•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un programme maison de tests rapides mis sur pied par des parents de Toronto

Un homme et un garçon se tiennent debout et regardent la caméra.

Sam Kaufman a lancé un programme maison de dépistage rapide à l'école de son fils Asa à Toronto.

Photo : Sam Kaufman

Radio-Canada

Des parents d'élèves d'une école élémentaire de Toronto ont créé leur propre programme de dépistage rapide. Ils ont trouvé un fournisseur dans la région de Waterloo, ont fait l'aller-retour en voiture pour aller chercher les trousses plusieurs fois par mois et ont partagé la nouvelle par le bouche à oreille.

Depuis le début de l'année scolaire, grâce à leurs efforts, 280 élèves de l'école publique Earl Beatty, ainsi que quelques frères et sœurs des élèves, participent au programme de dépistage deux fois par semaine. À ce jour, ils ont effectué près de 1000 tests, selon l’instigateur du programme Sam Kaufman. Son fils Asa, âgé de huit ans, fréquente cette école et participe à ce programme maison.

L'idée de ce type de dépistage est de détecter les cas à un stade précoce, explique le père de famille, qui est un scientifique spécialiste des données.

Nous ne pouvons peut-être pas empêcher une classe de rentrer chez elle, mais avec un peu de chance, nous éviterons que de nombreux enfants tombent malades et que la contamination ne devienne incontrôlable.

Une citation de :Sam Kaufman, père de famille

Les tests sont donnés par le programme StaySafe (restons en sécurité, traduction libre) mené dans la région de Waterloo, qui aide les entreprises et les communautés à mettre en place des programmes de tests rapides. Ceux-ci, bien que moins fiables que les tests PCR, fournissent des résultats en 15 minutes.

Incompréhension

M. Kaufman se dit frustré par le refus du gouvernement de l'Ontario de mener des efforts de dépistage rapide dans les écoles, d'autant plus qu'il voit les cas de transmission se multiplier. La Ville de Toronto signale mardi que 11 écoles sont touchées par des éclosions. Une école de la région de Durham a dû fermer ses portes durant au moins deux semaines, ce qui a forcé les élèves à reprendre l'apprentissage en ligne.

Je ne comprends pas pourquoi nous n'utiliserions pas tous les outils dont nous disposons pour tenter d'empêcher la COVID d'entrer dans nos écoles, fait-il remarquer.

Des mains d'enfants tiennent un paquet contenant un test rapide.

Les écoles de Toronto ont accès à des trousses de dépistage de la COVID-19 à emporter chez soi pour les élèves présentant des symptômes ou ayant été exposés au virus.

Photo : CBC / Evan Mitsui

Le conseil scolaire public anglais de Toronto ne soutient pas le dépistage rapide

À Toronto, le nombre de cas a augmenté chez les enfants de 4 à 11 ans au cours des dernières semaines. Selon la médecin hygiéniste de la ville, la Dre Eileen de Villa, ils sont maintenant les plus élevés de tous les groupes d'âge pour la première fois depuis le début de la pandémie.

La majorité des cas ne sont pas liés à la transmission en milieu scolaire, mais plutôt aux parents et aux soignants à la maison, précise-t-elle.

Toutefois, ni le Bureau de santé publique de Toronto ni la province ne recommandent des tests de surveillance à l'instar du programme mis en place par des parents d’élèves de l'école Earl Beatty. C'est pourquoi ce programme maison n'est pas soutenu par le conseil scolaire public anglais du district de Toronto, explique le porte-parole Ryan Bird.

Faux positifs et surcharge des laboratoires

Des parents ont lancé une pétition en ligne pour demander à la province de fournir des tests rapides à tous les enfants qui ne sont pas encore admissibles à la vaccination. La pétition a récolté pour l’instant environ 2000 signatures.

Le médecin en chef de l'Ontario, le Dr Kieran Moore, a déclaré pour sa part que les tests antigéniques à grande échelle ne limitent pas de manière significative la propagation de la COVID-19 et peuvent produire de faux positifs qui conduisent les gens à subir des tests PCR inutiles et à surcharger les laboratoires.

Il nous serait difficile de tester deux millions d'enfants tous les jours, deux fois par semaine ou trois fois par semaine, a déclaré M. Moore.

Il a toutefois précisé que la province envisage d'utiliser des tests rapides dans les écoles où le taux de transmission communautaire est élevé, soit plus de 100 cas pour 100 000 personnes.

La province exigera également que tous les membres du personnel scolaire qui ne sont pas entièrement vaccinés effectuent régulièrement des tests rapides et prévoit en fournir aux entreprises et autres lieux de travail.

Les experts soutiennent le test rapide

Les tests rapides de détection des antigènes du programme mené auprès des élèves de l’école Earl Beatty sont destinés aux enfants qui ne présentent aucun symptôme de la COVID-19 et qui n'ont pas été exposés, affirme M. Kaufman. Ce qui est différent des trousses de dépistage à emporter à la maison que trois hôpitaux fournissent dans les écoles de la ville, et qui ne sont destinées qu'aux enfants présentant des symptômes ou ayant été exposés à un risque élevé.

Si un élève obtient un résultat positif, il est conseillé aux parents de le signaler à l'Hôpital Michael Garron et d'obtenir un test en laboratoire par la suite, continue M. Kaufman.

Le Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses au Réseau universitaire de santé de Toronto, est l'un des nombreux experts qui affirment que les tests rapides ont un rôle à jouer pour rendre les espaces intérieurs comme les écoles plus sécuritaires.

Un homme, assis dans une pièce, en vidéoconférence.

Le Dr Isaac Bogoch est spécialiste des maladies infectieuses au Réseau universitaire de santé de Toronto.

Photo : Skype

Ils sont vraiment là pour répondre à la question : "Suis-je contagieux en ce moment?", affirme le Dr Bogoch.

Bien sûr, ils ne sont pas parfaits, mais ils fonctionnent assez bien; et s'ils étaient distribués dans les familles, je pense que nous pourrions faire beaucoup de bien avec ces tests.

Une citation de :Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses au Réseau universitaire de santé de Toronto

M. Kaufman considère que les parents d'élèves de l’école Earl Beatty sont dans une position privilégiée, car ils ont le temps et les ressources nécessaires pour gérer le programme avec l'aide de Stay Safe. Il est conscient que d'autres communautés auraient besoin de soutien de la part de leur conseil scolaire, des bureaux de santé publique ou de la province pour avoir accès à des tests similaires.

Mais l'intérêt existe. M. Kaufman dit qu'il entend tous les jours des parents de la province et du pays affirmer qu'ils veulent lancer quelque chose de semblable.

Tous les groupes de parents qui voudraient utiliser ces tests ne peuvent les obtenir, assure-t-il.

Tous les gens ne peuvent pas conduire d'Ottawa à Waterloo pour récupérer un test. Et même le fait que je doive conduire depuis Toronto pour récupérer les tests est assez fou.

Une citation de :Sam Kaufman, père de famille

D'après les informations de Samantha Beattie, CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !