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La Corée du Nord tire un projectile et affirme son « droit » à tester des armes

Un drapeau de la Corée du Nord flotte au vent, près d'une clôture en barbelé.

Pyongyang a procédé à son troisième tir depuis le début du mois.

Photo : Reuters / Edgar Su

Agence France-Presse

La Corée du Nord a tiré mardi un « projectile » en mer, au moment où son ambassadeur à l'ONU revendiquait le « droit légitime » de son pays de tester des armes face à la « politique hostile » des États-Unis et de Séoul.

Selon l'armée sud-coréenne, la Corée du Nord a tiré mardi à l'aube un projectile non identifié au large de sa côte orientale. Un porte-parole du ministère japonais de la Défense a pour sa part déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que ce projectile semble être un missile balistique.

Il s'agit du troisième tir effectué par Pyongyang ce mois-ci. Le premier avait impliqué un missile de croisière à longue portée, et le deuxième, des missiles balistiques à courte portée.

Pratiquement au même moment, l'ambassadeur nord-coréen auprès de l'ONU, Kim Song, a déclaré à l'Assemblée générale des Nations unies que son pays a le droit légitime de tester des armes et de renforcer [ses] capacités de défense.

Personne ne peut nier à la Corée du Nord le droit légitime à l'autodéfense pour développer, tester, fabriquer et posséder des systèmes d'armes, a insisté le diplomate, en réclamant aux États-Unis de cesser leur politique hostile.

Nous ne faisons que renforcer nos capacités de défense nationale afin de nous défendre et de garantir de manière fiable la sécurité et la paix du pays, a ajouté Kim Song.

Les États-Unis devraient prouver dans les faits qu'ils n'ont aucune volonté hostile à notre égard, a poursuivi l'ambassadeur. Si c'est le cas, nous sommes prêts à répondre de la même manière, mais il ne semble pas que les États-Unis soient prêts à prendre cette direction, a-t-il déclaré.

Les Américains doivent cesser leurs exercices militaires et cesser de déployer une panoplie stratégique contre notre pays, a aussi réclamé l'ambassadeur nord-coréen.

Signaux ambivalents

La Corée du Nord a multiplié ces derniers jours les messages ambigus à l'égard de Washington et de Séoul.

Le tir de mardi intervient quelques jours après que Kim Yo-jong, l'influente sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, eut laissé entrevoir la possibilité d'un sommet entre les deux Corées, tout en exigeant au préalable que Séoul abandonne sa « politique hostile ».

Ces remarques répondaient à de récents appels du président sud-coréen Moon Jae-in à déclarer une fin officielle au conflit intercoréen de 1950-1953 qui s'est terminé par une trêve, et non par un traité de paix, laissant les deux parties techniquement en guerre depuis plus d'un demi-siècle.

On dirait que la Corée du Nord veut tester la sincérité de Séoul pour ce qui est de sa volonté d'améliorer les liens intercoréens, et pour mettre officiellement fin à la guerre de Corée, a expliqué à l'AFP Yang Moo-jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes.

Pyongyang va surveiller et étudier la réaction de Moon après le lancement d'aujourd'hui et prendre des décisions sur d'éventuelles mesures de détente, a-t-il ajouté.

Pyongyang est actuellement plus que jamais isolé depuis la fermeture de ses frontières en début d'année dernière pour empêcher la propagation du coronavirus.

Ses pourparlers avec les États-Unis sont dans l'impasse depuis l'échec du sommet de 2019 à Hanoï entre Kim Jong-un et le président américain de l'époque Donald Trump.

Depuis l'arrivée de Kim Jong-un à la tête du pays, les programmes en matière d'armement ont progressé, mais Pyongyang n'a procédé à aucun essai nucléaire ni tir de missile balistique intercontinental depuis 2017.

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