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Sisyphe : un homme, une pelle et 50 tonnes de sable

Un homme tenant une pelle devant une pile de sable.

Le créateur Victor Pilon, de la Petite-Nation, présente Sisyphe au Stade olympique de Montréal jusqu’au 27 octobre prochain.

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

Pelleter et déplacer 50 tonnes de sable. Chaque jour, pendant 30 jours. C’est ce à quoi le créateur Victor Pilon s’est entraîné pendant deux ans, chez lui, dans la Petite-Nation. Fasciné par le mythe de Sisyphe, il présentera le fruit de ses efforts au Stade olympique de Montréal, dans sa performance Sisyphe, jusqu’au 27 octobre prochain.

Dans la mythologie grecque, Sisyphe est condamné à pousser une pierre jusqu’au sommet d’une montagne et à la remonter chaque fois qu’elle en retombe.

L’artiste Victor Pilon, originaire de Masham, entame ainsi, mardi, un étrange marathon : à défaut de rouler une pierre, il déplacera 50 tonnes de sable d’un bout à l’autre du hall d’exposition du Stade olympique, à raison de sept heures par jour et de six jours par semaine, avec pour seules armes une pelle et sa volonté.

Une petite sculpture de sable devant une plus grande pile de sable.

Chaque jour, Victor Pilon s’entraîne pendant cinq heures et demie à pelleter une montagne de sable.

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

Ce qui m’intéresse [avec le mythe de Sisyphe], c’est l’éternel recommencement. C’est une représentation de la vie, des saisons, du soleil - le lever et le coucher -, de la marée, énumère l’artiste de 63 ans.

C’est une métaphore sur la condition humaine, sur l’idée de la routine métro-dodo-boulot. Plusieurs personnes peuvent s'identifier à Sisyphe. On se pose des questions [et] on cherche un sens à notre vie.

Une citation de :Victor Pilon, créateur

Ce dernier a conçu avec Michel Lemieux de nombreux projets multimédia (Cité Mémoire) et des spectacles à grand déploiement, incluant Toruk et Delirium du Cirque du Soleil, ainsi que La Belle et la Bête.

Sisyphe représente son œuvre la plus intime en carrière, soutient-il.

Introspection et contemplation

Un homme tenant une pelle devant une pile de sable.

« Dans la vie, je crois qu’il faut se mettre ce genre de défi pour se dépasser », estime le créateur Victor Pilon.

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

En 2017, Victor Pilon a perdu son conjoint, Sylvain, dans un accident de voiture survenu sur l’autoroute 50.

Ça faisait longtemps que je réfléchissais [à cette performance], mais je ne savais pas comment la faire. Ça [Son décès] a provoqué chez moi une introspection et une remise en question. C’est l’événement qui m’a dit : "C’est le moment de [le] faire", explique-t-il.

À son tour, le créateur espère offrir au public une expérience contemplative et un espace d'introspection avec Sisyphe.

Je pense que l'art doit servir à ça [la réflexion]. Toute œuvre doit piquer la curiosité pour aller plus loin, conclut Victor Pilon.

Avec les informations de Kevin Sweet

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