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La centrale Isle-Maligne a fonctionné aux deux tiers de sa capacité cet été

Un quai à sec.

Les riverains ont dû sortir leurs embarcations de l'eau plus tôt.

Photo : Radio-Canada / Chantale Desbiens

La centrale Isle-Maligne de Rio Tinto a produit de l'électricité environ aux deux tiers de sa capacité pour une bonne partie de l'été en raison du bas niveau du lac Saint-Jean et au moment où des travaux d'entretien étaient en cours.

C'est ce qui ressort d'une entrevue publiée lundi en fin de journée par la multinationale sous la forme d'une capsule sur la plateforme YouTube. Celle-ci était intégrée à la publication À prop'EAU de l'entreprise annonçant que le niveau du lac Saint-Jean est actuellement à la hausse en raison des précipitations abondantes des derniers jours.

Hydrologue chez Rio Tinto, Bruno Larouche a révélé que les groupes turbine-alternateur ont fonctionné au ralenti à la centrale Isle-Maligne, à Alma, question notamment de réduire le débit sortant du lac Saint-Jean.

On voit qu'on a turbiné à huit groupes sur 12 à peu près tout l'été, sauf peut-être pour un petit bout en juillet quand le niveau du lac est monté à 15,3 et 15,4 pieds, puis on a essayé de minimiser le débit sortant. Lorsqu'on a vu, à partir du 22 juillet, que les apports étaient sous les 815 (mètres cubes par seconde), on a essayé de diminuer nos charges à l'interne, a expliqué l'hydrologue, tableau à l'appui.

En moyenne depuis 30 ans, la centrale bénéficiait d'un débit autour de 1500 m3/s, alors que sa capacité maximale est atteinte à 1650 m3/s, a chiffré Bruno Larouche. Le débit a oscillé autour de 1000-1200 m3/s cet été.

Le lac Saint-Jean sert de réservoir à Rio Tinto pour étaler le plus possible la production d'électricité qui sert à fabriquer de l'aluminium dans ses installations du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Ainsi, pour contrer la plus faible production électrique, Rio Tinto a procédé à des ajustements de ses opérations. Les alumineries, c'est difficile de baisser la demande, mais il y a des parties du procédé, comme à Vaudreuil il y a des bouilloires qu'on a pu diminuer. Donc, on a diminué nos charges et après ça on a maximisé nos importations avec Hydro-Québec. On a maximisé les contrats qu'on avait, puis ça se poursuit encore cet automne. Puis ce qu'on essaie de faire c'est d'importer le maximum qu'on peut. Il y a des contraintes. [...] Il y a des limites d'interconnexion en fonction entre autres de la chaleur et en fonction des équipements qui sont en entretien. On a essayé de maximiser l'import d'énergie pour diminuer le débit du lac Saint-Jean, pour garder de l'eau dans le lac, a-t-il poursuivi.

Il avait aussi expliqué plus tôt par contre que l'entreprise ne peut descendre sous un certain débit pour assurer l'approvisionnement de ses alumineries.

Des travaux ont eu lieu au cours de l'été à la centrale, alors qu'en mars, Rio Tinto avait annoncé un investissement de 92 M$ pour remplacer et réparer deux des 12 groupes turbine-alternateur.

Rio Tinto possède aussi d'autres centrales en aval du lac Saint-Jean, soit celles de Chute-à-Caron et Shipshaw sur la rivière Saguenay.

La centrale Isle-Maligne de Rio Tinto, à Alma.

La centrale Isle-Maligne de Rio Tinto.

Photo : Avec l'autorisation de Rio Tinto

Niveau du lac à la hausse

Le niveau de l'eau a été particulièrement bas cet été, alors que les précipitations se sont faites plus rares. De décembre 2020 à septembre 2021, les apports en eau ont représenté 83 % de la moyenne.

En principe, un décret gouvernemental force Rio Tinto à maintenir le lac à un niveau minimum de 14 pieds durant l'été, mais l'entreprise peut être exemptée lorsque les apports en eau sont plus faibles.

Le niveau se situe actuellement à 12,41 pieds, après avoir atteint 11,6 pieds le 22 septembre. Selon Rio Tinto, le niveau du lac Saint-Jean continuera de grimper pour la prochaine semaine. Selon les précipitations à venir, le niveau du lac pourrait fluctuer tout au long du mois d’octobre.

Le territoire qui alimente le lac Saint-Jean a reçu 66 millimètres de pluie la semaine dernière, soit 274 % la quantité normalement reçue. Toujours selon la multinationale, il n'y a qu’à la mi-juillet que des précipitations aussi significatives étaient tombées.

La saison automnale est habituellement propice à des précipitations et au ruissellement, qui permettent généralement une remontée graduelle du niveau du lac Saint-Jean. Cette remontée du niveau nous assure une réserve d’eau essentielle pour continuer à alimenter nos usines pendant la saison froide. [...] C’est donc grâce à l’eau emmagasinée dans nos réservoirs que nos centrales peuvent répondre aux besoins énergétiques de nos usines, peut-on lire dans la publication de Rio Tinto.

L'entreprise dit gérer seulement 25 % des apports avec ses barrages sur les rivières qui se jettent dans le lac. À l'opposé, cependant, elle est responsable de 100 % des sorties.

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