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Un programme de consommation d’héroïne à domicile annulé sans explication à Vancouver

Une main tient une seringue qui se remplit d'un liquide contenu dans une cuillère.

Les autorités sanitaires ne donnent aucune explication pour justifier leur décision.

Photo : Radio-Canada / iStock/Surdo Ksenya

Radio-Canada

L’annulation d’un programme de consommation d'héroïne pharmaceutique à domicile est d’autant plus choquante pour les personnes qui en bénéficiaient que les autorités sanitaires de la Colombie-Britannique ne donnent aucune explication pour justifier leur décision.

Onze patients profitaient du programme offert par la clinique Providence Crosstown, dont Coral Watson. La nouvelle l’a bouleversée. J’étais pratiquement en larmes.

Sans ce programme, je serais morte. Nous méritons de savoir ce qui se passe parce que cela touche directement nos vies.

Une citation de :Coral Watson, participante au programme de la clinique Providence Crosstown

Auparavant, la drogue devait être administrée dans l’enceinte de la clinique. Mais, comme certains patients étaient contraints de s’isoler en raison d’une infection par la COVID-19, le personnel de la clinique, avec l’autorisation des autorités de la santé, leur a livré des seringues d'héroïne à domicile.

Ce faisant, la clinique a prouvé que la drogue pouvait être consommée à domicile sans problème, selon le personnel de Providence Crosstown. Depuis, l'héroïne pouvait être cherchée et emportée à la maison, évitant aux consommateurs de devoir se déplacer alors qu'ils ont un horaire parfois chargé.

La clinique a donc poursuivi le programme pour certains patients, même s'ils n'avaient pas à s'isoler en raison de la COVID-19.

Aucune explication

Ni le ministère de la Santé ni le Collège des pharmaciens n’ont pour l'instant expliqué pourquoi le programme a été annulé.

Dans un courriel, le ministère de la Santé affirme reconnaître les bénéfices qu'offre le fait de pouvoir apporter les doses à domicile, mais rappelle simplement que les patients peuvent continuer à consommer la drogue en clinique.

Le Collège des pharmaciens soutient qu’il n’a jamais ordonné à la clinique Providence Crosstown de cesser d’offrir ses services.

Des seringues.

Des experts craignent que les patients ne se tournent vers le marché noir.

Photo : Radio-Canada / Maryse Zeidler

Inquiétudes

Lisa James, qui habite à Burnaby, participe au programme depuis le mois d'août. Pour prendre l’autobus deux fois par jour afin de consommer ses doses à la clinique, elle est obligée de laisser sa fille, atteinte d’une maladie chronique, seule pendant de nombreuses heures. Cela me terrifie de devoir la laisser seule tout ce temps.

La femme âgée de 53 ans n’a pas consommé de drogues achetées au marché noir depuis trois ans. Elle soutient que la clinique lui a sauvé la vie et que l'annulation du service de consommation à domicile est frustrante. J’ai passé toute la journée d'hier à pleurer.

Sarah Blyth travaille au centre de prévention des surdoses Overdose Prevention Society, à Vancouver. Elle s’inquiète de l’annulation du programme et craint que certains patients ne se tournent vers les drogues illicites. Cela nous fait reculer, c’est décevant.

Depuis 2016, près de 8000 personnes sont mortes en Colombie-Britannique après avoir consommé une substance illicite.

Avec les informations de Baneet Braich

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