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La proposition d’un refuge temporaire à Yellowknife divise le conseil municipal

L'extérieur de l'immeuble sur la rue Franklin.

L'immeuble récemment occupé par Aurora Village, mieux connu par certains comme l'ancien immeuble de la Légion, est l'option préférée par la ministre de la Santé pour un refuge de jour temporaire.

Photo : Graham Shishkov/CBC

L’épineux dossier de la mise en place d’un refuge de jour temporaire pour les personnes en situation d’itinérance sur l’avenue Franklin au centre-ville de Yellowknife s’est retrouvé devant les conseillers municipaux de la capitale, lundi.

Si la ministre de la Santé et des Services sociaux du territoire, Julie Green, avait demandé aux citoyens de soutenir le projet dans une lettre ouverte il y a deux semaines, plusieurs commerçants du voisinage s’y sont tout de même fortement opposés au cours des derniers jours.

Le gouvernement propose de transformer l’édifice récemment utilisé par l’entreprise Aurora Village sur l’avenue Franklin en un refuge pour abriter les sans-abri de la capitale tous les jours de 7h30 à 18h30.

Le refuge temporaire doit permettre d’accroître la capacité du centre de jour et du centre de dégrisement de la 50e rue jusqu’à la fin octobre 2024. Un nouveau centre permanent rassemblant les services devrait être construit d’ici là.

Le centre de jour de Yellowknife.

Le centre de jour et le centre de dégrisement de Yellowknife sont dans le même édifice qui atteignait déjà sa capacité maximale avant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Pour la mise en place du refuge, le gouvernement doit recevoir un permis et l'approbation du conseil municipal de Yellowknife.

Selon le gouvernement, le refuge offrira à sa clientèle des repas, du divertissement, des toilettes et certains services de remise sur pied.

Le gouvernement assure aussi que ses employés seront formés pour désamorcer les conflits et assurer une patrouille constante du voisinage pour répondre aux inquiétudes des résidents.

Lundi, lors de la présentation du projet, plusieurs conseillers ont admis se sentir entre l’arbre et l’écorce dans ce dossier. Le conseiller Steve Payne est un de ceux-là.

C'est une décision difficile pour nous tous. Nous ne serons pas gagnants. Si nous acceptons, la moitié de la ville nous en voudra, mais si nous n’acceptons pas ce sera l’autre moitié qui nous en voudra, a-t-il dit. 

Le conseil municipal devra prendre une décision lors de la rencontre prévue le 4 octobre. 

La mairie de Yellowknife.

Le conseil municipal de Yellowknife prendra sa décision la semaine prochaine.

Photo : Radio-Canada / Mario De Ciccio

Un plan qui divise

Dans le cadre de la consultation publique pour l’approbation de la Ville, plusieurs commerces et résidents ont envoyé des lettres au conseil municipal ou au gouvernement pour faire part de leurs inquiétudes sur les effets néfastes que l’établissement et la clientèle qu’il attirera pourraient avoir sur les commerces.

Les restaurants, les cafés et les salles de sport ont du mal à faire face aux dépenses qui fonctionnent de manière rentable , écrit Norma Nelson, la propriétaire de Break Away Fitness, qui se trouve au coin de l'emplacement proposé. Avec la proposition du refuge à côté des entreprises, la situation va empirer et il sera extrêmement difficile pour certains d'entre nous de survivre.

La Chambre de commerce de Yellowknife et son président, Tim Syer, s'opposent aussi à l'emplacement du refuge.

Il croit que la ministre tente de diviser la population, de faire taire et d’intimider les commerçants inquiets en demandant la générosité des résidents.

L'extérieur de l'édifice récemment occupé par Aurora Village.

Le gouvernement avait demandé l'aide du public au cours des dernières semaines pour lui proposer des options où établir le refuge de jour. L'édifice sur l'avenue Franklin s'est avéré être la meilleure option, selon la ministre.

Photo : Graham Shishkov/CBC

D’autres comme Michael Fatt, le coordonnateur de projet pourCommon Ground, un programme d'emploi pour les sans-abri, défendent l’emplacement en indiquant que l’importance primordiale est d’abriter les plus défavorisés.

Selon lui, aucun emplacement à Yellowknife ne viendra régler une fois pour toutes les problèmes d'itinérance de la capitale. Ce qu’il faut selon lui, c’est plus de services, mais il faut commencer par la mise en place de ce centre.

Je ne crois pas que cela dérange où se situe un refuge, explique Michael Fatt qui a lui-même déjà été sans-abri à Yellowknife. Les itinérants vont toujours graviter vers l’argent et l’alcool.

En questionnant Michael Fatt, le conseiller Neils Konge a voulu justifier l'inquiétude des commerçants en indiquant qu’ils tentent eux aussi de survivre et en comparant leur situation à celles des sans-abri. Selon lui, dans les deux cas, les difficultés sont expliquées par des événements qui ne sont pas de leur contrôle soit les mesures sanitaires pour les entreprises, et les traumatismes liés à des décennies de colonialisme et aux pensionnats pour Autochtones dans le cas des itinérants. Neils Konge à même comparé la situation que vivent les entreprises à la rafle des années 1960. Une comparaison qu’il a plus tard regrettée en la qualifiant d'horrible et en s’excusant.

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