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Bientôt une 3e dose de vaccin pour les résidents des foyers pour aînés du Québec

La vaccination contre la COVID-19 est en cours sur la Côte-Nord. Des personnes aînées en attente avec un masque.

Les résidents des foyers pour aînés pourront bientôt recevoir une 3e dose de vaccin contre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Ross

Environ 220 000 personnes âgées résidant dans des foyers pour aînés du Québec se verront bientôt offrir une troisième dose de vaccin contre la COVID-19, a confirmé mardi le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Cette mesure dite préventive concernera les résidents des centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD), des résidences privées pour aînés (RPA) et des ressources intermédiaires (RI) ou de type familial (RTF).

La décision de Québec s'appuie sur un nouvel avis du Comité sur l'immunisation du Québec (CIQ), qui sera publié incessamment, a dit M. Dubé en conférence de presse.

Malgré un excellent taux de vaccination […] dans le dernier mois, on est passé d’à peu près une dizaine de cas actifs, au début de septembre, [à] 140 cas actifs dans nos CHSLD, nos RPA et nos RI-RTF, a-t-il expliqué.

Ce n’est rien de dramatique, mais si on veut rester en avant de la parade, si on veut être certain qu’on n’échappe pas la situation dans nos résidences de milieux de vie, il faut poser un geste.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

L'avis du CIQ recommande que la troisième dose d'un vaccin à ARN messager (Pfizer-BioNTech ou Moderna) soit injectée six mois après la deuxième, afin d'empêcher une diminution de l'efficacité vaccinale.

Un délai minimal de cinq mois sera tout de même considéré comme acceptable.

Cela permettra concrètement de faire coïncider cette opération avec la campagne de vaccination contre l'influenza, soit vers la fin du mois d'octobre.

Cet intervalle ne devrait pas être un problème, a expliqué le ministre Dubé, puisque la majorité des personnes qui pourront recevoir une troisième dose de vaccin ont reçu leur deuxième en mars ou en avril.

Les campagnes de vaccination se dérouleront à l'intérieur des foyers pour aînés, pour éviter des déplacements. Personne n'aura donc à planifier de rendez-vous.

En fait, ce qu’on veut donner à ces gens-là, c’est la meilleure immunité possible le plus rapidement possible, étant donné le variant [Delta].

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Le directeur de la campagne de vaccination contre la COVID-19, Daniel Paré, a assuré que Québec n'aurait pas à affronter de problème d'approvisionnement avec ces doses supplémentaires. On les a en banque, les doses. Ce n'est pas ça qui va nous retarder pour [les] administrer, a-t-il dit.

Il n'est cependant pas question pour l'instant d'offrir cette dose de rappel à l'ensemble des aînés du Québec. On n'en est pas là actuellement, a dit le directeur national de santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda.

Selon lui, la situation épidémiologique actuelle ne justifie pas une vaccination plus large, bien que Québec soit toujours prêt à s'ajuster.

Une approche bien reçue

Des études publiées récemment ont conclu que l'immunité conférée par deux doses de vaccin commence à diminuer quelques mois après leur administration.

Les données d’Israël et des données américaines nous montrent effectivement qu’après quelques mois, le degré de protection diminue avec le temps, a déclaré à Radio-Canada le Dr Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

On a aussi vu dans les dernières semaines un petit rebond des éclosions dans certaines résidences pour personnes âgées. Donc, je pense que c’est une mesure qui va certainement aider à assurer un bon contrôle de la maladie, affirme le Dr Carignan, qui est aussi membre du CIQ.

Québec avait déjà autorisé les personnes immunosupprimées ou dialysées à recevoir une troisième dose de vaccin anti-COVID le mois dernier. Des voyageurs peuvent aussi en recevoir une de manière exceptionnelle.

Selon l'expert en virologie Benoît Barbeau, la décision du gouvernement peut se justifier dans la mesure où les personnes âgées demeurent plus susceptibles d'être infectées par le coronavirus.

Une troisième dose va leur donner une meilleure protection face au variant hautement transmissible qui est en circulation présentement, a-t-il noté lors d'une entrevue accordée à Tout un matin.

Le professeur au Département des sciences biologiques de l'UQAM souligne en outre qu'il est approprié d'attendre plusieurs mois avant l'injection d'une troisième dose de vaccin anti-COVID.

Si vous la recevez un ou deux mois après avoir reçu votre deuxième dose, votre protection est quand même assez forte pour vous protéger face au variant Delta. Mais après cinq ou six mois, plus particulièrement pour cette tranche de la population, cette protection-là semblerait être atténuée, explique M. Barbeau.

Une décision non recommandée par le CIQ le mois dernier

Fin août, le CIQ avait décidé de ne pas recommander de dose additionnelle de vaccin aux résidents des CHSLD.

Il avait justifié sa décision en évoquant le court délai écoulé depuis l’administration de la deuxième dose, mais aussi l’incidence faible de la COVID-19 chez ces résidents et l’absence de données sur l’immunogénicité, l’efficacité et l’innocuité d’une troisième dose administrée à cette population.

Les études cliniques qui se penchent actuellement sur l’immunogénicité d’une troisième dose donnée à titre de rappel ont prévu un intervalle de six à huit mois après la deuxième dose, alors que cette deuxième dose a été offerte aux résidents de CHSLD du Québec il y a seulement trois à quatre mois, écrivait le CIQ à l'époque.

Depuis ce temps, a expliqué le Dr Arruda, la littérature scientifique a montré que la réponse immunitaire au vaccin pouvait diminuer, notamment chez les personnes âgées.

On vu que les personnes âgées, les personnes très vulnérables, celles qui ont des maladies chroniques, peuvent moins bien répondre au vaccin à long terme. Donc il y a effectivement ce qu’on appelle une diminution de la réponse immunitaire avec le temps.

Une citation de :Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique du Québec

Au fédéral, le Comité consultatif national de l'immunisation du Canada (CCNI) se contente également de recommander l'administration d'une troisième dose aux seules personnes immunodéprimées.

Le recours à une troisième dose ne fait d'ailleurs pas l'unanimité à ce stade de la pandémie, qui a déjà fait au moins 4,75 millions de victimes dans le monde.

L'OMS a réclamé cet été un moratoire sur les doses de rappel en attendant que la vaccination soit suffisamment avancée dans les pays pauvres.

Selon le Dr Arruda, une réflexion internationale s'impose à ce sujet.

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