble de la population, pour le moment.

Il rappelle qu'un programme de suivi en direct de l'efficacité des vaccins est en place au Québec. Pour l'instant, l'efficacité se maintient dans le temps. Une des particularités au Québec c'est qu'on a eu un report de la deuxième dose et il y a de plus en plus de données qui nous montrent que les gens qui ont reçu le vaccin avec un plus grand écart entre les deux doses ont une meilleure réponse et une efficacité qui pourrait être plus durable, souligne-t-il.

Selon lui, cette particularité du Québec pourrait venir retarder la nécessité d'inoculer une troisième dose dans la population en général.

Avec les informations de Marion Bérubé et de Brigitte Marcoux

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