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L’enquête du coroner sur la mort de Rodney Levi commence à Miramichi

Des femmes avec des photos et portant des chandails avec des photos regardent la caméra.

Des proches de Rodney Levi étaient à Miramichi mardi, pour le début de l'enquête du coroner.

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

Radio-Canada

Cinq personnes dont deux Autochtones ont été choisis pour former le jury de l’enquête du coroner sur la mort de Rodney Levi, mardi à Miramichi au Nouveau-Brunswick. L'enquête devrait permettre de mieux comprendre ce qui s'est passé le jour où Rodney Levi a été abattu par un policier de la GRC en 2020.

Mardi après-midi, les membres du jury ont visité le lieu de la tragédie, à l'extérieur d'une résidence près de Miramichi. Le coroner voulait leur donner une idée de ce à quoi ressemble l'endroit.

Au cours des prochains jours, plusieurs personnes vont être appelées à témoigner. Des membres de la GRC, des témoins de la mort de Rodney Levi, des membres de la communauté autochtone de Metepenagiag et des experts en interventions policières.

Au total, 27 témoins devraient participer à l'enquête, qui visera à faire la lumière sur ce qui s'est passé.

Des membres de la famille de Rodney Levi, présents à l'enquête du coroner mardi, affirment qu'elles ont encore plusieurs questions en lien avec la mort de l'homme.

Le coroner conseillé par un aîné autochtone

John Evans

Le coroner responsable de l'enquête sur la mort de Rodney Levi, John Evans

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

L'enquête sera présidée par le coroner John Evans dans une salle de conférence de l’hôtel Rodd Miramichi River. Il sera conseillé par l'aîné Kenneth Francis, de la Première Nation mi'kmaq d'Elsipogtog.

Le coroner a expliqué que cette nomination a été faite pour assurer la sensibilité culturelle du processus.

Deux cents personnes ont reçu une convocation pour devenir membres du jury. La sélection du jury avait lieu mardi.

Les témoignages doivent commencer mercredi matin. L’enquête doit durer six jours, estime le ministère de la Justice et de la Sécurité publique.

Rodney Levi est mort à l’âge de 48 ans. Il a succombé à des blessures par balle à la poitrine. Un policier a tiré sur lui dans une propriété le long du chemin Boom, près de Sunny Corner, le 12 juin 2020.

Il était membre de la Première Nation de Metepenagiag et le deuxième Autochtone abattu par la police au Nouveau-Brunswick durant ce mois. Chantel Moore, 26 ans, avait été abattue par un agent de la police municipale d’Edmundston le 4 juin 2020.

Le but de l’enquête du coroner n’est pas d’attribuer une responsabilité juridique ni de blâmer quelqu'un. Le jury doit formuler des recommandations dans le but de prévenir d'autres morts dans des circonstances semblables à l'avenir.

La Couronne a déjà décidé de ne pas porter d’accusations criminelles contre les deux agents de la GRC qui étaient sur les lieux au moment des faits. Sa décision repose sur les preuves recueillies par le Bureau des enquêtes indépendantes du Québec (BEI), qui a enquêté sur les faits.

Les circonstances de la mort de Rodney Levi

Le BEI a recueilli les déclarations de quatre témoins, des civils, et étudié un enregistrement vidéo des faits pris par l’une de ces personnes.

L’enregistrement vidéo montre M. Levi armé de deux grands couteaux de cuisine et qui refuse de les lâcher même après avoir subi trois décharges d’un pistolet à impulsion électrique.

On entend ensuite claquer deux coups de feu et on voit Rodney Levi étendu sur le sol.

Rodney Levi et Becky Levi.

Rodney Levi en compagnie de sa nièce Becky Levi.

Photo : Gracieuseté de Becky Levi

Ces renseignements proviennent du Service des poursuites publiques du Nouveau-Brunswick. Ce dernier a conclu que les agents de la paix en question ont respecté la loi afin de protéger les résidents de la maison lors de cette soirée fatidique, peut-on lire dans un communiqué du ministère de la Justice et de la Sécurité publique (Nouvelle fenêtre) publié le 26 janvier 2021.

Le Service des poursuites publiques a aussi publié l’avis juridique préparé par la Couronne (en anglais seulement) (Nouvelle fenêtre) à la suite de l’enquête du BEI. Bien qu’il ne s’agisse pas de notre manière habituelle de procéder, nous avons fait une exception pour partager notre examen en raison de l’intérêt public national sur cette question, explique-t-il dans le même communiqué.

L’avis juridique du Service des poursuites publiques

L’avis juridique rédigé par Pierre Roussel, sous-procureur général adjoint et directeur du Service des poursuites publiques, indique que les témoins ont donné une version similaire des faits.

Durant l’après-midi du 12 juin, Rodney Levi a demandé à une connaissance de le conduire à une maison située à quelques kilomètres de la sienne.

Arrivé sur les lieux, son comportement était étrange et il semblait être sous l’effet de quelque chose, selon les témoins. Il a tout de même été invité à un barbecue à l’extérieur, sur le patio.

Durant la préparation du repas, M. Levi est entré dans la maison plusieurs fois. À un moment donné, il a saisi deux grands couteaux dans la cuisine.

Selon un témoignage, M. Levi s’est alors montré agressif, en colère et perturbé.

Un témoin a appelé le 911 et un premier policier est arrivé sur les lieux peu après 19 h. Un second policier a été appelé en renfort.

L’avis juridique précise que le BEI a aussi recueilli le témoignage d’une personne proche de M. Levi et qui l'a hébergé du 9 au 12 juin 2020. Selon cette personne non identifiée, M. Levi était gravement dépressif et il parlait souvent de suicide par la GRC.

Le rapport de l’autopsie

Selon l’avis juridique, l’autopsie a confirmé que Rodney Levi est mort de ses blessures par balle à la poitrine et qu’il y avait des traces d’amphétamine et de méthamphétamine dans son corps.

Dans l’avis juridique, Pierre Roussel estime que le policier qui a tiré sur Rodney Levi avait des motifs raisonnables de croire que ce dernier allait employer la force contre lui et qu’il a tiré sur lui pour se défendre et défendre les autres personnes présentes.

Pierre Roussel a jugé que les actions du policier étaient raisonnables dans ces circonstances. Il a recommandé qu’aucune accusation ne soit portée contre le policier qui n'a commis, selon lui, aucun geste criminel.

D’après un reportage de Pascal Raiche-Nogue et de de Rachel Cave de CBC

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