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Chirurgies orthopédiques : forte hausse de la demande dans le privé au Québec

Découragés par le délestage, des patients paient de 15 000 $ à 40 000 $ pour qu'une clinique privée remplace leur hanche ou leur genou. Une clinique a même quadruplé ses opérations cette année.

Une salle d'opération.

La Clinique orthopédique Duval fera, en 2021, quatre fois plus de remplacements de la hanche et du genou qu'elle en effectuait avant la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Chaque déplacement est devenu un calvaire pour Danielle Dionne en raison d'un problème d'arthrose à la hanche.

Cette semaine, je ne pourrais même pas aller poster une lettre au coin de la rue, racontait la Montréalaise le 22 septembre.

Elle devait être opérée en février 2021 à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Mais quelques jours avant l'opération, tout bascule. Elle apprend que son opération est reportée. On fixe une autre date quelques semaines plus tard, mais la chirurgie est encore une fois annulée.

On m'explique que malheureusement la chirurgie est annulée. Parce qu'il y a des urgences qui font que les salles et le personnel ne sont pas disponibles.

Mme Dionne refuse de vivre l'incertitude une troisième fois. Elle décide alors de se tourner vers le privé et d'être opérée à la Clinique orthopédique Duval.

Je trouvais ça vexant aussi de consentir à payer une très jolie somme pour se faire opérer quand ça fait plus de 50 ans qu’on cotise à un régime public d’assurance maladie.

Une citation de :Danielle Dionne, patiente de la Clinique orthopédique Duval

Elle a donc déboursé 25 000 $ pour être opérée à la Clinique orthopédique Duval, où le nombre de patients augmente rapidement depuis un an.

Martin St-Amour, en entrevue avec le journaliste Davide Gentile

Martin St-Amour est directeur général de la Clinique orthopédique Duval.

Photo : Radio-Canada

La clinique faisait 250 chirurgies de remplacement de genou et de hanche. Cette année, sur les 12 mois, on va pratiquer près de 1000 chirurgies, donc quatre fois plus.

Une citation de :Martin St-Amour, directeur général de la Clinique orthopédique Duval

Il n'y a pas que les patients qui font le saut du public au privé. Certains orthopédistes travaillent de plus en plus hors du système de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

C'est le cas de Pascal-André Vendittoli, chirurgien de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont et professeur titulaire au Département de chirurgie de l'Université de Montréal.

Il est lassé d'avoir à consoler des patients souffrants qu'il ne peut pas opérer dans le système public. Attendre un an, deux ans ou même trois ans, c'est un peu inhumain, estime le médecin.

Pascal André Vendittoli, en entrevue avec le journaliste Davide Gentile

Le chirurgien orthopédiste Pascal-André Vendittoli

Photo : Radio-Canada

Il se désaffilie donc de la RAMQ plusieurs mois par année pour opérer au privé à la Clinique orthopédique Duval. Cela lui permet de faire plus de chirurgies qu'au public, où les salles ne fonctionnent pas à plein régime faute de personnel.

On fait cinq ou six remplacements articulaires par jour. Alors que dans le système public en temps de pandémie c'est dramatique, parce qu'on peut en faire seulement un ou deux par jour.

Le Dr Vendittoli est déçu du fait que l'orthopédie est souvent le premier secteur où les opérations sont reportées depuis le début de la pandémie. Et il n'est plus certain du fait que le système public puisse améliorer sa performance dans ce secteur.

J’ai beaucoup investi le système public pour améliorer les soins. Je trouve très important que les gens aient un accès égal aux soins. Malheureusement, c’est un constat d’échec pour moi qu’après toutes ces années, le système public va changer.

Une citation de :Pascal-André Vendittoli, chirurgien orthopédiste

Le regroupement Médecins québécois pour le régime public (MQRP) estime que le succès de la Clinique orthopédique Duval découle en partie du problème d'accès amplifié par la pandémie.

Il ne faut pas oublier que le privé et le public, ce sont des vases communicants. Chaque médecin, chaque infirmière qui travaille au privé, ce sont des ressources en moins pour le système public, qui se retrouve avec les cas les plus lourds, écrit la présidente Isabelle Leblanc.

Le Dr Vendittoli sait que bien des patients font de gros sacrifices pour être opérés au privé. Sa patiente Danielle Dionne était prête à payer les 25 000 $ pour retrouver sa mobilité et arrêter de souffrir. Mais elle souhaiterait que Québec rembourse une plus grande partie de la chirurgie.

Il me semble que rembourser 15 000 $ des 25 000 $ que coûte la chirurgie, ce serait plus juste et ça permettrait de désengorger le public.

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