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L’Iran appelé à autoriser l’AIEA à accéder à un site nucléaire

Rafael Grossi s'apprête à s'asseoir à une table disposant d'un micro.

Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, lors de la réunion des gouverneurs au siège de l'agence onusienne à Vienne

Photo : Reuters / LEONHARD FOEGER

Agence France-Presse

L'Union européenne et les États-Unis ont exhorté lundi l'Iran à autoriser les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à accéder à un site nucléaire qui, selon Téhéran, ne fait pas partie d'un accord récemment négocié.

Le gendarme onusien du nucléaire a déploré dimanche s'être vu interdire l'accès indispensable à un atelier de fabrication de composants de centrifugeuses situé à Karaj, près de Téhéran.

Nous appelons l'Iran à fournir à l'AIEA l'accès nécessaire dans les plus brefs délais, a déclaré le chargé d'affaires américain Louis Bono lors d'une réunion à Vienne du Conseil des gouverneurs de l'instance onusienne.

Si le problème n'est pas résolu rapidement, nous discuterons dans les prochains jours avec les autres membres du conseil pour choisir une réponse appropriée, a-t-il dit, alors qu'une résolution sanctionnant l'Iran avait été un temps envisagée plus tôt dans le mois.

L'Union européenne a également exprimé sa profonde préoccupation. C'est un développement inquiétant, a-t-elle souligné, enjoignant à l'Iran d'accueillir les inspecteurs à Karaj.

Mais selon la République islamique, ce site n'est pas concerné par le compromis trouvé sur la surveillance de son programme nucléaire.

Au cours des discussions à Téhéran et à Vienne, l'Iran a indiqué que les équipements liés au complexe Tessa Karaj ne sont pas concernés par l'accord, a écrit sur Twitter l'ambassadeur d'Iran auprès de l'AIEA, Kazem Gharibabadi, selon qui le site faisait l'objet d'enquêtes judiciaires et sécuritaires.

Sabotage

Le 23 juin, l'Iran avait affirmé avoir déjoué une opération de sabotage contre un bâtiment de son organisation de l'énergie atomique aux alentours de Karaj et qu'une enquête avait été ouverte.

Le rapport [de l'AIEA sur l'impossibilité d'accéder au site nucléaire] est inexact et va au-delà des termes convenus entre Téhéran et l'Agence, a estimé M. Gharibabadi.

Il s'agit du seul lieu auquel les inspecteurs n'ont pas pu avoir accès, a rapporté le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, aux États membres.

En visite à Téhéran, il avait conclu le 12 septembre un arrangement sur l'entretien des équipements de surveillance dans ses installations nucléaires, quelques jours après avoir dénoncé un manque de coopération à ce sujet.

Négociations en suspens

Ce nouvel incident intervient alors que les négociations entre Téhéran et les grandes puissances sont au point mort depuis juin pour relancer un accord historique de 2015 limitant radicalement le programme nucléaire iranien en échange d'un allègement des sanctions économiques frappant le pays.

Des discussions ont commencé en avril à Vienne, sous l'égide de l'UE, entre l'Iran et les cinq puissances encore parties à l'accord (Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) pour ressusciter ce pacte. Washington, qui s'est retiré unilatéralement en 2018, y participe de manière indirecte.

Le président américain, Joe Biden, s'est dit prêt à réintégrer l'accord et à lever au moins une partie des sanctions que son prédécesseur, Donald Trump (2017-2021), avait rétablies contre l'Iran. Mais à condition que Téhéran renoue aussi avec les engagements nucléaires dont il s'est affranchi pour protester contre la pression américaine.

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