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Le prix du pétrole en hausse

Des pompes extraient du pétrole du sol près d'Olds, en Alberta.

Le Canada continue d'exporter beaucoup plus de pétrole qu'il n'en importe, soit 6,5 fois plus, la grande majorité des 3,7 millions de barils par jour exportés en 2020 étant destinée aux États-Unis.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

La hausse du prix du baril de pétrole devrait aider l’Alberta financièrement, mais ne devrait pas avoir de conséquences importantes sur le développement de l'industrie des sables bitumineux.

Lundi, le baril de brut de Brent, l’indice de référence mondiale, a bondi de plus de 1,5 %, pour se fixer à 79,53 $ le baril, le niveau le plus élevé depuis octobre 2018.

Le baril de brut américain WTI a grimpé de plus de 1,7 %, atteignant 75,46 $ le baril, son plus haut niveau en près de trois ans.

Ces tendances sont en fort contraste avec les prix de l’an dernier, quand le baril était passé en territoire négatif pour la première fois de son histoire.

On constate que la demande globale pour le pétrole est tout prêt d’atteindre la demande qui existait pré-COVID-19, et l’Agence internationale de l’énergie prévoit qu’on surpassera, en 2022, le pic de la demande globale de pétrole, dit le doyen de la Faculté d’administration de l’Université de l’Alberta, Joseph Doucet. Il y a beaucoup de production sur le marché, mais pas assez pour alimenter cette reprise de la demande.

Un baril de Brent à 90 $

Dimanche, la firme Goldman Sachs a indiqué dans une mise à jour de ses prévisions que le baril de Brent pourrait atteindre 90 $ d'ici la fin de l'année, une hausse de 10 $ comparativement à la dernière mise à jour.

Le déficit mondial actuel de l'offre et de la demande de pétrole est plus important que prévu, ont écrit les analystes de Goldman Sachs dans une note envoyée à leurs clients.

Malgré le variant Delta, la reprise de la demande mondiale a été encore plus rapide que nos prévisions, et l'offre mondiale est en deçà de nos prévisions inférieures, mentionne la note.

La pandémie a forcé les compagnies pétrolières américaines et l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à réduire considérablement leur production. Une grande partie de l’approvisionnement possible n’est donc pas disponible.

Dans sa note aux investisseurs, Goldman Sachs estime que le déficit actuel de l'offre et de la demande ne sera pas inversé dans les mois à venir, et son ampleur dépassera à la fois la volonté et la capacité de l'OPEP à augmenter la production.

Le prix moyen à la pompe pourrait d’ailleurs demeurer élevé pour les automobilistes, selon les analystes.

Bonne nouvelle pour l’Alberta

L’Alberta pourrait tirer parti de cette hausse des prix. La province produit environ 1,3 milliard de barils de pétrole par an. La hausse des prix du pétrole apporte un soulagement bien nécessaire au budget provincial de l'Alberta et un coup de pouce à notre économie, ajoute le professeur d’économie de l’Université de Calgary Trevor Tombe.

Selon le gouvernement de l’Alberta, le maintien des prix du pétrole au-dessus de la barre de 60 $ le baril a permis au gouvernement d'éliminer 10,5 milliards de dollars de son déficit prévu en 2021-2022.

L'Alberta tire une grande partie de ses revenus des redevances pétrolières et avait initialement prévu que les prix du baril de pétrole seraient en moyenne de 46 $ le baril.

Personnellement, je ne vois pas dans cette hausse d'impacts significatifs ou importants pour des politiques gouvernementales autres que ça va diminuer un peu la pression sur les finances publiques, affirme pour sa part Joseph Doucet.

À l’heure actuelle, il y a peu de chances qu’il y ait de nouveaux projets très importants dans les sables bitumineux. Il va continuer à y avoir de la production et de l’investissement dans les projets existants, mais tout porte à croire qu’il n’y aura pas chez Suncor ou Syncrude de nouvelles mines à ciel ouvert dans le futur albertain, estime-t-il.

Bien sûr, cela pourrait changer précise-t-il, mais la volatilité des prix ne fera pas en sorte que les entreprises vont décider d’investir des dizaines, voire des centaines de milliards de dollars dans de nouveaux projets .

Un pic avant 2030

L’entreprise TotalEnergies a aussi publié de nouvelles prévisions sur l'avenir du pétrole en misant sur l'hypothèse d'un pic de la demande avant 2030 et d'une électrification des usages plus importante que ce qu'elle prévoyait il y a un an, selon le document annuel de prospective du groupe publié lundi.

Le postulat d'un plateau pour le pétrole avant 2030 et d'un déclin au-delà est désormais intégré par TotalEnergies dans ses deux grands scénarios, alors que, précédemment, le groupe situait le phénomène autour de 2030.

TotalEnergies estime que la demande mondiale de pétrole devrait s'établir entre 40 et 64 millions de barils par jour en 2050, comparativement à près de 100 millions en 2019.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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