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En pleine crise, les élections reportées sine die en Haïti

Gros plan d'Ariel Henry, qui parle devant un micro.

Le premier ministre haïtien, Ariel Henry

Photo : AP / Matias Delacroix

Agence France-Presse

Les élections présidentielles, législatives et le référendum constitutionnel prévus en Haïti entre novembre et janvier ont été reportés sine die, à la suite du renvoi lundi des membres de l'administration électorale par le gouvernement, ce qui a plongé le pays encore davantage dans l'incertitude.

Dès leur nomination en 2020 par le président Jovenel Moïse, abattu chez lui le 7 juillet 2021 par un commando armé, les neuf membres du conseil électoral provisoire (CEP) avaient été vivement critiqués par l'opposition et des membres de la société civile.

Après avoir élaboré plusieurs calendriers électoraux au cours de l'année, le CEP avait arrêté la date du 7 novembre pour l'organisation du premier tour de l'élection présidentielle et des législatives ainsi que la tenue d'un référendum constitutionnel.

Les seconds tours des scrutins étaient prévus pour le 23 janvier 2022, conjointement avec la tenue des élections municipales et locales.

En annonçant lundi le renvoi des membres du CEP par un arrêté publié au journal officiel, le premier ministre Ariel Henry prépare la nomination d'un nouveau conseil, sans qu'un délai soit annoncé pour cette mise en place.

L'assassinat du chef de l'État dans sa résidence en juillet a brusquement amplifié la crise institutionnelle dans laquelle Haïti est plongée depuis des années.

Avant son meurtre, Jovenel Moïse était très contesté, notamment pour n'avoir pas organisé d'élections depuis sa prise de pouvoir en février 2017.

Sans scrutin tenu à temps, le Parlement haïtien ne compte plus aucun député depuis janvier 2020 et seuls 10 des 30 sénateurs sont encore en poste, leur mandat s'achevant en janvier 2023.

Crise humanitaire et sécuritaire

L'absence de tout programme électoral fragilise la classe politique, morcelée et très clivée à l'heure où le pays est aux prises avec une crise humanitaire et sécuritaire d'ampleur.

Selon l'organisation internationale des migrations, près de 3500 Haïtiens ont été expulsés ces dix derniers jours vers leur pays d'origine par les services migratoires des États-Unis.

Ces renvois massifs sans précédent entre les deux pays interviennent après que des dizaines de milliers de migrants, pour la plupart haïtiens, se sont rassemblés sous un pont à la frontière entre le Mexique et le Texas.

Appauvris après des mois de périple à travers le continent américain, ces réfugiés ont retrouvé, après plusieurs années d'exil, un pays gangrené par l'insécurité des gangs.

Les bandes armées, qui contrôlent depuis des années les quartiers les plus pauvres de la capitale haïtienne, ont étendu leur pouvoir sur une large partie de Port-au-Prince où ils ont commis près d'une vingtaine d'enlèvements crapuleux ces derniers jours.

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