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Vandaliser son école pour des « j’aime »

Un bol de toilette recouvert d'une substance mauve qui ressemble à de la colle.

Un « lick » à l'école secondaire Le Sommet, à Hawkesbury

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

Arracher des sièges de toilette, voler des écriteaux ou verser du colorant là où les adultes ne regardent pas : un défi TikTok qui encourage les adolescents à vandaliser leur école gagne en popularité, et pose des problèmes à Ottawa et dans l’est ontarien.

La semaine dernière, le Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO) a envoyé un courriel aux parents de tous ses élèves au sujet de ce défi qui porte plusieurs appellations, mais dont les noms les plus fréquents sont devious licks ou destroy my school. Les adolescents qui y participent se filment en flagrant délit et partagent leurs vidéos sur ce réseau social dans le but de s’attirer le plus de visionnements possible.

Le phénomène a notamment gagné l’école secondaire publique du Sommet, à Hawkesbury. ICI Ottawa-Gatineau a constaté les dégâts sur place. Bilan : quatre porte-savons endommagés, un siège de toilette enduit d’une substance collante non identifiée et un vol de pupitre capté à la caméra. Les actes ont été perpétrés les 13 et 15 septembre.

Des distributeurs de savon arrachés de leur support dans une salle de bain publique.

Des distributeurs de savon ont été arrachés des murs à l'école secondaire Le Sommet pour un défi TikTok.

Photo : Gracieuseté

Du côté de l'école secondaire De La Salle, deux élèves croisés dans la rue disent avoir surtout vu des licks dans les salles de bain. Leurs auteurs se sont mérité des suspensions, disent-ils.

Même si seule une minorité d’élèves participent à ce défi, les deux adolescents souhaitent qu’ils cessent. Je crois que c’est un peu extrême. Il n’y a pas de raison de faire ça. Ça ruine les écoles. Ça coûte de l’argent. C’est stupide, déplore l’un d’eux.

À Gatineau, le Centre de services scolaires des Draveurs (CSSD) n’a recensé aucun lick.

Nos directions et nos intervenants dans les écoles sont très sensibilisés à ça. Ils continuent de travailler auprès des élèves pour les sensibiliser sur les impacts de tels gestes, mais aussi pour s’assurer d’une surveillance accrue pour que ces gestes-là ne se produisent pas, indique la directrice générale du CSSD, Manon Dufour.

Le Centre de services scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSSPO) dit aussi ne pas avoir vécu d’événement du genre.

Dans un courriel, TikTok dit ne pas tolérer de comportements qui encouragent des activités criminelles et travailler pour retirer ce contenu de sa plateforme.

Des conséquences potentiellement coûteuses

Selon l’avocat criminaliste Charles Côté, s’en prendre à la propriété d’une école n’entraîne pas de conséquences dramatiques, mais peut tout de même coûter cher aux jeunes. C’est quand même un crime spécifique lorsqu’on vise une école. [...] C’est quand même un casier judiciaire pour un jeune qui débute dans la vie. Ça peut avoir de lourdes conséquences éventuellement, dit-il.

Les répercussions légales ne concernent pas que les auteurs : ceux qui encouragent les autres à les commettre aussi peuvent en subir, car le Code criminel considère qu’un participant à un acte est aussi celui qui l’a encouragé, ajoute Me Côté.

C'est pas parce qu’on n’aura pas utilisé la méthodologie conseillée [qu'on ne vivra pas de conséquences]. Même si on s’y prend d’une autre façon pour atteindre le même objectif, on se retrouve à avoir conseillé quelqu’un à commettre un crime, et par conséquent d’avoir participé à la commission de ce crime-là, ajoute-t-il.

Bref : se filmer en train de voler, d’arracher, de briser de l’équipement dans une école, et le diffuser en ligne, c’est un pensez-y bien, conclut-il.

Avec les informations de Claudine Richard, Denis Babin et Rémi Authier

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