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La Caisse tournera le dos au pétrole d’ici la fin de 2022

Plan rapproché de Charles Emond en conférence de presse.

« Pour nous, c'est une décision de leadership face à la crise climatique », a affirmé le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Charles Emond, lors du dévoilement de sa stratégie climatique 2021.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) s’est engagée mardi à liquider ses actifs dans le secteur pétrolier d’ici la fin de 2022, ce qui représente présentement 1 % de son portefeuille d’investissements ou 4 milliards de dollars. Sa stratégie climatique 2021 présentée mardi prévoit aussi la fin de tout investissement dans de nouvelles constructions d’oléoducs.

La Caisse a refusé de mentionner spécifiquement les entreprises visées, mais des entreprises canadiennes comme Suncor et Canadian Natural Resources, présentes dans les sables bitumineux de l’Alberta, risquent d’écoper étant donné la nature de leurs activités pétrolières.

Cette stratégie pragmatique et incontournable est aussi une affaire de rendements. Si on regarde le secteur pétrolier, il y a quand même une tendance structurelle où les rendements ont été marginaux, a indiqué le PDG Charles Emond. La tendance est à la baisse, il y a eu beaucoup de volatilité. La proposition risque/rendement n'est pas des plus attrayantes.

Si le fonds institutionnel dit ne pas vouloir contribuer à l’augmentation de la production de pétrole, il entend demeurer investi dans les infrastructures de transport d’hydrocarbures comme les pipelines et l’industrie gazière, soit l’équivalent de 7 milliards de dollars. Le gaz naturel demeure aux yeux de Charles Emond une énergie de transition.

L'économie en a besoin. On ne peut pas jeter l'économie à terre. On ne peut pas passer de l'énergie renouvelable qui représente 5 % de l'offre mondiale et remplacer 80 % de l'énergie fossile. L'économie n'est pas encore positionnée pour s'en priver.

Une citation de :Charles Emond, PDG, Caisse de dépôt et placement du Québec

Objectif net zéro d'ici 2050

L’intensité carbone du portefeuille de la Caisse devra également être réduite de 60 % par rapport à son niveau de 2017. Autrement dit, pour chaque dollar investi, l'institution devra à terme émettre 60 % moins de carbone qu'en 2017. À la fin de 2020, elle avait déjà atteint le seuil de 38 %.

Pour décarboniser son portefeuille, elle devra notamment diminuer l'intensité de ses investissements futurs en carbone. D’ailleurs, la rémunération variable de ses équipes est désormais liée aux cibles climatiques.

D’ici 2025, la CDPQ triplera ses investissements dans des actifs dits verts, par rapport à 2017, pour un total de 54 milliards de dollars.

Il s’agit entre autres de participation à des projets de mobilité durable et immobiliers certifiés, ou dans de nouveaux secteurs comme l’hydrogène, les batteries et la capture du carbone.

Une enveloppe de 10 milliards de dollars est aussi prévue pour contribuer à la décarbonisation de secteurs plus émetteurs en carbone (matériaux, transport et agriculture).

L'ensemble de ces mesures permettrait à la Caisse d'atteindre un objectif d'émissions nettes de zéro gaz à effet de serre (GES) de son portefeuille global d'ici 2050.

« Un leader », selon Greenpeace

La coalition Sortons la Caisse du carbone demandait depuis plusieurs années à la CDPQ de se désinvestir des combustibles fossiles.

L'un de ses porte-parole, Patrick Bonin de Greenpeace Canada, a qualifié l'annonce d'extrêmement positive, bien qu'imparfaite. Il faudrait aller plus loin sur la question des pipelines et du gaz, dit-il, mais la Caisse se positionne clairement en leader en tournant le dos à la production de pétrole.

M. Bonin espère maintenant un effet d'entraînement grâce à ce message très fort et que d'autres fonds institutionnels lui emboîteront le pas.

L'Association de l'énergie du Québec estime plutôt que les investissements dans les hydrocarbures, étant plus que jamais en forte demande, vont demeurer élevés. Quelqu'un, quelque part dans le monde, est déjà intéressé par la place laissée vacante [par la Caisse], selon son président Éric Tetrault.

Le deuxième fonds du pays en importance après la CDPQ, le Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, ne va pas jusqu'à promettre une sortie de la production pétrolière, mais a pour objectif de réduire de 67 % l'intensité des émissions de GES de son portefeuille d'ici 2030.

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